‹ La bataille de la MarneChapitre 78 sur 102 · FIN DE LA FPE E · texte numérisé non relu

FIN DE LA FPE E

igée pour ouvrir le feu sur Fère-Champenoise. A 5 heures du Baatin , la division s’éleva, conformément aux ordres de Foch, sur hands croupe Connantre-Connantray avec, pour obfsetif, la gne Normée-Lenharrée. Le soir, Grossetti installait son quartier énéral à Œuvy.

. Quant au 11€ corps (général Eydoux), il s’échelonnait à droite en partant de la Maurienne, c’est-à-dire d'Œuvy, de Gourgancçon et de Semoine, avec les 24€, 18e et 22e divisions et la 60€ division de réserve en E ligne. Il atteignit le soir le bord de la Somme, entra à Vaussimont et à Haussimont ; Sommesous ne fut évacué par l'ennemi qu’au cours de la nuit.

La % division de cavalerie, partie de Mailly, avait poussé ses escadrons vers Soudé et Vatry, mais ses chevaux étaient harassés : arrivé à Poivres, le général de l'Espée y reçut l’ordre de constituer

un corps de dise avec la 6€ division (général de Mitry) venue

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put amener à Poivres quatorze escadrons et deux batteries.

Mais la 9 armée n’avait pas atteint la ligne de la Soude, de Vatry à Renneville, que Foch avait espéré tenir à la nuit. Malgré la fatigue des troupes, il était d’un intérêt capital de hâter le lendemain la marche en avant. Le général Joffre venait de pres- Crire : « La 9% armée poursuivra l’ennemi devant elle, à l’ouest de la route Sommesous-Châlons qui lui appartiendra. » En conséquence, à 23 heures, de Fère-Champenoise, Foch donnait, pour à 41 septembre, ces ordres où l’on reconnaît le manœuvrier : « La joursuite de l’ennemi sera continuée demain en vue de se rapproher le plus possible de la Marne. On cherchera surtout à déborder t à tourner les arrière-gardes de l’ennemi pour les faire tomber plutôt qu’à les attaquer de front, à agir pour cela avec des formaions largement déployées ou à faire appel à des colonnes voisines, vec lesquelles des liaisons étroites devront être établies. »

» La 5° armée venant d’atteindre la Marne entre Château-Thierry b Dormans, le 10€ corps, gauche de Foch, reçut mission d’assurer li iaison avec elle. En trois colonnes (19e, 208 et 51e divisions), le 2r ps se dirigea sur Damery, Épernay et Mareuil, c’est-à-dire qu'il sait un à gauche complet avec la marche de la veille. On iperçut, dans l’après-midi du 11, que les Allemands avaient fait auter le pont d’Épernay sur la Mupnël dt les ponts d’Ay et de Dizy pe canal. Une passerelle improvisée par le génie permit le pasà de la 20e division, qui cantonna à Dizy et Épernæy. Le corps devait disposer de la ligne comprise entre la ligne Berëres-Mareuil et la ligne Écury-Trécon-Chaintrix, la 42 division

d'Alsace et débarquée le 9 à Ramerupt. Dans la soirée, celle-ci É

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marcherait dans la zone comprise entre cette dernière ligne et la : ligne Normée-Villeseneux-Germinon-Thibie ; le 11€ corps disposerait du secteur formé par la ligne ci-dessus et la ligne Sommesous-Châlons.

Au bivouac, le soir, la 42e division avait sa tête à Thibie, le 11 corps occupait la zone Cheniers-Nuisement-Cernon-Bussy- Lettrée-Soudron. Enfin, éclairant l’aile droite, en direction de Châlons, la % division de cavalerie avait poussé de l’avant : à 18 heures, le 5€ cuirassiers parvenait aux ponts de la Marne ; celui de Matougues était détruit, celui de Châlons était intact et barricadé, celui de Sarry fut enlevé par un escadron. Une reconnaissance traversa Châlons pendant la nuit, mais la fatigue des chevaux était telle, qu’on ne put aller plus loin. La division, à qui il restait à peine 4 500 sabres, bivouaqua en avant de Nuisement, et la 6€ division de cavalerie la rejoignit à la nuit. j

La journée du 12 est celle du passage de la Marne par l’armée Foch, deux jours après l’armée von Bülow.

Ayant recueilli tous ses renseignements sur les directions de « marche prises par l’ennemi, le général Joffre, par son instruction du 11, avait précisé immédiatement sa conception stratégique de la poursuite pour le groupe d’armées de droite : « Les 9% et 4e armées auront à concentrer leurs efforts sur le groupement du centre et de l’aile gauche ennemis, en cherchant à Les rejeter vers le nord-est, pendant que la 3° armée, reprenant son offensive vers le nord, s’efforcera de couper les communications. »

L'ordre du général Foch, constatant que l’ennemi avait cédé sur tout le front, prescrivit donc la reprise d’une poursuite énergique et, la Marne franchie, l’avance aussi loin que possible vers le nord-est. À l'heure même où la 9 armée s’ébranlait, le 12 au matin, pour franchir la Marne, des aviateurs de l’armée von Hausen: avisaient que l’armée française se présentait avec quatre corps, S droite à Sogny, sa gauche à Champigneul; dans cette mêm matinée, les gros de l’armée saxonne arrivaient sur la ligne pré parée Thuizy-Suippes (XIIe de réserve, XII et XIXE corps) et retranchaient.

Le 10€ corps fut replacé, à partir du 12, sous les ordres de 1 5e armée. Cependant, pour bien établir la liaison entre les deu armées Foch et Franchet d’Esperey, nous achèverons le récit de marche du corps, les 12 et 13, en l’incorporant à l’exposé de 1 poursuite de la 9 armée. Comme la 5€ armée devait se porter, le entre Vesle et Aisne, la gauche en avant, le 10€ corps à sa droï faisait liaison à Jâlons avec la 9% armée. La 19 division franc

M 27% FIN DELA POURSUITE SPAIN

4 ne: à 8 heures à Damery, la 51e division partit de Cramant et | passa par Épernay, la 20e division se porta de Dizy-Magenta sur . Mailly. Un gros orage gêna un peu la fin de la marche et l’on . s'arrêta, les avant-gardes portées à Champfleury, Montbré, Ver- | zenay.

. La 9% armée proprement dite franchit la Marne entre Condé Ë au et Sarry (inclus). On tenait heureusement les ponts de Sarry et de Châlons. Le % corps fit établir à Condé un pont de . bateaux au moyen d’un demi-équipage de pont. Le 11€ corps passa . à Châlons (la 18& division au pont nord, les 22e et 21e au pont | sud), la 428 division également. La 60e AO de réserve traversa

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la rivière à Sarry, suivie du 17e corps d’armée, corps de gauche de la 4 armée. Quant au corps de cavalerie, F fut aiguillé sur les colonnes en retraite de l’armée du duc de Wurtemberg et jeté ainsi face à l’est, par le pont de Sarry, sur Auve et Herpont. La » %Œ division galopa, par l’Épine, sur la route d’Auve et canonna . une longue colonne allemande en retraite vers le nord ; la 6€ divi- . sion s'arrêta à la nuit à Dommartin. Ce raid dut inquiéter sérieu- - sement les états-majors de Wurtemberg et du kronprinz. Il eut + très probablement pour conséquence immédiate de hâter la re- . traite des forces de la Ve armée allemande, encore accrochées au sud de l’Argonne et menacées ainsi d’être coupées par Sainte- Menehould.

