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NES Re no, en Re : 390 PUR BATAILLE DE LA MARNE Lo SA
CU Fri sa le vent qu'avait déchaîné d’abord, il faut bien le reconna îtr re, 3 polémique allemande. © Ya
La polémique française au sujet de la bataille de la Marne,
La victoire de la Marne fut, pour la France, une surprise, une heureuse et magnifique surprise. On avait senti passer le soufile de la défaite. Les souvenirs de la guerre de 1870 étaient encore si proches ! Les armées allemandes avaient touché à la banlieue de. Paris : on considérait le siège du camp retranché comme à peu pré inévitable. Et tout à coup, c’était la victoire |
Nous avons dit les tentatives de l’ennemi au débouché de la! forêt de Compiègne, l'attaque du corps de cavalerie à Néry, les combats de Verberie, etc. Paris, qui avait été désigné, dans l’Instruction générale du 18 août au soir, comme but à atteindre par” l’armée de von Bülow, fut, comme nous l’avons vu, visé jusqu’au 3 septembre. La capitale avait bien eu le sentiment très vif du danger pressant qu’elle courait et le reste de la France avait éprouvé l'émotion la plus poignante en pensant aux conséquences, que seraient, pour l'issue de la guerre et pour la survie de Ia nation, le siège et peut-être la destruction de Paris. On tiendrait, cebtes À Paris était résolu à se défendre ; la France était rés li elle aussi, à lutter jusqu’au bout. Mais l'intelligence et la volonté. se tendaient au maximum pour en venir à ces farouches résolutions. À
L’ennemi donc paraissait décidé à vaincre la France par la prise de Paris. Tout à coup, il se dérobe. Sans qu’il se soit produit um combat décisif, sans qu’il y ait eu une raison appréciable pour le public — d’une façon pour ainsi dire miraculeuse — la ligne de marche ennemie s’infléchit soudain vers le sud-est. 11 évite Paris
La nouvelle se répand, le 4; elle gagne dans la ville comme une : traînée de poudre. On y croit à peine ; on ne comprend pas ; pour
quoi l’ennemi renoncerait-il à une telle proie? Le lendemain, 5: vers midi, le canon tonne dans la direction de l’est ; les estafettes annoncent qu’une grande bataille est engagée, que les troupes françaises gagnent du terrain et chassent l'ennemi devant elles on apprend que Meaux se dégage, on assure que Français 6 et Anglais sont en marche sur Château-Thierry. Le lendemain 6, canon tonne pendant toute la journée. Le 7, tous les Parisiens valides étaient sur les routes de l’est. Ils sta à la bataï lle
qui sauvait Paris. Ils l'ont vue et, si j'ose dire, touchée du doiïgt Les jours suivants, la victoire se confirme, non sans quelque hésis
RE SN CE sun LA BATAILLE DE PE MARNE ET
tic on a: vetiibude: Cinq ou six jours d’alternatives RE sa > communiqué tant attendu ; or, cette victoire, elle est acquise, D Re ouirés, dès la première heure. Paris est sauvé : donc la TEE bataille est gagnée. Qu’attend-on? "# - Les événements militaires qui se passent au loin sont ignorés : À tout au plus un développement, une conséquence, une suite; le | principal, n'est-ce pas Paris ; la bataille de la Marne, c’est la bas 2% taille pour Paris, la bataille dë Paris]
» Or, n’est-il pas vrai que la bataille de la Marne a été déclenchée
. par l’heureuse initiative de Gallieni sur l’Ourcq? Gallieni, ce nom :
» était sur toutes les lèvres. La belle proclamation vraiment mili- de. taire et césarienne de l’illustre général, sa résolution, si conforme L'#S . aux sentiments de la population, de défendre la ville jusqu’au UE . bout, son zèle, sa sévère vigilance, son coup d’œil à discerner les a.
