‹ La bataille de la MarneChapitre 80 sur 102 · VAS AY D · texte numérisé non relu

VAS AY D

Schlieffen, il fait juste ce qu’il faut faire : ayant brisé, au moyen

de sa force de l’est, une des branches de la tenaille, et ayant sauvé ainsi son propre « pivot », il prépare le contre-enveloppement de l’autre aile allemande, l’aile droite, par la création de l’armée d’Amade qui deviendra bientôt l'armée Maunoury.

Naturellement, il faut quelques jours pour accomplir un pareil changement de front et obtenir de tels résultats.

Pendant ces quelques jours, à quoi le haut commandement français emploie-t-il ses gros ? A exécuter la « variante » qui a pour objet de prendre à partie le centre ennemi, de tenter de le séparer de cette aile droite, la plus aventurée, et sinon de rompre, du moins d’affaiblir l'immense arc de cercle offensif qui tente d’envelopper les armées françaises : au besoin, on s’y reprendra à plusieurs fois.

D'où ces batailles contre le centre allemand, non pas statiques et immobiles « à la Terentius Varro », mais mobiles s’il en fut, puisqu’elles présentent ce caractère singulier qu’elles n’insisteront pas et que, par ordre, elles se décrocheront toujours à temps pour éviter que les armées soient enfermées dans le demi-cercle qui avance par les ailes.

Voilà ce que Schlieffen n’avait pas prévu; et pourtant, le plus simple bon sens eût dû l’avertir. Il supposait donc des armées figées dans l’attitude de l’autruche et attendant leur sort. Mais les armées françaises étaient commandées; leur conduite était raisonnée; leur force n’empêchait pas le ressort et la souplesse. Le haut comman:dement français averti exactement, ne fût-ce que par les avions, des mouvements de l’ennemi, savait que les deux ailes se précipitaient sur lui dans une course effrénée ; il lisait la manœuvre sur les routes ; il la suivait des yeux ; ayant pris consciemment le part: d’échapper à l’étreinte, il reculait, mais tout en attaquant. Il entraînait l'adversaire dans son propre sillage, se réservant de lu tomber dessus à fond, dès que la contre-manœuvre serait solidement construite et articulée.

Ceci est la raison d’être de ces premiers actes qui précèdent le bataille de la Marne : 1° la bataille des Frontières qui se porte au devant du demi-cercle de l’invasion allemande et lui assène ur coup formidable à l’ouest, au moment même où les batailles di Lorraine l’arrêtent à l’est ; 29 /a retraite, avec les coups de boutoï de Guise et de la Meuse, qui ont le même caractère au moment on la Mortagne et le Grand-Couronné règlent le sort de la « tenaille de l’est ; et 3° les premiers combats sur le flanc allemand, à Proyart à Verberie, qui eussent dû avertir les généraux ennemis et le retenir dans le nord s’ils eussent eu la moindre prudence, mais don

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