‹ La bataille de Navarin (1827) d'après les documents inédits des archives impériales RussesChapitre 40 sur 75 · DU MARQUIS DE TRAVERSEY · texte numérisé non relu

DU MARQUIS DE TRAVERSEY

Solo Romanchichino, 30 décembre 1827.

L'ingratitude, cher comte, est rarement ‘compatible avec la valeur et le talent. En conséquence, elle n’a jamais pu être votre partage; j'espère que ni moi ni mon fils ne nous montrerons ingrats envers vous. Il doit tout à votre amitié, il ne l’oubliera jamais,

pas plus que son père. Je vous félicite de vos succès, je félicite aussi notre flotte de vous être confiée, avant même le grand événement dont la principale part de gloire vous appartient. J’ai dit et répété à qui voulait m'entendre que notre flotte ne pouvait se trouver en de meilleures mains. Votre nom, votre gloire passeront à la postérité. Il est beau d’avoir, pour les transmettre à ses héritiers, des services comme les vôtres...

J'ai vu votre officier d'ordonnance. Ses récits, les détails qu’il m'a donnés au sujet de votre victoire ont presque seuls occupé les quelques heures de notre entrevue. Après cela, je n'ai plus pu m'intéresser à rien. Je lui porte envie. Il va de nouveau avoir le bonheur de servir sous son valeureux chef et bienfaiteur… ”

DE LA BRETONNIÈRE (Extrait)

A bord du Breslau, en rade de Toulon, 25 décembre 1821.

Mes officiers, comblés par vous de tant d’amabilités, me chargent de vous transmettre leurs très humbles respects. Quant au

commandant même du Æreslau, il n’oubliera jamais, Monsieur l'amiral, la noblesse de vos procédés à son égard. Ma blessure est en bonne voie de guérison, et j’espère dans un mois marcher librement.

+ 80 janvier 1828...

° L 4 Veuillez, Monsieur l'amiral, agréer l’ex-

pression de toute ma reconnaissance pour le tendre intérêt que vous m'avez témoigné et permettez que je vous demande pour moi une petite place dans votre bon souvenir. Mes officiers, aussi reconnaissants que leur commandant, vous présentent leurs respects. Plus heureux que moi (De la Bretonnière avait quitté son vaisseau par suite d’une blessure), ils auront encore le bonheur de vous voir, et s’efforceront de mériter aussi dans l’avenir votre approbation.

30 août 1828.

Jevous apprends avec tristesse, Monsieur l'amiral, que d’après l’avis des médecins, ma blessure ne me permet pas de reprendre immédiatement la mer et que les eaux sont

nécessaires pour ma complète guérison. Je défère à cet avis parce qu'avant tout il faut recouvrer la santé. Mais c’est pour moi un grand chagrin de quitter le Breslau ; un chagrin d'autant plus vif que je brûlais du désir de me retrouver avec Votre Excellence sur un nouveau champ de bataille, et que je suis privé de cet honneur.

DU VICE-AMIRAL DE RIGNY

Smyrne, 28 janvier.

Cher Amiral,

Dandolo est arrivé tout à l'heure et m'a remis deux lettres de vous. Je vous en suis très reconnaissant.

Je crois qu’en passant par Malte, un de nos vaisseaux y débarquera une cuisine. Je suppose que vous en avez justement besoin là.

Avant de se rendre à Porros, je voudrais voir quel effet produira à Constantinople la déclaration du 16 novembre. Je n'attends que cela ; mon équipage est presque tout à fait remis ; quant à moi, je souffre toujours de

rhumatismes…

En général, on affirme ici que si Dandolo a pu arranger son affaire, c'est uniquement à votre médiation qu'il le doit. Il fallait bien -qu'une des innombrables médiations dont on s'occupe à présent finîl par réussir |

Quoique sous le rapport matériel Smyrne vaille mieux que Porros, je m'y ennuie mortellement, je l'avoue ;.Navarin m'est on ne peut plus insupportable, maintenant surtout qu'il faut’rembarquer tous les soldats. J'ai remis cette affaire à l'amiral Rosamel et à Leroy que je lui ai donné pour l'aider.

Le général Maison m'a fait savoir qu’il mettrait à la voile vers le 15 février. Adieu, cher Amiral et camarade pour toujours ; l'amiral Ricord n'est pas un camarade pour moi.

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