mouvements de l'ennemi et à en tirer parti, son insistance pour % obtenir au moins trois corps d'armée consacrés à la défense de . Paris, ses démarches auprès du grand quartier général et auprès 5 . du maréchal French, l’ordre donné par lui à la 6€ armée de se mettre . en mouvement dès le 5, l’étonnante activité qui alimenta le front 5 . pendant la bataille et ce détail frappant et pittoresque de lutili- - sation des taxis, tous ces faits, considérables ou secondaires,
PTT 2 af en), a
. étaient connus des Parisiens. Le salut avait donc dépendu de cet KE. - homme froid au regard limpide : toutes les âmes étaient tournées | - vers lui... Et il était digne de cette attention et de cette confiance. À
Le succès obtenu, la bataille de l’Ourcq ayant été, pour l’opimion . parisienne, la forme palpable de la bataille de la Marne, les services rendus par le général Gallieni étant immenses et initiateurs, 1l fut entendu que Gallieni, sauveur de Paris, était aussi le vainqueur de - la Marne. Et ainsi, une sorte d’imprécision enroba comme d’une * » légère incertitude la gratitude publique à l’égard du chef quicom- 3 . mandait toutes les armées et qui avait monté et exécuté l’ensemble de la manœuvre, le général Joffre. L'intervention du camp * retranché de Paris avait été la manœuvre capitale : cela suffit ; pour la faire considérer comme unique. Le problème est posé . pour ainsi dire officiellement, dans ces paroles échangées devant - la Commission de Briey par le maréchal Joffre et le président de cette Commission :
M. VioLeTTE. — Croyez bien que je ne vous pose pas la question “simplement pour avoir le plaisir d'évoquer un petit dissentiment. Je - vous la pose dans un intérêt plus sérieux et plus général. Je vous
demande dans quelle mesure la bataille de la Marne, dont vous nous avez dit : « Ce plan a été conçu le 25 août », a-t-elle été influencée par
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e Le L Res a a Li Nero TA Fe 44 F Fa l'invitation que vous avez reçue, le 25 août, du EME e > CO à
+ 2 tituer trois corps d’armée pour la défense de Paris? ee x
45 M. LE MARÉCHAL JOFFRE. — Aucune. Je n’ai pas d'amour-propre ENES d'auteur, et si cela pouvait lui faire plaisir (ils agit de M. Messimy, alors > ministre de la Guerre), je dirais que c’est lui qui a gagné la bataille de la Marne. Peu importe, pourvu qu’elle ait été gagnée. LE MARÉCHAL JOFFRE. — J’ai envoyé, le 4 septembre, l’ordre de Ée bataille de la Marne. C’est en exécution de cet ordre que la bataille a commencé. Je disais : « Le 5, vous prendrez vos dispositions pour attaquer le 6. » Le général Gallieni a donné des ordres, mais il était, comme le général Maunoury, sous mon commandement.
Le PRÉSIDENT. — Il vous était adjoint éventuellement, c’est lui qui 4 devait vous remplacer?
R LE MARÉCHAL. — Parfaitement. - LE PRÉSIDENT. — Il avait été désigné par une lettre de service portée à votre connaissance?
LE MARÉCHAL. — C’est moi-même qui l’avais demandé. LE PRÉSIDENT. — Malgré cela, vous n’estimiez pas que sa place (UE au grand quartier général?
LE MARÉCHAL. — Non, il y avait là dedans tant à faire, qu’un à latus eût été plutôt une gêne...
É Les positions étant telles, le fond du débat porte sur les points a
sa suivants :
Le ministre de la Guerre, M. Messimy, ayant demandé, d'accord
avec le général Gallieni, que trois corps d’armée fussent retirés de
+4 l’est pour être agen à la défense du camp retranché de Paris, «
À cette indication n’a-t-elle pas fourni au général Joffre l’idée et les
moyens de l'attaque sur le flanc de l’armée von Kluck? En réponse, -
le général Joffre fait observer que « l’Instruction générale » qui
prescrit la manœuvre et la formation de l’armée Maunoury est «
du 25, donc antérieure à la lettre du ministre, qu’elle forme un -
tout dont on ne peut distraire une partie, que les corps transportés
de l’est ont été mis dans la région de Paris pour se battre en rase.
campagne et non pour être employés à la défense du camp retran-
ché, et que la création d’une armée de manœuvre ne peut se con-
fondre à aucun titre avec la constitution d’une garnison pour 1
défense d’une place forte.
À On affirme encore que le général Gallieni a eu, le premuer, 14
| sentiment que l’armée allemande obliquait vers le sud-est; il a
compris immédiatement que cette circonstance favorable était à
| saisir et, le premier, il aurait insisté auprès du général en chef po
qu’à l ohâre de retraite au sud de la Seine fût substitué un ordre Ê d’offensive en direction de la Marne. En fait, on n’ignore plus,»
maintenant, que le mouvement de l’armée allémande vers le sud-
est était connu dès le 31 août, que le renseignement fut confirmé
s’éts + ide la conviction du id quartier général (1). l 1: ne fait pas doute que le général Gallieni a eu l'intuition très ste de l’opportunité qui se présentait, et qu’il apporta sa part Ptiatire et d’ardeur à la décision elle-même et à l'exécution ; mais il se trouvait en cela complètement d’accord avec le général Joffre ; placé, comme le général Maunoury, sous les ordres du général en chef, sa décision ne fait que se conformer à l’ordre d’attaque général donné en même temps à toutes les armées. Son initiative et sa vigilance ont eu certainement les plus heureux effets, et son action fut, d’ailleurs, de celles qu’il était permis d’attendre de sa haute valeur Me et de la position où on l’avait appelé à Paris ; tout cela est, en somme, conforme à la bonne entente et à la Due bone qui, dans cette crise redoutable, n’a cessé d'exister à tous les degrés et entre tous les chefs de l’armée
française.
