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. prirent l’offensive, renforcés de troupes de la garnison de Paris et de
Le plan français consistait à atteindre le flanc droit allemand, à
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actuelle est la plus importante qui ait été livrée depuis l'ouvertiié des hostilités. À
La situation des armées allemandes est parfaite. Malgré le {on déplorable, les troupes sont dans les meilleures dispositions. L'état sanitaire est excellent, les cas de maladie très restreints, les subsistances très bonnes. Chaque jour marque un progrès. La décision se trouvera pourtant quelque peu ajournée, à cause de la pluie et des mauvais chemins.
Voilà donc, en dépit du succès général, l’idée d’une prolongation possible de la guerre | Mais le 21 septembre, à 2 h. 40, un communiqué plein de jactance : est publié pour effacer toute impression fâcheuse.
MARCHE VICTORIEUSE DES TROUPES ALLEMANDES. — À l'aile droite, les troupes anglaises ont cessé leurs attaques. L’offensive allemande enregistre d'importants progrès sur toute une série de points. L
Depuis samedi, la position des troupes allemandes est devenue encore plus favorable, sensiblement plus favorable, bien que samedi elle fût = déjà très favorable. (Qui douterait, en présence d’une telle accumulation d’épithètes?) Actuellement, l’armée anglo-française tout entière, pressée sur sa position défensive, commence à céder sur toute la ligne, ici dans « une retraite désordonnée, ailleurs en résistant avec ténacité et une. grande bravoure...
A ce tableau, il ne manque rien, pas même l’utle éloge de l’ennemi. On peut se demander comment des officiers d'état-major, absorbés par les besognes de la guerre et sous le coup de l'effet. moral produit par l’immense catastrophe, ont pu suffire à une si. prodigieuse industrie de faux authentiques. Le journaliste Fendrich, qui a été le truchement officiel des diverses versions qui se sont succédé, nous apprend que tout le monde s’épuisait à chercher. le récit le plus adroit et le plus probant et qu'il fallut finalement" confier cette œuvre à l’empereur lui-même. 1
L'opinion, cependant, était de plus en plus troublée. Elle ne pouvait fermer les oreilles au bruit des faits, dont l’abondance et la précision la pénétraient de toutes parts ; on jeta encore du lest et le grand état-major aborda, — combien douloureusement, — l’œuvre de sa justification. Moltke était remplacé. Son successeur Falkenhayn ne nia plus; il plaida ; on fit intervenir le front de l'est, qui avait donné à la masse des Allemands à la fois des émotions si pénibles (avance des Russes en Prusse orientale) et des. joies si absolues (victoires des Tannenberg et des lacs Mazuriques):
Voici done la nouvelle version de la propagande allemande, celle que de nouveaux tracts non moins multipliés accréditèrent dans le public. Je cite un des plus répandus : Der Grosse Krieg 1914-1916,
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ar F. Landerbach. « Ouvrage de propagande, destiné à apprendre au peuple allemand les faits essentiels de la guerre d’une manière aussi simple et aussi exacte que possible. » En exergue : 7” Alle- Duo ne s'était jamais encore surpassée, parce qu'elle est unique.
‘ Nos armées passèrent à l’est de Paris et franchirent la Marne, leur front dirigé vers le sud. Elles voulaient encercler les forces françaises en Champagne et au sud de la Marne, par l’est, le nord et l’ouest. Le
t était tout proche. C’est alors que se produisit un changement. Au début, nous avions envoyé très peu de monde contre les Russes. Nous avions de bonnes raisons d’espérer que la mobilisation russe demanderait deux ou trois mois. Mais la Russie avait achevé sa mobilisation au début de la guerre. D'autre part, les Autrichiens étaient battus et repoussés jusqu’à Lemberg. Ainsi, les provinces prussiennes étaient rivrées au ravage des armées russes, composées d’assassins et d’incendiaires. Notre grand commandement se décida donc, le cœur gros, à
apporter à l’est si menacé et à nos alliés autrichiens l’aide si ardemment
tenir sur la défensive. Des troupes de réserve, dont une partie devait primitivement former un détachement pour assurer le flanc droit et les arrières de von Kluck, furent expédiées vers l’est. Nos troupes durent céder devant le nombre. Aujourd’hui, les armées allemandes sont sur la ligne bert-Noyon-Soissons-Sainte- Menehould. Avec une adresse extraordinaire, nos chefs avaient réussi à sauver leurs arrières de l’encerclement,
- Mais, un jour vint où les liens furent rompus. Alors, ce ne furent plus les journalistes seulement, mais bien les officiers d’état-major Bt les grands chefs eux-mêmes qui brisèrent les sceaux. Des polé-
public par ces grands intéressés qui plaidaient leur propre cause : la bataille de la Marne était gagnée, assura-t-on, lorsqu'une faute incroyable du grand état-major ou plutôt du commandant de la
Pétat-major Hentsch, provoqua l’ordre de la retraite.
- La bataille de la Marne a été perdue, parce que le commandement uprême l’a considérée comme perdue, qu’il a manqué d’énergie et de molonté. En réalité, sur cinq armées engagées, quatre et demie étaient ictorieuses et, seule, l’aile droite de la IIe armée était battue.
Nous avons donné, au cours du récit, les précisions d’heures et e lieux permettant de contrôler cette thèse non moins insoute-
désirée, et à se borner dans l’ouest, malgré la situation favorable, à se 2
Je armée, von Bülow, secondé par la complaisance de l’officier.
