De Riguvy
la chair. Là est, si je ne me trompe, le mot de l'enigme : c’est ce qui explique pourquoi notre gouvernement a consenti à l'occupation de ls Morée par une armée française si considérable. Ribeaupierre a de la sorte un jeu difficile...
Plus loin, à propos du traité de Londres; sir E. Codrington écrit dans la même lettre :
« Une fois le traité de Londres conclu, à mon humble avis, le but des alliés devait être de forcer immédiatement le sultan à l'exécuter, quecelaluiplôtounon. Ayantsous la main pour gouverner la nation grecque un homme aussi capable que le comte Capo d'Istria, j'aurais déterminé quelle partie au juste de la Grèce devait être soumise à son gouvernement et je lui aurais largement fourni les moyens d'affermir son pouvoir sur la base indiquée par les puissances. Si cela avait été fait, la Grèce se serait développée sous le rapport commercial au lieu de rester simplement une nation belliqueuse et nous ne serions pas témoins de la guerre actuelle entre la Russie et la Porte, guerre qui éveïlle le mécontentement des uns,
la jalousie des autres, et dont personne ne peut prévoir le terme. Mais il est inutile de
s'étendre sur ce côté du sujet ; c’est toucher une corde trop délicate. Du reste, mes sentiments vous sont connus, je ne les cache jamais. Il est amusant de lire et d'entendre ce qu’on dit du blocus des Darnadelles après la promesse faite par la Russie de renoncer à ses droits de ‘ partie -belligérante, et puis de voir que l’An- .gleterre intervient « indirectement » dans l'envoi d’une armée française destinée à agir de vive force en Morée. Pôurtaat ils ne se considèrent pas comme « parties belligérantes » f C’est toujours ce qui arrive quand on quittele droitchemin pour‘ prendre des sentiers boueux ! : "En politique comme à la promenade, personne ne peut dire à l'avance s’il reviendra chez soi sans salir ses bottes... » *
DU COMTE CAPO D'ISTRIA
Paris, 12-24 novembre, 1828.
so. Nous avons mûürement examiné, M. de
Ribeaupierreet moi, s’il ne vaudrait pas mieux,
. dans les circonstances présentes, remettre à un
temps plus favorable les mesures relatives à
la croisière devant Prévéza. Après des allées ot
venues prolongées, le général Church semble avoir l'intention d'établir de nouveau son camp à Milika. De la sorte, l'apparition d'un navire de guerre en vue du golfe ou le long des côtes de la Thesprotie aurait pour seul effet de pousser les Turcs à se fortifier dans les positions dont nous devrions les déloger. D'un autre côté, l'étrange résolution prise par l'amiral de Rigny concernant Lépante ; la liberté de navigation qu’il s’est décidé à accorder dans la baie et la faculté laissée ainsi aux Turcs de renouveler leurs approvisionnements . de ce côté sont en contradiction avec le but même de la croisière projetée.
DU VICE-AMIRAL DE RIGNY
£ décembre 1828.
Cher Amiral... J'ai envoyé soixante-dix hommes à l'hôpital, et il me reste encore cent cinquante malades. Les légumes et le bœuf mettront fin à cela, je l'espère.
… Les ambassadeurs ont été un peu mécontents de moi, surtout le président, à cause de la communication que le général Maison et moi avons faite au pacha de Lépante. Ici on
ne sait comment agir pour plaire à tout le monde.
J'apprends qu’on arme les forts et les batterries de Malte. Qu'est-ce que cela pourrait signifier ?