Dernière remarque enfin : le mérite principal de Gallieni est
d’avoir su comprendre à quel point il importait de déclencher l'offensive de Paris sans perdre une seconde : marchant dès le 5 à midi, et devançant même l’ordre d’attaque fixé au 6 au matin,
sujet, que le IVe corps de réserve allemand ayant reçu l’ordre de franchir la Marne le 5 au soir, si l’attaque ne s’était pas produite ce même jour à midi, ce corps allemand eût été au sud de la Marne, le 6, au moment où l’armée Maunoury devait attaquer : ainsi elle eût pu, sur un terrain vide de troupes, gagner les derrières de l’armée von Kluck, jusqu’à Château-Thierry, et l’envelopper d’un coup de filet sans que le commandement de l’armée allemande eût eu la possibilité de se retourner.
- Tels sont les divers arguments pour et contre. Nous les donnons dans un sentiment de complète impartialité (2).
‘et
? (0) Un détail nouveau : dans la nuit du 4° au 2 septembre, on découvrit, s le havresac d’un officier d’état-major allemand de la 5 division de cavanie, tué dans son automobile par une patrouille française, une carte sur laquelle étaient tracés tous les mouvements que devaient exécuter les divers éléments de l’armée von Kluck après le 1° septembre ; la position de chaque colonne était soigneusement indiquée avec celle de son avant-garde et de son rrière-garde, ainsi que les heures de départ el d’arrivée (Temps du 24 janvier 1921). Ces documents furent adressés au G. Q. G.
(2) C’est dans ce sentiment que nous citerons un passage des Mémoires de Gallieni. Il y a, dans cet exposé, un certain nombre de points sur lesquels l’auteur n’a pu être pleinement renseigné, mais sur lesquels la publication des documents officiels allemands a fait la pleine lumière : «… En résumé, à la date 3 septembre et même du 4 septembre au matin, c’est-à-dire au moment où la marche de la Ir armée allemande vers le sud-est se confirmant, il me fallait
Gallieni avait pris cette initiative. Mais on a fait observer, à ce -
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ss RARE AUTRE % ne se huis 1 LA BATAILLE DE LA an ie Fr
Personne ne mettant en doute la valeur A Per éra Gallieni, les services qu’il a rendus à Paris et à la France, y comp is sa participation initiatrice à la bataille de l'Ourcq, l’accord étant unanime sur ces points, et sur les titres exceptionnels du grand colonial qui fut,en même temps, un grand chef de guerre, pourquoi essayer d’opposer l’un à l’autre, devant l’histoire, de grands Français qui, sauf quelques difficultés secondaires, ont été étroitement . unis dans la réalité?