Avec la journée du 13 septembre, va s’achever la poursuite de . Ja Marne. Les armées ne se rendront compte de l’impossibilité de reprendre cette poursuite que lorsqu'elles tenteront lattaque du 14, mais c’est le 13 que l’ennemi tire les premiers coups de canon « pour tenir en respect les avant-gardes françaises ».

- Dans son ordre d'opérations pour le 13, le général Foch assignait à son armée une ligne à atteindre déterminée par le cours de la Suippe et de la Py, entre Heurtrégiville et Somme-Py; or, cette ligne ne devait être atteinte qu'un mois avant l'armistice du 41 novembre 1918! Foch se fût d’ailleurs heurté à une première ligne défensive Thuizy-Suippes si, au cours de la journée du 12, “deux événements n’eussent obligé von Hausen à l’abandonner. Celui-ci avait en effet été sollicité par Bülow, qui repliait la Garde sur une meilleure position, de reculer sa droite sur Prosnes ; de son “côté, le colonel von Dommes, au nom du grand quartier général, le priait de replier sa gauche sur Souain, où le duc de Wurtemberg était obligé de s’appuyer, par suite de l’abandon de l’Argonne, sur l'armée du kronprinz. En conséquence, la IIIS armée retraita, le

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13 septembre, sur la ligne Prosnes-Souain : ce fut le général von Einem qui dirigea le mouvement car, le 12 au soir, l’attaché militaire saxon apportait à von Hausen, malade du typhus à son quartier général de Bétheniville, l'ordre qui le relevait « momentanément » de son commandement et qui le remplaçait par le commandant du VII corps, von Einem.

Dès le matin du 13, les troupes françaises étaient sur pied. Le 10€ corps, de l’armée Franchet d’Esperey, avait reçu l’ordre d'attaquer avec ses 19€, 51e et 20€ divisions, en sortant de Reims, dans la direction Pomacle-Époye. Mais, dès le début, le mouvement fut enrayé au passage des ponts ou à la sortie de Reims par : un feu violent d’artillerie et d’infanterie. Von Bülow s'était en : effet fortement retranché sur la ligne du fort de la Pompelle, hauteur de Berru, fort de Fresnes, hauteur du fort de Brimont. Tous les efforts tentés par le 10€ corps pour entamer ces positions res- . tèrent sans résultats. En fin de journée, le corps se trouvait au » contact de l'ennemi entre la station de Petit-Sillery et le faubourg de Cérès jusqu’à la route de Cernay ; la 51€ division s'était emparée du passage de Saint-Léonard.

Voici, pour bien marquer le caractère de cet arrêt de la pour-« suite, la marche du 41 régiment, qui fait partie de la 19% division » Bonnier :

Dimanche, 13 septembre. — Nous traversons Cormontreuil. Nous lon-. geons la Verrerie. Nous voici en face de la belle route de Reims au camp de Châlons. Au loin, les forts qui couvrent à l’est la ville : Nogent l’Abbesse, Berru, la Pompelle, Les habitants de la Verrerie, qui nous” saluent de leurs acclamations, nous donnent un avertissement : « Méfiezvous | les Allemands étaient encore ici ce matin. Ils ne sont pas loin | Vous voulez rire, pensons-nous. Ces forts, à 6 kilomètres, nous sou“ tiendront jusqu’au moins 7 ou 8 kilomètres de l’autre côté. |

Voici le groupe Dautriche du % qui arrive ; nous nous engageons en double colonne par quatre sur le terrain de manœuvres, droit vers le. fort de la Pompelle. A droite court le canal de l’Aisne à la Marne, au bord duquel s’élève un hangar de dirigeables. En avant, la butte de tir. Un. beau soleil se montre enfin et réchauffe nos membres à demi gelés dans: nos uniformes encore mouillés. J’entends une discussion entre le générah Bonnier, qui reprend ce matin le commandement de sa division, et le commandant du groupe d’artillerie. ,

Le 41° avance toujours dans la plaine qui monte en glacis vers Ie fort ; les bataillons sont en colonnes par quatre, la musique en tête je cause tranquillement avec un lieutenant lorsqu'un sifflement pros longé se fait entendre, suivi d’une formidable explosion. Un gros plas tane vient d’être fauché sur le bord du canal,. à 500 mètres à no droite, « Mais c’est le fort qui tire sur nous |! — C’est impossible, me. répond le lieutenant, la position est à nous. » Un deuxième obus plus

FIN DE LA POURSUITE AL

#4 rapproché arrive aussitôt. Il n°; y a pas de doute : le fort est aux mains des Allemands et il contient des pièces qui sont de taille, à en juger | par les obus qu’elles envoient. Les coups se rapprochent peu à peu. Je préviens le chef de la musique qui abrite ses hommes derrière une meule. Pendant ce temps, le groupe d’artillerie évolue et vient se mettre en batterie. Les Allemands ont rectifié leur tir sur cet objectif . qu’ils doivent voir merveilleusement sous le soleil matinal. Alors s’ef- . fectue un mouvement qui me remplit d’admiration pour la vaillance de . nos soldats : la corne aiïgre du colonel (colonel Passaga) donne l’ordre de la formation en damier, que chaque bataillon prend comme sur le polygone à Rennes, pendant que les obus allemands creusent alentour . des entonnoirs de 3 mètres de diamètre. Et maintenant tout le régiment déboîte vers la crête à gauche, derrière laquelle il disparaît aux vues du fort situé à 6 ou 7 kilomètres.

Le 2e bataillon se déploie en tirailleurs et court au pas de charge sur la voie ferrée de Reims à Châlons, dont le remblai lui sert de point d'appui. Le groupe d’artillerie a tiré une salve, mais, avant de pouvoir envoyer la seconde, quatre énormes marmites s’abattent dessus : - un canon est brisé net, tous les officiers sans exception sont blessés et nos artilleurs doivent abandonner momentanément leurs pièces qu'ils - reprendront d’ailleurs à la nuit.

- Le général Bonnier regarde passer les blessés de son œil perçant. Suivi de ses officiers d’état-major, il s’engage sur le terrain ; un obus » arrive, tue le commandant Bérenger, chef d'état-major, et blesse le général...

Derrière le remblai du chemin de fer, les hommes construisent de petits abris pour la nuit. Les Allemands envoient de temps en temps - quelques obus de 77 peu méchants. La nuit est calme. On ne sait même pas où se trouvent les Boches.

. Deux patrouilleurs, en avant de nos lignes, découvrent une tranchée couverte allemande abandonnée ; en avant d’elle, une masse noire, c’est une grosse charrette de rouleaux de fils de fer barbelés. Ils reviennent avec leur prise qui sera utilisée en avant de nos tranchées (1).

4 Le % corps, dans sa marche vers le nord, parvint jusqu’au pied ‘du massif de Moronvilliers qu’il trouva garni d’artillerie lourde

romaine. La division du Maroc s’empara de Prunay, mais la 17€ divisi ion (Guignabaudet) ne put se maintenir à Prosnes. Les reconnaisjances du 142 corps s’aperçurent, de leur côté, qu’Auberive était également fortement tenu, ainsi que la rive droite de la Suippe et la rive droite de l'Ain. Le corps bivouaqua, le soir, dans la zone

(1) Docteur Georges VEAUX, En suivant nos soldats de l'ouest p. 152 et suiv.

vers Suippes. À 9 heures, la 9 division de cavalerie arrivait devant Suippes et se heurtait au mouvement de repli de l’armée von Einem sur Souain. L’arrière-garde saxonne fit tête, appuyée par des batteries au nord du village ; la brigade Séréville, les cyclistes et deux batteries attaquèrent le village pendant que la brigade de cuirassiers essayait de le tourner par Somme-Suippe, où elle éprouva la même résistance. Ce n’est qu’à 16 heures que les cyclistes et les dragons pénétrèrent dans Suippes en feu, ainsi que dans Somme- Suippe. Le général de l’Espée poussa immédiatement sur Souain, mais ne put l’enlever. La 6€ division de cavalerie (de Mitry), tardivement ravitaillée, ne s’était mise en marche que laprès-midi et n’arriva à Suippes qu’à la nuit. Même si elle avait pu joindre son action à celle de la 9% division, il est probable que Souain n'aurait pas été enlevé, la journée ayant suffi à l’ennemi pour organiser solidement la position définitive de repli.

