Le pastiche que nous avons déjà mentionné l'ap
Le contre-amiral comte Loguine Petrovitch Heyden, commandant de. l’escadre russe, ne le cédait en rien à Codrington (1). Ses éclatants services dans l’Archipel lui ont acquis des droits imptescriptibles à la reconnaissance de la Russie. On trouvera dans notre Appendice des extraits d’un livre publié après la mort de Codrington par ses filles et des lettres ‘encore inédites des trois amiraux alliés ; ces documents attestent T'étroite amitié qui s'était établie entre les défenseurs de la nafionalité hellénique renaissante (2).
pelle avec raison « un homme d'action et de conseil ». Le même récit ajoute qu’ « il se faisait aussi remarquer par son affabilité et était suffisamment pourvy de tout ce qui distingue un bon chevalier, » Voir l'Appendice.
4. « Il était doux de cœur, gai et agréable d'esprit, affable et ouvert, » dit de lui le pastiche des anciennef chroniques.
2. « L'union de ces trois armées et de ces trois amirâux faisait penser au signe héraldique de l'érdre du Bain dont la devise est fria juncta in uno, » Ainsi
s'exprime au sujet de cette amitié le pastiche cité plus haût.
D’autrés lettres (de Capo d'Istria, de Dandolo, de Pozzo di Borg, etc.), également insérées à la fin de ce volume, prouvent le profond respect et parfois même le dévouement enthousiaste que le commandant de l’escadre russe savait inspirer à tous les personnages à qui il avait affaire, . malgré leur différence de earactère et de
nationalité. °
Dans sieurs cas pourtant, . . comme par exemple dans l épisode avec le comte
Dandolo, commandant de l’escadre autrichienne, les froissemen
rès sérieux. qui s'étaient produits entre lui etes hommes devaiènt mettre du froid dans lèurs rela-' tions réciproques. La France, plus intéressée que les deux autres puissances à ne pas. anéantir dans la Méditerranée les Forces navales de la Turquie, seul contrepoids aux flottes de l'Angleterre en Orient, avait remis son eseadre à .un officier jeune, ambitieux et renommé, d’une nature
parfois trop fougueuse et d'un caractère tranchant, mais patriote ardent, marin distingué, heureux de l’occasion si rare d’illustrer son pavillon et son nom dans une cause où l’on pardonnait d'avance tout à son courage. |
Au début les rapports du vice-amiral de Rigny et du comte Heyden n'eurent pas le caractère de cordialité, mais tout ne tarda pas à s'arranger. En quelques occasions pourtant et pour des raisons personelles le commandant de l'escadre française parut ignorer — au début — le programme politique du cabinet de Paris.
Mais le malentendu cessa vite. Et ces deux hommes, Rigny et Heyden, s’estimèrent et s’aimèrent bientôt.
On comprend que dès la première rencontre de Heyden avec de Rigny le premier ait dû être choqué du ton et des idées du second.