De toutes façons, on reconnaît que si le général Gallieni exerça le commandement sur la VIe armée, tant qu’elle resta dans la région du camp retranché de Paris, le général Maunoury commandait directement cette même armée, et que, en tout cas, le général Gallieni n’a jamais eu aucune autorité sur les sept autres armées
prendre une décision sauvegardant avant tout les intérêts de la capitale dont j'avais la charge ; nos armées, y compris l’armée anglaise, avaient ordre de se replier derrière la Seine (17 convient de compléter cette indication par la phrase de l’ordre du grand quartier général : « sans qu’il implique que cette ligne doive être forcément atteinte ») et le général en chef insistait pour que ce mouvement » s’exécutât aussi rapidement que possible. Suivant moi, ce mouvement de repli était mauvais parce que : 1° il découvrait le camp retranché de Paris; 2 il ne tenait pas compte de l’ennemi ; 3 il ne pouvait s’exécuter à temps et les têtes de colonnes allemandes seraient déjà certainement à Pont-sur-Yonne, Nogent-sur- . Seine, quand les troupes anglaises et françaises y parviendraient. Il interdisait toute idée d’offensive immédiate, la retraite au delà de la Seine, l’organisation de « a défensive, l'arrêt jusqu’à l’arrivée des renforts des dépôts comportant bien un délai d’une douzaine de jours pendant lequel les Allemands auraient eu le temps de terminer leur mouvement de débordement de notre aile gauche. (Joffre dit dans tous ses ordres, A PARTIR DU 2, qu’il s’agit de reprendre immédiatement l'offensive, et, l’ordre d’offensive générale a été décidé et transmis . le 4; il n'a jamais été question d'organiser, pour s’y abriter définitivement, une ligne défensive au sud de la Seine, etc.). Quand, après la guerre, le général von Kluck nous aura fait connaître les raisons pour lesquelles il a abandonné Paris le 3 septembre dans la soirée et le 4 septembre au matin (en fait, dès le 2 septembre au soir) pour prendre la direction sud-est, nous verrons certaine ment que la cause déterminante de cette marche de flanc à proximité du cames retranché de Paris, était la volonté conforme, d’ailleurs, aux vrais principes des maîtres de la guerre, du maréchal de Moltke notamment, d’en finir tout d'abord avec les armées de campagne ennemies... (Vous savons maintenant, par les Mémoires de von Kluck et par es autres publicélions allemandes, que ces raisons so beaucoup plus complexes. Le grand quartier général allemand transformait son plan dès le 30 août au soir, à La suite de la bataille de Guise; il cherchait désormais u bataille de rupture en direction de Troyes, c’est-à-dire au sud, et ordonnait bientôt. à von Kluck (et non plus à Bülow) de couvrir (et non plus de marcher) du côté 4 de Paris « entre Marne et Oise »; mais von Kluck se précipita en avant, au mépris de ces ordres, et prêta le flanc à l'attaque venant du camp retranché. Or, Joffre avait à parer non seulement du côté de Paris, mais à Sézanne-Mailly et à Revigny, où « une progression inébranlable » devait, par encerclement, ouvrir la Haute
Moselle aux armées allemandes qui s’acharnaient en Lorraine : ce sont des points de pue qui, naturellement échappaient aux chefs des armées de l’ouest. Au fond, out se concilie et il n'y a pas lieu d’exagérer certaines divergences qui s’expliquen si naturellement.) |
à > de lg sous HAN te on l’a fait trop souvent, La
explo: s des armées qui, dans l’est, ont pris part à J’immense bat ai Gr Si l’on ne tenait compte que de celles qui ont combattu | dans & région de Paris, les autres, celles que commandaient les ] ranchet d’Esperey, les Foch, les Langle de Cary, les Sarrail, les | Pal les Castelnau, ne seraient pas « honorées », si j’ose dire, selon le érites. Elles ont combattu, elles ont cruellement souffert,
" 2e 2 grandement contribué à la victoire. Si la bataille eût été
pe erdue sur un point, elle eût été perdue partout. La bataille de -
l'Oureq, un instant compromise, a elle-même été sauvée par la sohi- darité existant entre toutes les parties du front et notamment par la belle manœuvre de Franchet d’Esperey. Or, l’ensemble des . armées obéissait au général Joffre. C’est donc lui qui a eu l’entière
responsabilité et à qui revient le mérite de la bataille de la Marne.
Vers Gallieni se porte justement, non seulement la gratitude de
Paris, mais la gratitude de la France pour le rôle qu’il a joué au cœur même du pays. Vers Joffre, ses lieutenants et ses soldats se F porte, avec une même justice, la gratitude universelle pour le chef en concevant son admirable manœuvre et en l’exécutant avec une autorité et un sang-froid incontestables, a remporté l’une des
- plus grandes et des plus nobles victoires qui soient inscrites dans
le es annales de l'humanité.
. La victoire de la Marne restant un fait militaire et historique en lui-même incomparable, une autre espèce de critique s’est produite -qui la visait pour ainsi dire indirectement. On a voulu la diminuer en la considérant comme heureuse, sans doute, mais comme n’ayant “été que la suite d’une erreur initiale, à savoir la concentration de l'armée française face à l’est, et non face à la Belgique, dès le début de la guerre. On incrimina notamment la valeur du plan
no 17.
Cette critique s’étant produite et renouvelée avec insistance et dans des ouvrages très répandus, il convient de l’examiner pour être en mesure de porter un juste jugement sur l’ensemble des “événements militaires dont la bataille de la Marne forme le couronnement.
. Toute la question se résume en un point qui la domine et d’où dépend la solution : si les Allemands n’avaient pas inscrit dans leur plan général le système de la « tenaille », s’ils n’eussent pas à la fois menacé l’est et l’ouest, si leur effort eût porté exclusivement sur la Belgique et sur Paris, la critique portée contre le