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nable que les précédentes. Von Kluck et ses a. von Hausen et Baumgarten-Crusius, la clament maintenant en Allemagne : elle tend à s’accréditer, pour le moment, devant l’opinion publique qui, encore une fois, n’admet pas la simple idée d’une défaite. Von Hausen écrit ete : |
Les combats sur la Marne ne peuvent être considérés ni comme une victoire des armes françaises, ni comme une défaite de l’armée alle mande et la France serait par conséquent seulement en droit de les 1 enregistrer comme un «succès stratégique » dû principalement à l’entrée
en ligne prématurée de l’armée russe alliée. À
# Et il ajoute :
J'ajoute à ces renseignements ceux de source authentique qui m’ont été donnés seulement en janvier 1919, à savoir que le lieutenant-colonel Hentsch avait été fraîchement accueilli au Q. G. de la première armée, lorsqu'il donna la directive de retraite, alors que ce Q. G. A!, après un” léger repli (donc la retraite était déjà commencée, ainsi que l’affirme von Tappen), voulait reprendre une offensive à laquelle il ne renonça qu’en en rendant responsable Hentsch. J’inclinerais dès lors vers l’avi que c’est tout d’abord la IIe armée, etc.
Cette explication a pris enfin sa dernière forme, avec certaine approximation d’exactitude qui lui donne une grande force des crédibilité et un certain accent de sincérité, dans un passage des Mémoires du feld-maréchal von Hindenburg, et s’est mise ainsi sous l’autorité de ce grand nom.
Les causes pour lesquelles nous n’avons pas pu obtenir, en 1914 un succès décisif, écrit le feld-maréchal, ont été l’objet de nombreuse discussions et le demeureront toujours. Mais un fait est certain : c’es que notre grand quartier général se crut obligé de prélever prématuré ment des forces sur le front occidental, front où il cherchait la décision pour les jeter sur le front oriental. Je ne veux pas chercher à savoir si dans cette décision, la surestimation des succès jusqu’alors remporté ne joua pas un grand rôle. En tout cas, il en résulta des demi-mesures l’un des buts fut abandonné, l’autre ne fut pas atteint. Au cours € nombreux entretiens avec des ofliciers qui avaient eu des aperçus su le cours des événements des mois d’août et de septembre sur le frot occidental, j’ai cherché à me faire une opinion impartiale sur les événe ments qui nous furent si funestes pendant la bataille « dite de la Marne Je ne crois pas que l’échec de notre grand plan de campagne, plan qu sans aucun doute possible, était bien établi, ait été provoqué par ur cause unique. Toute une série d'événements défavorables se pronoï contre nous : je compte, parmi eux, l’affaiblissement de l’idée fond mentale de notre plan, d’après laquelle notre. armée devait se conce trer avec une aile droite très puissante ; l’échec de notre aile gauche tr fortement constituée, échec provoqué par l'initiative intempestive du co
ndre à voir surgir de Paris, place solidement fortifiée et grand ( de voies ferrées (cette méconnaissance, Hindenburg lui-même
eue en 1918); l’intervention insuffisante de notre grand quartier éral pour régler les mouvements de nos armées ; enfin, peut-être , au moment décisif de la bataille, une appréciation inexacte de la ituation de la part de certains organes du commandement (il s’agit de Bülow et de Hentsch) alors que cette situation n’était pas en soi avorable.
En un mot, Joffre n’avait eu qu’à ramasser des mains de l’ennemi une victoire qui lui était offerte. Ni la capacité du commandement français, ni la valeur du soldat français n’y sont pour rien. Le nom Joffre n’est même pas prononcé. La manœuvre française n’est as non plus visée ; tout s’explique par les fautes des prédécesseurs du feld-maréchal et celui-ci n’a même pas l’air de s’aperce- . voir qu’il est retombé à son tour, en 1918, dans des « erreurs »
saveur de mensonge si profondément allemande : « Les historiens t les critiques trouveront dans cette question une matière abondante pour leurs études. » En effet !...
Après un tel exposé, n’est-il pas permis de conclure que la ténacité avec laquelle les chefs allemands, tous les chefs allemands, et tous les chefs de l'opinion allemande, se sont coalisés pour adultérer le sens et la portée réelle de la bataille de la Marne, a fini par agir su r l’opinion, non seulement dans les pays allemands, mais dans les ays neutres d’abord puis, par infiltration, dans les pays vaineurs. N’appartenait-il pas à des esprits vraiment supérieurs ne pas se laisser prendre à la gloriole des communiqués ? \ Vétait- -ce pas se prémunir sagement contre certains emballements t certaines désillusions possibles ? N’était-ce pas faire preuve d’une s gulière pénétration et sagacité que de découvrir dans une vicqui, en somme, n’avait paru d’abord « qu’incontestable », les points par lesquels elle pouvait être contestée ?.. Ainsi, et par suite e la prolongation de la guerre et de ses effroyables NETRE un pute fut glissé peu à peu dans les esprits ; les découragés, les paciistes, les mécontents s’emparèrent de certaines critiques plus ou noins légitimes ; des clans, des coteries, des particuliers réclaièrent leur part de l’immense succès. Des arguments nouveaux, les critiques nouvelles se firent jour et la polémique française prit
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(1) Notons en passant qu'Hindenburg vise ici l’action générale, sur l'issue ) la guerre, des défaites allemandes à la Trouée de Charmes et au Grand-Cou- . Il les attribue, il est vrai, à une « initiative intempestive ». Je reviendrai
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toutes semblables ! Hindenburg ajoute, après cet exposé d’une
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