Nous nous arrêterons à cette soirée du 13 septembre, comme la poursuite elle-même. Les jours suivants, l’armée Foch est immobi- » lisée complètement, ou n’avance que de quelques centaines de. mètres. Le front est définitivement fixé ; il se renforcera chaque. jour, nous le verrons, par des organisations défensives, auxquelles la nécessité va commander de procéder et que les ordres vont prescrire. La lutte va se localiser ; elle se limitera parfois à des tirs « d’artillerie, et la manœuvre arrêtée cherchera à l’ouest, sur l'Oise. et sur la Somme, un terrain plus favorable au développement de” la victoire. F

La 4° armée poursuit l’ennemi jusqu’à la ligne Souain-Servon.

Nous avons dit dans quelles conditions la bataille de la Marne, à l’aile droite, s’était en quelque sorte achevée, le 10 septembre, dans la trouée de Maurupt-Cheminon, c’est-à-dire à la liaison tant recherchée par Joffre entre la 4 et la 3° armée. Joffre avait, écrit le matin au général de Langle : « Je compte que vous. pourrez rompre aujourd’hui le dispositif ennemi sur votre gauche.» Le soir, l’ennemi était vaincu. Joffre le presse déjà, depuis la veille; à gauche et au centre. Dans son Instruction générale n° 21 du 10 seps tembre à 18 heures, il commence à englober la 4° armée dans la poursuite générale : « La 4€ armée, agissant à l’est de la route Sommesous-Châlons, refoulera l’ennemi sur la Marne, en amonb de Châlons, et s’efforcera de prendre pied sur la crête Saints Quentin-Dommartin-sur-Yèvre, pour faciliter le débouché du 2e corps et les opérations ultérieures de la 3€ armée. » |

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si, tandis que la ge armée a poursuivi l'ennemi dans cette à journée du 10, la 4° armée l’a refoulé à gauche et contenu à droite É et la bataille de la Marne s’est achevée par la victoire : c’est cette E victoire que constate l’Instruction générale n° 22 du 11 septembre : ; 4 « L’ennemi a cédé sur tout le front, abandonnant blessés, matériel et approvisionnements... » et, en même temps, des dispositions “à sont prises pour l’exploiter par la poursuite : « Les 9 et 4e armées - auront à concentrer leurs efforts sur le groupement du centre | et de l’aile gauche ennemis, en cherchant à les rejeter vers le nord- est, pendant que la 3€ armée, reprenant son offensive vers Le nord, s’efforcera de couper les communications. »

La conception est nette : la 4 armée poursuivra vers le nord-est, Le - la 3 armée coupera les communications vers le nord. Elle est | » précisée encore le 12 : « L’ennemi se retire vers le nord-est. La . 4° armée le poursuit en direction de Vouziers. La 3e armée, lorsque » l'ennemi sera en retraite devant elle, agira en direction du nord . entre Argonne et Meuse. » En somme, si la pensée de Joffre eût été exécutée, l’armée ennemie eût été coupée en deux morceaux, et . ces deux morceaux entourés et étranglés, l’un entre Somme et Aisne, l’autre entre Aisne et Meuse.

Tel est le cadre des instructions dans lequel le général Langle . de Cary va régler la poursuite de l’armée du duc de Wurtemberg. Celle-ci avait reçu, le 10 septembre, l’ordre de rester en liaison avec la III armée dont la gauche avait été fixée à Francheville (sud- est de Châlons) ; elle devait rester sur ses positions derrière le canal de la Marne au Rhin jusqu'aux environs de Revigny. Mais, à 11 septembre après-midi, Moltke ordonna un nouveau recul : L. IVe armée de Suippes inclus à Sainte-Menehould exclu, Ve armée à Sainte-Menehould et à l’est. Les lignes atteintes devront être organisées et tenues ». Mais ces lignes n’étaient pas encore définitives. Le 12 au soir, le colonel von Dommes, au nom du grand quartier général, apportait aux armées un nouvel ordre de repli : la Ve armée, sur sa demande instante, abandonnait l’Argonne méridionale et la IVE armée appuyait sa droite sur Souain. - Sur les talons de l’armée allemande, l’armée de Langle reprend done, le 11 septembre, dès la première heure, la marche en avant. poursuite entreprise, la veille, à gauche, par la 9 armée, a dégagé la voie ferrée de Vitry à Fère-Champenoise. Vers midi, l’ennemi est en retraite à l’ouest de Vitry, mais il tient encore à l’est de la ville. Une fois de plus, nous constatons que l’horizon apparaît dégagé d’abord à l’ouest. Le soir, les 218, 1% et 12e corps bordent Ja Marne en aval de Vitry, le corps colonial et le 2€ corps sont sur la

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Saulx et l'Ornain. L'armée dessine un angle droit de part et d'autre de Vitry, enserrant l’armée allemande.

Le soir du 12, la ligne Charmont-Possesse-Vanault-le Châtel. Poix-la Cheppe est atteinte, c’est-à-dire que le côté ouest de l’angle droit s’est largement développé au détriment du côté est et que, d’une manière générale, l’armée fait face au nord-est.

Elle se redresse vers le nord dans la journée du 43 pour atteindre, entre Souain et Sainte-Menehould, une ligne sensiblement face au nord.

Enfin, le 14 septembre, la 4 armée, abandonnant le 21€ corps à la 9% armée, prend contact à Perthes-les-Hurlus, Ville-sur-Tourbe et Vienne-la-Ville avec de fortes arrière-gardes ennemies. Mais s’agit-1l réellement d’arrière-gardes? La journée du 15, au cours de … laquelle des attaques du 2 corps, du corps colonial et du 1% corps … restent sans résultat, révéleront que l'ennemi est CON PERE | arrêté sur des positions fortifiées.

Pour serrer de plus près la marche en avant de l’armée de Langle de Cary, il faut maintenant dire comment s’effectua, dans chacun des corps d’armée, ce mouvement qui achevait la victoire de la Marne.

Le 21€ corps (général Lodel avait atteint, le 10 au soir, la voie « ferrée Vitry-Sommesous. Sompuis avait été l’objectif vers lequel on n'avait cessé de progresser. Le 11, le quartier général se trouva porté à Saint-Ouen, puis à Sompuis, puis à Coole : la poursuite commençait. Les têtes de colonnes atteignirent le soir la Marne, « les gros à hauteur de Cernon. Le 12, les têtes de colonnes des 13e et 43 divisions parvenaient jusqu’à Saint-Remy et Bussy-le-Châ-" teau. Le corps d’armée, dont le général Maistre prenait alors le commandement, continua la poursuite, le 13, par divisions accolées et il atteignit, en fin de journée, par ses têtes les hauteurs entre Suippes et Souain et le bord de la voie romaine ; le soir même le 21€ corps était rattaché à la 9 armée. Il dut évacuer Souain le 14 au matin; le 15, la 43€ division fut arrêtée au nord de Souain dont elle s’empara, et la 132 division atteignit le chemin de Souain à Perthes.

