‹ La bataille de Navarin (1827) d'après les documents inédits des archives impériales RussesChapitre 45 sur 75 · DU COMTE POZZO DI BORGO · texte numérisé non relu

DU COMTE POZZO DI BORGO

(Autographe.)

Paris, 2-14 décembre 1828 :

Altesse,

Ayant reçu l’ordre de communiquer immédiatement à Votre Altesse le résultat de mes démarches auprès du gouvernement français pour le décider à établir des dépôts de vivres et des arsenaux maritimes dans l’île dont vous avez résolu de faire la principale station de votre escadre, j'ai pris le parti de vous envoyer le présent courrier, comme le plus sûr moyen de remplir mes instructions.

Vous verrez, par une dépêche, quele ministre du roi n'a pas cru possible d'accéder à votre demande, parce que l'installation en question rendait tout ce service plus coûteux et moins actif qu'il ne l'est à Toulon où tout est déjà

approprié à ce but. Mais, tout en déclinant yotre proposition par suite de considérations admihistratives, le gouvernement français n’a pas hésité à déclarer que le choix d'un port quelconque destiné à servir de station à l’escadre impériale ainsi que l'établissement d’entrepôts dans ce port ne pouvaient ni léser les droits, ni froisser les susceptibilités de personne, et qu’il était prêt, en cas de besoin, à soutenir cette manière de voir.

A l’occasion, si vous désirez faire venir quelque chose de Toulon, je vous prie de m'en prévenir. Quoiqu'on ne m'ait pas promis d’accorder tout ce que vous voudrez avoir, — Je n'ai même pas été autorisé à présenter une demande semblable, — j'espère pourtant trouver moyen d'arranger cette affaire. 1] faudrait, en ce cas, s'occuper aussi des moyens de transport qu'il serait bon de prendre à notre charge. .

. L'expédition française en Morée a assuré l'évacuation de ce pays par les Turcs et aussi, | je l'espère, son indépendance. Les engagements réservés pris par les Anglais, ainsi que l'énergie déployée) par eux pour empêcher

la guerre de s'étendre à l’isthme, on localisé les hostilités dans ses limites. J'apprends avec sympathie que les Grecs se hà- .

tent de repeupler leur patrie. Ils ont besoin d'ordre et d’empire sur eux-mêmes, mais après six années d'insurrection et les égorgements qui ont rempli, sans discontinuer, toute cette période, il est dificile de s’habituer à l’un et à l'autre. C'est précisément cette conviction que j'ai qui m'a poussé à solliciter l'envoi d’une force armée en Morée pour obtenir la déhvrance de ce pays. C'est une affaire faite et déjà une partie du corps expéditionnaire est arrivée. Le reste dépend de circonstances au sujet desquelles il est inutile pour le moment de se lancer dans les conjectures.

En méritant l'approbation de Votre Altesse, M. Tolstoï n'a fait que justifier mon opinion sur son compte et aussi les conseils que je lui avais donnés avant son départ. L'intérêt que vous voulez bien lui témoigner accroît encore dans une large mesure celui que je lui portais déjà. Recevez, etc.

DU COMTE CAPO D'ISTRIA

Égine, 20 janvier — 4er février 1820.

Dans le temps même où j'adressais à Votre .

Excellence, par lettres officielles, la déclaration du gouvernement grec concernant la saisie par le contre-amiral Dandolodu brick de guerre du capitaine Nikodimo (le Cambrien), une frégate autrichiéane sur laquelle, d’après ce qu’on dit, se trouvait l’amiral en personne, a arrêté, dans le port d’Égine, sous les yeux mêmes du gouvernement, plusieurs petits vaisseaux chargés de vivres destinés à l’armée grecque. ..

J'ai sur les bras tant d’affaires désagréables que j'ai prié le comte Boulgari, de vous fournir tous les détails possibles sur ce fait scandaleux...

DE KATAKAZI (Extrait.) oo

Malte, 6-18 janvier 1829.

.. Les trois ambassadeurs n’ont fait qu'un court séjour à Malte. En ce moment ils sont

sans doute déjà arrivés à Naples. Le bruit court que M. Canning 6e repent: d’avoir signé les protocoles de Paris. Il ne peut pas dire pourtaat qu’on ne lui a pas laissé le temps de la réflexion. Du reste, libre à lui de se repentir, de se contredire lui-même, de pester, de faire .. desprédictions. La Providence çonduira tout selon.ses vues, et ses décrets s'accompliront - pàär des moyens qu'aucun de nous probable- . ment ne prévoit. Vous direz peut-être, Comte, que je parle comme un mystique. Mais com- . ment ne pas-recourir au Créateur quand ses "créatures ne font que se mystifier les unes les ‘autres ?

….. Il est facile, Comte, de ge représenter combien vous devez vous ennuyer à Paros et je vous envoie mes sincères souhaits, pour que cette campagne sqit la dernière que notre flotte effectue dans ces régions où il n’y a que des Igrmes à essuyer, des passions à contenir et des obstacles à surmonter.

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