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élevée du fort. On réclame l'intervention du 1er corps et Penvoi d'avions. La 6e division a franchi les ponts du canal; elle se propose de contourner Reims pour attaquer Brimont de flanc; le 4er corps stoppe en attendant que le 3 et le 10€ aient occupé les forts de Brimont et de Berru. Mais les choses ne sont pas si faciles : la cavalerie est repoussée de Courcy, après avoir beaucoup souffert ; la 6e division, bombardée par notre propre artillerie, ne peut entrer à Bermericourt. « À la droite de la 6€ division, le château de Courcy a été perdu. On est inquiet sur le sort des divisions de réserve — attaquées, comme nous l’avons dit, par un ennemi supérieur dans la région d’Aguilcourt et du Godat. — Le général Pétain apporte toute son énergique volonté à la défense de la ferme du Godat, qui devient le pivot de la manœuvre allemande. Un régiment, le 5, tient la ferme. Des marécages s’étendent tout autour ; on combat le dos au canal ; l'ennemi, qui occupe toutes les hauteurs, ne cesse de contre-attaquer. Heures anxieuses ! Le général se rend compte que, s’il replie son régiment sur la rive gauche, ce mouvement peut amener un recul décisif. Il décide que l’on tiendra au Godat coûte que coûte. Il s’y rend de sa personne et donne Juimême ses ordres. »
Les trois colonels qui prennent successivement le commandement du 5€ d’infanterie, le colonel Doury, le colonel de Lardemelle, le colonel Bouteloupt, sont tués. Le régiment est cruellement éprouvé; mais la charnière qui va protéger Reims est sauvée. : Il pleut à torrent depuis trois jours. Le soldat, après dix jours de « bataille, se traîne plutôt qu’il ne marche. Les munitions commencent à manquer. Les vivres n'arrivent pas toujours. Toute | manœuvre rapide devient presque impossible, devant un ennemi qui, décidément, est résolu à tenir tête. 4
Quant à la 5 division (général Mangin), arrêtée d’abord devant … Gueux, puis au delà par des tranchées ennemies, elle avance, mais. lentement. Le 12 dans l’après-midi, le 74 a poussé sur la garenne de Gueux pour arrêter la droite ennemie. On prend Thillois, on … progresse par la voie ferrée et la rive sud de la Vesle. On a pu croire que l’ennemi allait céder. Mais on s’aperçoit, le 13 au matin, que” la poursuite sans coup férir touche à sa fin. La 5e division doit. suivre l'itinéraire : Thillois, Merfy, Courcy, Brimont. Mais Si Courcy peut être tenu dès 9 h. 15 par la cavalerie, en revanche, - Brimont reste occupé, et solidement, par la 14 division allemande « (VII corps). Le 12%, qui se porte sur Courcy, c’est-à-dire à lan liaison entre le VIIe corps et le X€ corps de réserve de Bülow,. tombe sous le feu de l'artillerie ennemie, en débouchant de Saint=
J “Thierry. On a Re ee re que la position ennemie est très forte. Vers 14 heures, le 12% s’empare de la Verrerie, l’occupe et tente de . progresser vers le château de Brimont, sur lequel marche égale- . ment un bataillon du 36°. A droite, les éléments du 1 corps d’armée qui s'étaient avancés vers le bois de Soulaines se replient - sur Neuvillette. On garde la Verrerie et Courcy ; mais c’est tout. On se décide à stopper et à attendre le lendemain. On essaiera … d’enlever les forts, avec le concours des divisions de réserve. Mais . l'affaire devient de plus en plus difficile, on le sent. L’ennemi est . consolidé : ses renforts arrivent du massif laonnois et se glissent vers Reims, s’abritant derrière la Suippe et gagnant les forts. - C’est ainsi que Brimont, un instant abandonné, a été réoccupé par lennemi et paraît, dès maintenant, imprenable sans un siège en règle.
. Cependant Reims est délivrée.