Le 17% corps (général Dumas), la gauche en avant, était pa le 414 à 4 h. 45 du matin de la voie ferrée Sommesous-Vitry qu'il avait même dépassée la veille ; la 33e division se dirigeait vers Drouilly, la 34e sur Songy, la 23e sur Saint-Martin-aux-Champs Dès qu’elles se mirent en marche, les unités constatèrent que Pen: nemi avait profité de la nuit pour décamper, n’abandonnant qu quelques blessés, armes et munitions. Le soir, la Marne fut atteinte

FIN DE 4% POURSUITE

< 7 he fut donné de pousser immédiatement des têtes de pont sur la rive droite, la 34° au delà de Pogny, la 332 au delà d’Omey et de la Chaussée. La poursuite fut continuée avec énergie au cours de la journée du 13, vers le nord-est. La 23 division ayant été 1 rendue au 12€ corps, les deux divisions du 17€ corps passèrent par les ponts de Togny et de Pogny et marchèrent sur le Fresne et . Poix ; on canonna une colonne ennemie au sud de Poix et la Ge divi- sion de cavalerie (du corps de l’Espée), qui marchait sur Herpont, . prêta l’aide de son artillerie. On bivouaqua le soir à Petite-Romaine - et Malassise (avant-gardes), à Poix (34 division) et à Moivre- . Coupéville (33€ division).

. Mais l’ennemi, sans doute alarmé du mouvement rapide de la 6e division de cavalerie (de Mitry) coupant en diagonale tout le è. en de bataille jusqu’à Herpont, concentra son effort pour

- l'arrêter vers ce village au cours de la nuit. Le matin du 13, on

- apprend en outre que ia %® division de cavalerie, ayant canonné . au sud de Suippes des colonnes ennemies marchant vers le nord- » est, s’est trouvée aux prises avec une forte artillerie. L'armée du | duc de Wurtemberg allait-elle faire tête? Bientôt, des nouvelles | parviennent : le 21e corps vers Suippes et le 128 corps vers Somme- . Bionne et Valmy se sont heurtés à de l’infanterie et de l’artillerie, » le 9% chasseurs n’a pu franchir la voie ferrée Suippes-Sainte-Mene- . hould. Lorsque, le 14 septembre, le 1% corps reprit, avec toute . l'armée, le mouvement en avant, il se heurta à une résistance très - forte et, après une lutte acharnée, pied à pied, les fractions avancées s’organisérent sur une ligne : route de Souain-Perthes-les-Hurlus- boqueteaux sud de Perthes-moulin de Perthes-Mesnil-les-Hurlus- » Beauséjour, en liaison à droite vers Virginy avec le corps colonial. Comme aux corps de gauche, l’ordre de l’armée avait prescrit “au 12° corps (général Roques) de poursuivre l'offensive, le 11 septembre au matin, en direction de Blacy. On s’aperçut immédiatement que ennemi battait en retraite à gauche, mais on eut l’impression qu’il résistait dans la région de Vitry et sur la rive droite l le la Marne. Toutefois, à 10 h. 25, la cavalerie signala l’évacuation à Vitry. Le général Descoings organisa la poursuite sur Couvrot “et Soulanges ; cependant, la 24 division ne put dépasser Blacy, à “cause de la fatigue et de l'encombrement des routes. Le 12, le 2e corps parvint, à la fin de la journée, jusqu'à Somme-Yèvre et ssy-le-Repos (24° division), la 232 division cantonnant entre € oulvagny et la ferme Maigneux. Continuée avec énergie le 13, la “poursuite rencontra de la résistance : le 218 chasseurs reçut des

4 . A | À coups de feu devant Auve, puis se trouva arrêté entre Somme-

7 CON E KO See î 4 di. Ji 342 LA BATAILLE DE LA MARNE

Bionne et Hans. La 24e division reçut l’ordre de s'engager et de se porter en avant sur Somme-Bionne : la 47% brigade occupa le

village et poussa ses avant-postes jusqu’à Hans et la cote 183;

la 48 brigade cantonna à la Chapelle et aux Maigneux ; la 23e division à Auve et à Herpont.

Le 12e corps allait terminer le 14 septembre la poursuite de la Marne. 11 s’engagea ce jour-là dans la vallée de la Tourbe, éclairé par le 21€ chasseurs du côté de la vallée de la Bionne. Bientôt les reconnaissances apprirent que Wargemoulin brûlait et que la situation du 17% corps était difficile. La 23€ division (général Masnon) lui prêta son aide pour l’attaque de la ferme Beauséjour et la 24e division cantonna à Laval, Somme-Tourbe et Somme-Bionne. En même temps, le corps passait en réserve d’armée.

Pendant les dures journées du 6 au 10, le corps colonial (général Lefèvre) avait tenu à droite du 128 corps et sur la rive droite de la Marne. Nous l'avons vu réoccupant Écriennes le 10 après-midi, mais arrêté par des batteries et des tranchées à l’ouest du village. Il n’y eut pas de changement dans la nuit. Le corps devait, le 11, rester sur la défensive ; la division provisoire fut ramenée à Arzillières et à Neuville-sous-Arzillières. Vers 10 heures, il fut rendu compte que l’ennemi paraissait avoir évacué Frignicourt et Vauclerc. L'ordre de l’armée donna mission au corps colonial de précipiter la retraite allemande. À la tombée de la nuit, le corps fut arrêté par des feux tout le long du canal de la Marne au Rhin. En . deux colonnes, la marche en avant reprit le 12 ; lPennemi signalé à Vanault-les-Dames n’essaya pas de tenir. Le 13, le corps se dirigea vers Valmy et Ville-sur-Tourbe ; à la fin du jour, les têtes de colonne arrivèrent à Valmy et à Braux-Sainte-Cohière. On continua le 14. la marche sur Vouziers ; mais à 42 h. 30, la flanc-garde de gauche, parvenue à la cote 191 au nord de Massiges, fut arrêtée par de l'artillerie et des tranchées et ne put déboucher ; l’avant-garde de la colonne principale dut également se déployer vers 10 heures au nord de Ville-sur-Tourbe et ne put dépasser la cote 150, malgré l'appui de l'artillerie en position vers Berzieux. Le lendemain 15, toutes les attaques furent arrêtées par des tranchées et des fes croisés d’artillerie. C’était l'arrêt définitif. |

Nous avons vu comment les combats du 2 corps avaient, à la jonction des 4 et 3€ armées, terminé la bataille de la Marne, le 1 au soir. La nuit se passa sans un coup de fusil et à 8 heures demie, le 11, la 3€ division rendit compte que l’ennemi avai repassé l’Ornain avec la mäjeure partie de ses forces. Ordre & aussitôt donné au 19€ chasseurs d’éclairer vers le canal et POrnain:

FIN DE LA POURSUITE

4 rant était évacué, la 4° division pousse jusqu’à l'Ornain entre Pargny et Sermaize, la 3€ division marchant à sa gauche en direction de Pargny-Bignicourt.

Le 12, le 19% chasseurs se porte à Heiltz-leMaurupt, Villers-le-Sec et Bettancourt ; la 3 division franchit l’Ornain en deux colonnes .. à © heures et demie, en marche sur Heïltz-le-Maurupt, la 4 division à la même heure en marche sur Alliancelles. Le corps prenait la direction de Sainte-Menehould. Le 13, à 10 heures, tandis que le . 19 chasseurs trouvait le contact de l’ennemi à Braux-Saint-Rémy, les deux divisions du corps d’armée atteignaient Sivry-sur-Ante (3€ division) et Sommeille-le Châtelier (4 division), en liaison avec le 5° corps de l’armée Sarrail. À 15 heures, l'avant-garde de la 3e division est accrochée par l’ennemi et le corps ne peut atteindre Sainte-Menehould ; il stationne entre le Vieil-Dampierre et Givry et entre Braux et Sivry.

