‹ La bataille de Navarin (1827) d'après les documents inédits des archives impériales RussesChapitre 13 sur 75 · DEVANT NAVARIN · texte numérisé non relu

DEVANT NAVARIN

Sans attendre la conclusion du protocole de Londres, le cabinet de Pétersbourg :

envoya le 4° juin au comte Heyden de nouvelles instructions sensiblement -différentes des anciennes qui lui imposaient une absolue neutralité. Comme on le sait déjà, le comte Capo d'Istria avait été nommé par le choix unanime de ses compatriotes président du gouvernement provisoire gfec. À l'exemple de la Russie, les autres puissances approuvèrent cette no-

mination. À l'exemple encore de la Russie,

elles résolurent d'entrer en relations directes avec le président. Comme il était dit dans le rescrit impérial adressé à Heyden, le comte Capo d'Istria reçut « des instructions particulières concernant les secours »

qu'on devait « immédiatement fournir aux Grecs ». En outre, le brick de guerre russe, l’Achille alla se mettre à la disposition du président de la Grèce.

Mais cette modification considérable dans le caractère des instructions données à Heyden ne se borna point à des mesures politiques et à des secours pécuniaires.

Son importance s’accusa mieux encore dans les mesures d'ordre purement militaire prescrites au commandant de l’escadre. La conférence de Londres, comme on sait, avait décidé d'offrir aux belligérants la médiation des trois puissances, afin d'arriver à une pacification, sur les bases admises déjà par la conférence de Pétersbourg. La conclusion immédiate

d’un armistice devait précéder les prélimi-naires de paix. Pour convaincre les Grecs de la nécessité d'accepter la médiation, on adressa de Pétersbourg des communications particulières au président de la Grèce. Le ministre des affaires étrangères envoya en mission à l’escadre de Heyden le conseiller d'État Catakazy qui parlait la langue grecque, et connaissait bien les affaires de ses compatriotes. Au cas où ceux-ci refuseraient d'accepter la proposition des puissances les escadres alliées devaient simplement « surveiller l’observation de l’armistice sans toutefois prendre part aux opérations militaires des belligérants ». Quant à la Porte, si elle repoussait la médiation offerte ou ne l’acceptait pas dans le délai d’un mois (délai réduit plus tard à quinze jours), les puissances contractantes devaient « traiter les Grecs en amis, sans toutefois prendre part aux opéralions militaires », quoique pourtant

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