- Cette mission de délivrance incombe en particulier au 1® corps | (général Deligny), qui a joué un rôle si considérable depuis le début de la guerre. Le 1€ corps a franchi la Marne le 11, à Châtillon-sur- Marne. Il ne rencontre aucune résistance et longe la montagne de Reims en direction de Ville-Dommange et de la voie ferrée. Mais, le 12, lorsque les colonnes débouchent dans la plaine de Reims, l'ennemi est signalé en position entre les deux grandes routes de - Reims-Fismes, Reims-Épernay, occupant une série de retranche- -ments, en arrière de la ligne Thillois, Ormes, Bezannes et, au sud, il tient également ces villages. Le 12 au soir, une avant-garde de chasseurs est envoyée pour prendre les premiers contacts avec la e que l'ennemi évacue. On apprend en effet que l’armée de Bülow, dans une cohue inexprimable, a traversé Reims et s’est portée au nord de la Vesle. Le 4€ corps doit également, pr
0 des hauteurs de Brimont et de Berru. La chose, malheureusement, n’est pas si facile. Le 4€ corps reçoit l’ordre de seconder lattaque du 10€ corps sur Berru par toute son artillerie. On sait que la sortie de la ville sera dure. Le corps doit prendre part à l’attaque sur les forts et les tourner, si possible, en direction de Bourgogne.
. Ce fut le dimanche 13 septembre, que Reims, délivré de l'ennemi, vit entrer les pantalons rouges et les capotes bleues : « Une patrouille du 6° chasseurs, commandée par le lieutenant Guillaume, venue de la Maison-Blanche, était entrée par le faubourg Sainte-Anne ;
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quelques minutes après, un cycliste du 332 régiment d'infanterie apprenait à la population que son régiment occupait la Havette, La fusillade crépitait ; la canonnade redoublait d’intensité (1). » % Pendant les deux journées du 11 et du 12, la population avait : suivi avec une anxiété où peu à peu une joie contenue se glissait, le bruit du canon se rapprochant et la rentrée dans Reims de colonnes immenses venant, disaient les Allemands, DE Paris. Paris était-il pris, ou Paris avait-il repoussé les troupes de l'ennemi? tel était le dilemme qui se posait pour les habitants de la ville, isolés du reste de la France. Peu à peu cependant, la réalité put se lire sur les visages des troupes qui passaient, passaient sans cesse, accablées de fatigue, ruisselantes de pluie, traînant des convois interminables de blessés et de morts, cachant mal les signes d’un complet abattement. Soudain on affiche dans la ville la proclamation suivante (2) :
Dans le cas où un combat serait livré aujourd’hui ou très prochainement aux environs de Reims ou dans la ville même, les habitants sont avisés qu'ils devront se tenir absolument calmes et n’essayer en aucune manière de prendre part à la bataille. Ils ne doivent tenter d’attaquer ni des soldats isolés, ni des détachements de l’armée allemande. Il est formellement interdit d’élever des barricades ou de dépaver des rues, de façon à ne pas gêner les mouvements des troupes, en un mot de. n’entreprendre quoi que ce soit qui puisse être nuisible à l’armée allemande.
Afin d’assurer suffisamment la sécurité des troupes, et afin de répondre du calme de la population de Reims, les personnes nommées ci-après ont été prises en otages par le commandement général de l’armée allemande. Ces otages seront pendus à la moindre tentative de désordre: De même, la ville sera entièrement ou partiellement brûlée et les habitants pendus, si une infraction quelconque est commise aux prescriptions précédentes.
Par contre, si la ville se tient absolument tranquille et calme, les otages etles habitants seront prissous lasauvegarde de l’armée allemande.
Par ordre de l’autorité allemande,
Le maire, docteur LANGLET,
Reims, le 12 septembre 1914.
(Suit la liste des otages : quatre-vingt-un noms.)
C'était l’aveu. On enlevait des otages ; donc on fuyait. La nui tombe.
Nous entendons défiler rapidement, sous une pluie diluvienne, l’arm allemande avec son matériel, remontant vers l’est. A présent, il fai
&7(1) Jules Porrrer, Reims (1° août-31 décembre 1914), p. 173. (2) Isabelle RimBAUD, p. 181.
rités et des cavaliers. L’averse crépite sur les casques, sur les véhicules: su: les armes. Enfin tous les bruits s ’apaisent et l’on ne perçoit plus
> celui de la pluie tombant en douches sur le pavé et sur les toits, r les matériaux du port, sur les platanes de la chaussée.
4 Dimanche, 13 septembre. — « Maman, c’est nous ! » Il est cinq heures À peine, lorsque cette exclamation est lancée de la rue par une voix ‘juvénile qui se retient comme si elle craignait d’éveiller des dormeurs. Vive la France ! Vive l’armée ! » Battements de mains, cris de joie da la chambre à côté et aussitôt derrière la porte secouée de la nôtre, à voix pressante de Nelly : « Mon oncle, ma tante, les Français LE