Le 14, la marche reprend sur la trouée de Grandpré. On dépasse Sainte-Menehould, mais à 10 h. 15, la 3 division s’aperçoit que l'ennemi a établi un barrage à hauteur de Vienne-la-Ville avee du

canon à Saint-Thomas. A 16 heures, les premiers éléments tiennent Servon et la cote 176 à l’est. Va-t-on pouvoir continuer? Le 15, la droite en avant le long de la forêt d’Argonne, le 2€ corps tente de poursuivre son mouvement. La 3 division, qui a devant elle une . ligne organisée, l’attaque à 10 heures et demie après une prépa- - ration d’artillerie sur la hauteur nord de Servon, de la cote 140 . à la cote 176. Elle ne réussit pas et, à 14 heures, une contre-attaque . allemande reprend Servon; à 17 heures, le général Cordonnier, . commandant la 3 division, est blessé et remplacé par le général Carré. Toutefois, comme le 2 corps dessine un mouvement débordant à droite en face de Binarville, c’est ce crochet que le général de Langle recommande d’exploiter pour le lendemain. En attendant, on se retranchera cette nuit sur les positions occupées. C’est sur ces positions que l’on allait rester quatre longues années.

… Deux mois plus tard, le général de Langle était promu grandcroix de la Légion d'honneur avec cette belle citation : « Dans la conduite d’une armée qui a eu à supporter, au début des opérations, l'effort de troupes supérieures, a montré les plus belles qualités caractère, de courage, de calme et de froide ténacité; a rendu les plus éminents services au pays par la fermeté et l'habileté de son commandement. »

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L'armée Sarraïl et les armées de l’est, La poursuite s'achève.

Les armées allemandes de l’est, qui avaient manqué la « progression inébranlable » prescrite par Moltke le 5 septembre, restaient, après la défaite des armées de l’ouest, et bien qu’elles fussent elles-mêmes vaincues, accrochées au terrain jusqu’à la dernière minute. Cependant, l’une après l’autre, depuis lOureq jusqu'aux Vosges, les armées ennemies ne pouvaient échapper, tôt ou tard, à la nécessité de la retraite. Von Kluck et Bülow partent le 9, von Hausen le 10, Wurtemberg le 11, voici maintenant le kronprinz de Prusse et le kronprinz de Bavière en retraite à partir du 12.

Moltke, en fixant, le 10, les lignes de repli aux armées de louest, avait ajouté : « Ve armée restera sur positions conquises ; Ve corps et réserve générale de Metz affectés à l’attaque des forts de Troyon, Paroches et camp des Romains. » Le 11, son dernier ordre de Reims s'exprime ainsi : « Ve armée : Sainte-Menehould (inclus) et à l’est. » Nous avons vu que cette ligne avait semblé, à l’étatmajor du kronprinz, impossible à tenir, que celui-ci proposait, dès l'après-midi du 11, au colonel von Dommes, envoyé du grand quartier général de Luxembourg, la ligne Apremont-Baulny- Montfaucon et qu’on parut s’arrêter, finalement, à la ligne Boureuilles-Vauquois (1). Le repli se fit du 12 au 15 septembre. Rappelons aussi que, sur le Grand-Couronné et dans les Vosges, les VIe et VII armées allemandes avaient elles-mêmes reçu l’ordre de se retirer, le 12, sur la ligne 344-nord de Bathelémont-Croismare-ligne de la Vezouze. Ainsi se trouve dessiné, tout le long du champ de bataille de France, le vaste mouvement de retraite de l'ennemi. ‘

Après ses échecs du 10 au fort de Troyon, à la Vaux-Marie et. devant Sermaize, et après la journée du 11, quelque peu inactive de : notre côté, l’armée du kronprinz s’est décrochée. Comment appréciait-on la situation, le 11 après midi, à l'état-major du kronprinz? « La Ve armée forme, après comme avant, le pivot pour toute l’armée de l’ouest. Si l'adversaire parvient à la percer, la situation pour l’armée de l’ouest, plus ou moins coupée de ses communications de l’autre côté de la Meuse, est désespérée. Maintenant que la VIe et la VII armée n’ont pas eu de succès, il reste permis” à l'adversaire d’attaquer avec de grandes forces à travers le camp:

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(1) Voir ci-dessus, p. 290.

FIN DE ER POURSUITE

rar he de Verdun vers le nord, à l’est et à l’ouest de la Meuse, » # | Cette situation n’était pas ininute. Le général Joffre avait, en effet, le même jour, prescrit aux Œ et 4 armées de rejeter l’ennemi qui était devant elles vers le nord-est, « pendant que la » 3e armée, reprenant son offensive vers le nord, s’efforcera de couper des communications ». Et il précisait le 12 : « La 32 armée, lorsque l'ennemi sera en retraite devant elle, agira en direction du nord, entre Argonne et Meuse. » Puis le 13, en présence de la retraite des armées des deux kronprinz en Argonne et en Lorraine, il jetait en Woëvre, entre Meuse et Moselle, la 2e armée Castelnau pour la faire « participer de façon plus directe aux opérations du groupe principal de nos forces » et tâcher de contribuer à l’enveloppement de la VE armée dans cette région. Verdun, pivot avant et pendant Ja bataille des Frontières, conservait son rôle et prolongeait son action : « Utilisant la place de Verdun et la position organisée des

pour mission d’assurer complètement le flanc droit de notre dispositif.

+ Dégager Verdun, en fortifier le pivot, bousculer le kronprinz au nord du camp rotranché, et le coincer, si possible, avant qu’il ait atteint la Meuse, telle est donc la conception stratégique francaise. Elle ne se réalisera pas complètement. L'armée allemande ne sera rejetée que jusqu'à la limite nord du camp retranché, mais celui-ci sera suffisamment dégagé pour qu’il devienne la « dent » qui, pendant toute la durée de la guerre, s’enfoncera dans la chair allemande. On verra, deux semaines plus tard, se former,

trantz, qui laissera à l’armée allemande la tentation permanente encercler Verdun (1). Elle s’y brisera, tandis que Joffre, sacrifiant ce te action secondaire au profit de action principale, c’est-à-dire a Course à la mer, aura toujours en vue, comme devant amener > issue victorieuse, la manœuvre par l’aile gauche, c’est-à-dire la longue bataille des communications.

… Voyons donc comment s’exécuta, à l’armée Sarrail, la poursuite prévue et ordonnée par Joffre. Nous avons esquissé déjà le schéma ët le caractère de la marche en avant de cette armée. Il y a, là, une lenteur relative causée par l’indécision dans laquelle on se

{1) Le kronprinz écrit, dans ses Mémoires, à propos de la bataille de 1916 levant Verdun : « On pourra m'objecter que le grand quartier général avait les intentions secrètes en ce qui concerne le siège de Verdun. C'est possible, mais & dois insister sur le fait que, quelles qu’elles puissent avoir été, elles n’ont guère mené d'autre effet utile que d'avoir augmenté l'usure des instruments de guerre allemands et français dans des proportions effrayantes. »

Hauts de Meuse, disait l’Instruction de Joffre, la 2° armée aura

sud, « la hernie de Saint-Mihiel », Opération subsidiaire de von

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346 LA BATAILLE DE ee

trouve sur les desseins du kronprinz el aussi par la bte extrême des troupes qui ont combattu depuis six jours contre un ennemi supérieur en nombre. Pendant la journée du 11, l’armée Langle de Cary avait poussé de l'avant sur Sermaize, permettant ainsi au 156 corps (de l’armée Sarrail) d’occuper le soir Revigny et Brabant-le-Roi et même au 5e corps (108 division, général Labarraque) de s’emparer à 21 heures de Laimont. Ici on a nettement l'impression que l'ennemi cède. Devant le 6e corps et le groupe de divisions de réserve, les troupes du kronprinz s'étaient bornées à un tir d'artillerie lourde. C’est Pheure où l’on discutait, à l’état-major allemand, sur l’amplitude du mouvement de retraite. Ce mouvement s’est exécuté, on le voit, dès le 11 au soir et d’abord à l’ouest, c’est-à-dire sur l’Ornain. A l’aube du 12, Sarrail constate lévacuation de la vallée de l’Ornain et la Re présence d’arrièregardes vers Villers-aux-Vents, Louppy-le-Château et le signal d'Érize-la-Petite. Mais il ne croit pas devoir poursuivre, et l’ennemi ! a toute facilité pour se décrocher. Joffre s'inquiète et insiste le 13 au matin ; et c’est alors seulement que l’armée s’ébranle. Voyons le mouvement dans chacun des corps, à partir du 12." Au 15e corps (général Espinasse), la journée du 12, que l'ennemi emploie à l'écoulement de ses colonnes à travers les forêts de Belval et de Belnoue, est une journée de repos. Cependant, les deux artilleries divisionnaires doivent prendre position sur la croupe Mussey-cote 185 pour appuyer une attaque du 5 corps sur Louppy.M Dans lPaprès-midi, on apprend que le 15€ corps doit se porter, le lendemain 13 septembre, dans la région de Génicourt-Érize-la- Grande pour s’intercaler entre le 5e et le 6e corps et être en mesure de s’engager de bonne heure en direction générale de Rembercourtaux-Pots. L'ordre de l’armée indique même que le corps se porteran vers Signeulles, Hargeville, Chardogne, Naives, c’est-à-dire vers le sud-est ; quelle est la pensée qui détermine cet ordre? Comme l’ennemi est depuis le matin en retraite vers le nord, il est malheureusement certain qu’il sera désormais impossible de Paccrocher.

Au 5€ corps (général Micheler), des reconnaissances constatent, le matin du 12, que des arrière-gardes tiennent Villers-aux-Vents et la crête à 2 kilomètres à l’ouest de Laimont ; le mouvement de recul de ennemi se confirme dans la journée. Cependant le corps ne bouge pas et reconstitue ses unités.

Le 6e corps (général Verraux), qui a trois régiments du XIIIe corps devant lui sur la cote 267 et le signal d’Érize, a po mission, lui aussi, de rester sur place, entre le signal du Fayelet

| PAS r Abe OR PPS SRE FIN DE LA POCRAUIÉE ;

à Ze D Grande (12 division) et sur le plateau à Psb de es mont (40° division). La journée est calme, on patrouille sur le | front. La 40° division pousse sur Chaumont, mais l'ennemi tient É acore la ligne Courcelles-bois Landlut. Le soir, sur l’initiative : du général Herr, une reconnaissance du 12° chasseurs poussée par la Vaux-Marie jusqu’à Beauzée apprend que la région a dû être évacuée vers 11 heures.

- Le général (général Herr), au cours de la journée du 12, fait avancer ’artillerie lourde de façon qu’elle prenne sous son feu l'artillerie lourde allemande qu’il suppose dans le ravin de Seraucourt. Il fait battre à 500 mètres cette même artillerie par deux batteries qu’il installe à la cote 318. Il pleut torrentiellement, ce qui diminue le champ des cherches des emplacements de l’artillerie lourde allemande, qui est obligatoirement à proximité des routes. D’après les ordres reçus, on ne doit pas prendre l'offensive, bien que l'ennemi soit en retraite à gauche. - À 17 heures, le général saute en auto, sans attendre le retour de Vavion qu'il a envoyé en reconnaissance et va trouver le général Ver- raux. On lui donne un peloton du 12 chasseurs. A la cote 309, il envoie deux pointes, l’une sur la station, l’autre sur le bois 266. Celle de gauche est sous les ordres du capitaine de Malessie. Le général continue avec le peloton sur la ferme. Il la trouve évacuée ainsi que les tranchées en avant ; quelques cadavres en arrière, au dedans, beaucoup le long de la route et du chemin de fer. Les tranchées allemandes sont très intéressantes. Traversées, elles semblent devoir être difficilement enfilées ; néanmoins, les cadavres y sont nombreux. Elles sont par groupes de trois ou quatre en profondeur, la première sur la crête topographique, et distantes les unes des autres de 50 mètres. On trouve toujours l'aplication du même principe de surprise : tranchées à l’orée extérieure des bois, mitrailleuses dissimulées, même montées dans les maisons. - Les morts deviennent de plus en plus nombreux le long de la route. C'est le canon du 6° corps qui a fait tout ce massacre. Le général fait rendre les bas côtés de la route blanche où l’on sera moins visible. On on verse à voix très basse, car on est sous le vent. On approche de Seauzée. Des cadavres bordent la route sur 200 mètres, à rangs serrés. C’est la canonnade par surprise du 10 qui a massacré un régiment )C cupé à préparer son repas et qui se croyait à l’abri. Positions acrobatiques de gens qui mangent, qui soufilent le feu, véritable danse macabre. On continue quelques centaines de mètres. Apparaissent leux feux de bivouac entourés d’ombres. Nous sommes fixés. L’ennemi retraité brusquement jusqu’à Beauzée. Beaucoup d'effets d’équipenent sont jetés par terre. C’est une fuite. C’est la victoire (1).

- Quant aux divisions de réserve, elles sont sur les bords de l’Aire la 75e à Nicey et Pierrefitte, la 65e à Longehamps et Neuville) ou ur les plateaux boisés en arrière (la 67e entre Courouvre et Laheyeix). Observant la boucle de la Meuse à Saint-Mihiel, la 7 division

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(1) Extrait d'un carnet (artillerie du 6° corps).

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de cavalerie se trouvait vers Kœur le 11 ; elle DOuMES. sur Verdun. le 12 et y arrive le soir.

Passons à la journée du 13. Dans son Instruction, le générél Sarrail, qui ne croyait pas la gauche et le centre de son armée en. état de marcher de l'avant, estimait que le groupe des divisions | de réserve et les troupes de la place de Verdun pouvaient seules essayer, malgré le mauvais temps, une manœuvre enveloppante sur la gauche ennemie. 1 Le 5e corps effectue le relèvement de la 58 brigade par la 17° et, à midi, arrive l’ordre du général Sarrail de pousser les troupes 4 sur Triaucourt et de s'établir sur le front Senard-Foucaucourt. « C'est un bond en avant, un peu tardif; il s'exécute au cours de l'après-midi et jusque dans la nuit.

Le 15° corps passe de la gauche à la droite du 5° corps ; il marche! en direction de Rembercourt et envoie des reconnaïssances sur Waly, Autrécourt, Lavoye et Froidos, c’est-à-dire au pied de la forêt d’Argonne. Ces villages sont faiblement occupés ; l’armée du. kronprinz a donc ses gros au delà de la forêt : elle a échappé. Le 15e corps atteint le soir Beauzée-sur-Aire. 2 Le 6e corps, dont un escadron de découverte, arrivé dès l’aube: à Ippécourt, a signalé la présence le long de l’Aire, depuis FES de faibles arrière-gardes ennemies, entame la poursuite dans l'après-midi. A la 12 division, la 24 brigade traverse la 23e : le 132 forme l’avant-garde, précédé du régiment de cavalerie du corps d'armée (15e chasseurs). Par Amblaincourt, on atteint le soir Saint-André. La 40e division a suivi la route de Chaumon t à Souully. à Samedi 12 septembre. — Aujourd’hui à la Vaux-Marie, des équipes de sapeurs ramassent les Boches tombés aussi drus que les épis d’ui n champ. Elles les chargent par dizaines sur de grands tombereaux qu ni s’acheminent vers des fosses, creusées larges et profondes, en secouant; aux cahots des ornières, leur fardeau de chair morte. Lorsqu'ils sont arrivés au bord des trous béants, on les fait basculer en arrière et verse là dedans les grappes de cadavres qui roulent au fond avec d’affreux gestes ballants. | Dimanche 13 septembre. — Une autre route, qui longe la ligne de Rembercourt à la Vaux-Marie et Beauzée. Dans les fossés, des cadavres humains s’accroupissent ou s’étalent. Rarement un seul, presque SE a jours deux ou trois, collés les uns aux autres comme s’ils voulaient se réchauffer. La lumière mourante révèle les capotes et les pantalons rouges : des Français, des Français. Allégement à découvrir quelques Boches. Nuit noire. Nous ne voyons plus les cadavres, maïs ils sont toujours, au fond des fossés, sur les talus, sur le remblai de la voie On les devine dans l’obscurité. Si l’on se penche, ils apparaissent em as

RU PO Tin

: l’odeur épouvantable épaissit l’air nocturne. Des soufiles humides assent sur nous en traînant avec mollesse, imprègnent nos narines et nc nos poumons. Il semble que pénètre en nous quelque chose de leur 4 ourriture (1).

D'un autre carnet :

1 A la poursuite, quelques jours après la nuit du 9 au 10, on pouvait voir près de la station de la Vaux-Marie des bataillons entiers, en

des pertes énormes, Plus de 10 000 cadavres furent enterrés.

. À 15 heures, le général Sarrail écrivait : « Le groupe de divisions de réserve aura sa tête ce soir à Monthairon (sur la Meuse, au nord-est de Souilly}), la 7€ division de cavalerie à Verdun a des éléments en avant. La 72e division de réserve a reçu ordre de

“déjà dépassé vers le nord la transversale Sainte-Menehould-Clermont). La 72e division devait tenir à la nuit Brocourt et Jubécourt.

- Un télégramme de Verdun, à 18 heures et demie, signalait que lennemi était retranché depuis Avocourt jusque derrière le ruisseau de Forges, à Malancourt, Béthincourt et Forges.

. Pendant la journée du 14 septembre, la marche continue, et armée atteint la ligne Verdun-les Islettes, les divisions de réserve sur la rive droite de la Meuse.

. Le général Micheler (5€ corps) entre, en effet, au cœur de la forêt d’Argonne et il la longe aussi à l’est, pour cantonner le soir aux Tslettes, à Aubréville, à Neuvilly, à Parois,

. Le général Espinasse (15° corps) poursuit son mouvement en direction de la forêt de Hesse ; la 30€ division se trouve un peu retardée le matin vers Lavoye, le long de l’Aire. Le soir, on atteint Brabant-en-Argonne, Brocourt et Blercourt.

. Le général Verraux (6€ corps) a dirigé ses colonnes par la route Souilly à Verdun, et il parvient à Froméréville-Thierville, C'est-à-dire à la sortie ouest de Verdun, au-dessus de la ville intacte.

| Sous un ciel de pluie traversé d’éclaircies, Verdun s'étale, avec ses sasernes couvertes de tuiles gaies, les hangars blancs du champ d’aviation et les tours de la cathédrale dressées au-dessus des maisons et des arbres.

D (1) Maurice GENEVOIX, Sous Verdun.

tincts où ne se marque point la he des corps. Surtout, on les É

double colonne, littéralement fauchés par nos shrapnells. I1 y eut là

pousser vers Clermont-en-Argonne et au sud » (c’est-à-dire sur les communications allemandes ; mais il est trop tard, l'ennemi à

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Vers midi, le général Sarrail avait reçu du général Joffre l'ordre de diriger les divisions de réserve du général Pol Durand (65e, 67e, . 75e et la moitié de la 54€), qui franchissaient le fleuve, sur les Hauts de Meuse, au sud de Verdun, et de les céder à l’armée du général de Castelnau. Il s’agit en effet de sonder le mystère de la Woëvre et du camp retranché de Metz. Et ceci va nous rattacher aux opérations de l'est.

Enfin, le 15, la 3e armée devait arriver à proximité des retran- . chements de l’ennemi, après avoir poursuivi sa marche des deux côtés de la Meuse, 5e et 15€ corps à gauche, 6€ corps à droite. « Comme l’armée de Langle se trouvait accrochée (2€ corps) devant « Servon et Binarville, ordre fut donné à la 3€ armée, en raison de cette situation, de ne pas dépasser la ligne Varennes-Avocourt. Mais il lui eût été difficile, de toute façon, de la dépasser sensiblement, l’armée du kronprinz ayant achevé son repli et s’étant fortifiée sur ses nouvelles positions. | |

En effet, au 5€ corps, la 10€ division atteignit bien Avocourt,mais la 9 division éprouva les plus grandes difficultés à progresser au delà de Varennes. Le corps parvint cependant à tenir Baulny,. Charpentry, Cheppy et la lisière nord du bois de Malancourt. - Malheureusement, l'ennemi allait bientôt supprimer la poche que notre avance avait faite de chaque côté de la forêt d’Argonne. Nous avons vu qu'il reprit Servon à l’ouest, au 2 corps ; il va, dans quelques jours, reprendre, à l’est, au 5e corps, Montblainville, Varennes, Cheppy, Boureuilles et Vauquois, ce qui reportera: la ligne française à la cote 285, à la Chalade, à la Maison fores= tière et au nord du château d’Abancourt. 4

Pour appuyer le mouvement du 5° corps sur Avocourt et au nord, le 152 corps avait porté l'artillerie de sa 308 division sur la croupe de Montzéville et l'avant-garde atteignit Esnes. Elle Je* dépassa et, le soir, la 30€ division s’échelonnait de la croupe nord d’Esnes à Béthelainville, tandis que la 29% division, dont le gros s’échelonnait jusqu’à Froméréville, avait son avant-garde au bois de Cumières et sur le Mort-Homme. 4

De l’autre côté de la Meuse, le 6€ corps grimpait sur les collines du futur champ de bataille de 1916. Il était en liaison avee les 15e corps par la 728 division de réserve, établie sur le bord du fleuve; vers Samogneux. Ses deux divisions avaient franchi la Meuse, la 12e division à Charny, se dirigeant sur Louvemont-Beaumont, 40e division à Verdun, marchant sur Ornes-ferme Saint-André: Le général Verraux établit son poste de commandement au fort de Douaumont et le quartier général de l’armée Sarrail vint se

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ête it solidement retranché.

- Pour achever le tableau de la poursuite générale des armées françaises, il faut dire quelques mots des opérations qui se dérou- Jaient, au même moment, entre la Meuse et les Vosges. La victoire du Grand-Couronné et de la Chipotte s’étaient affirmées au moment même où la poursuite commençait après la bataille de la Marne (1). C'était la conséquence naturelle de ces succès « en château de cartes » qui, de l’ouest à l’est, permettaient à chacune des armées françaises de pousser de l’avant au fur et à mesure que l’horizon .s’éclaircissait à leur gauche.

Bien que le général von Heeringen, commandant la VIIe armée dans les Vosges, se fût embarqué avec son XVE corps depuis le 6 septembre et s’acheminât par la Belgique sur Saint-Quentin,

contestable violence en Lorraine ; elle y était alimentée, en effet, par de nouvelles formations d’ersatz et de landwebr, jusqu’au -moment où, les nuages se dissipant sur l’Ornain et en Argonne, l'armée Castelnau et l’armée Dubail constatèrent à leur tour que l'ennemi se retirait devant elles. Déjà, le 10, le 1 corps bavarois a quitté le front. Aux deux ailes, Pont-à-Mousson et Saint-Dié sont réoccupés dès le 11. Enfin, le 12, l'ennemi bat définitivement en retraite ; il se retire sur la Seille, il abandonne Lunéville, il se rabat derrière la Meurthe que Dubail atteint et dépasse, en occupant bientôt Baccarat et Raon-l'Étape. Ainsi le général Joffre voyait la victoire s’achever partout et l'ennemi obligé d’abandonner ses tentatives sur le pivot de l’est. Ce « pivot » ayant tenu, la victoire était complète.

Au cours de la bataille, le maintien constant des liaisons, par le grand quartier général, avait été un des principaux éléments du succès. C’est ainsi que le général Joffre n’avait jamais perdu de vue la plaine mystérieuse de Woëvre, qui s’offre comme le débouché immédiat de Metz en direction de la Meuse. Chaque jour, il avait mis le général de Castelnau en garde sur sa gauche, et des ordres successifs, à mesure que la victoire s’annonçait partout ailleurs, avaient porté des troupes de ce côté : la 2e division de cavalerie est lancée par un ordre du 7 en direction de Beaumont; la brigade mixte de Toul, le 8, en direction de Saint-Mihiel, puis toute la division de Toul (73€) le 11, le 20€ corps sur Saizerais

- (1) Voir Histoire illustrée de la guerre, t. VII, p. 128 et suiv.

FIN DE LA POURSUITE 351

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352 LA BATAILLE DE LA MARNE re “a avt:

le 11 également en vue de marcher le 13 par Flirey sur Étain. C’est alors que, le 13 septembre, Joffre adresse aux 17e et 2e 8 mées les instructions que nous avons citées plus haut et par 16 quelles il fixe les nouvelles missions qui leur mcombent. Son idée | maîtresse était de constituer avec l’armée de Castelnau une armée. de Woëvre, chargée d'opérer par conséquent entre Meuse et Mo-- De selle avec les forces suivantes, de l’ouest à l’est : 3° groupe de divi-. sions de réserve (67e, 65e, 75€), sur les Hauts de Meuse entre Abancourt, Manheulles et Génicourt, 732 division de réserve à Saint- Mihiel, 2e division de cavalerie vers Essey, 8 corps transporté à partir du 14 sur Saint-Mihiel par voie ferrée, 20 corps réuni le 15 autour de Domèvre-en-Haye. Le général de Castelnau transporte son quartier général, le 14, à Commercy, prêt à étudier les opérations que le haut commandement se réservait de prescrire au moment voulu. Le front ne se modifia guère les Jours suivants. On surveillait attentivement la Woëvre où le Ve corps actif restait face à Troyon. Le général Joffre refusait de laisser la 22 armée s'engager dans un mouvement prématuré, quand, le 18 septembre deux télégrammes du grand quartier général changèrent la situa= tion :

7 heures : L’état-major de votre armée et le 20€ corps seront transportés vers l’ouest. Veuillez vous rendre au grand quartier général. 16 heures : Le quartier général de la 2° armée et le 20€ corps sont transportés sur une autre partie du théâtre des opérations. En consé: quence, à partir du 19, 0 heure, la 2€ division de cavalerie et la place de

Toul dépendront de la 17 armée. Le 8e corps et les 65€, 67 et 75e divisions de réserve dépendront de la 3° armée.

Ainsi Castelnau et le 20€ corps allaient prendre part à la grandi manœuvre de l’aile gauche, la Course à la mer, tandis que, dans l’est, les 17e et 32 armées devenaient solidaires pour la bataille q ui allait se livrer en Woëvre.

Déjà, nous Pavons dit, l’instruction du 13 septembre avait donné à la {7e armée (général Dubail) la charge de tout le front, compris entre la Moselle et les Vosges, de Nancy à Belfort. Trois groupements furent constitués : le groupement de Nancy (général Taverna) avec le 3° groupe de divisions de réserve (596, 64e, 68 les 70e et 74e divisions de réserve, le 16€ corps ; le roupetill central, sous les ordres directs du général Dubail avec la 142 bris gade de dragons, le 44€ corps, le corps provisoire, la 41e division. la 71e division de réserve; le groupement des Vosges (général Putz) avec des formations de réserve et les troupes alpines. BE

FIN DE LA POURSUITE

pa st nécessaire au général Dubail de constituer de fortes réserves. | C'était, d’ailleurs, le désir du grand quartier général qui, le 16 septembre, télégraphiait : « Aucun indice certain ne permet, à l'heure actuelle, de déterminer la destination donnée par l’ennemi aux corps retirés d'Alsace et de Lorraine. On doit donc admettre comme . possible que les Allemands ont rassemblé en arrière de Metz-Thionville des forces importantes pour tenter une action dans la direc- . tion de l’ouest ou du sud-ouest. » Avec une parfaite compréhension - des intentions du haut commandement et de la situation générale, le général Dubail prit ses dispositions pour remettre en main les » unités, pour garder une attitude agressive par des détachements de contact et aussi pour fortifier tout le front, notamment les * postes avancés au delà de la Meurthe, de manière à réaliser une économie de forces au profit des réserves.

- Cependant l’attention du haut commandement ne cessait de se porter vers la Woëvre. Le 16 septembre, en rentrant à son quartier

général d’Épinal, le général Dubail trouvait un télégramme pres-

crivant à la {re armée de se tenir prête à intervenir sur sa gauche et

+ de constituer à cet effet une forte réserve, au MOINS UN COrps - d'armée, autour de Nancy : le 16€ corps fut désigné. |

- La Woëvre n’est, malgré tout, qu’un théâtre d'opérations secon- . daire. Joffre est maintenant renseigné sur les intentions de l'ennemi. … C’est vers l'Oise et la Somme que le champ de bataille va s’étendre ; des débarquements allemands importants sont, en effet, signale « le 17 à Valenciennes et Cambrai. Le jour même, à 14 heures et demie, le grand quartier général y répond par l’ordre de trans- . porter le 14° corps par voie ferrée de la région de Bayon dans la région au nord de Paris et, finalement, comme cela s'était passé . depuis le début de la bataille de la Marne, le pivot une fois con- sohidé, l’est se vide dans l’ouest. La poursuite de la Marne est finie ; le front se stabilise et, sauf dans la plaine de Woëvre où les adversaires procèdent aux mouvements stratégiques précurseurs du choc de la fin de septembre, partout les tranchées se creusent et s’approfondissent et les armées enterrées vont servir de réservoir au haut commandement. Il y puisera pour la Course à la mer et pour la bataille des Flandres, jusqu’à la fin, les unités qui serviront à la grande manœuvre des voies ferrées qui alimentera sans cesse le front, protégera Paris, s’opposera aux retours de l'ennemi et consolidera enfin, jusqu’à une reprise définitive, les résultats obtenus par la victoire de la Marne,

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