‹ La bataille de Navarin (1827) d'après les documents inédits des archives impériales RussesChapitre 51 sur 75 · AU COMTE DE RIBEAUPIERRE · texte numérisé non relu

AU COMTE DE RIBEAUPIERRE

Bouyouk-Déré, 28 janvier-9 février.

Comme on ne sait pas si je suis déjà revenu à mon poste, personne ne m'écrit, mais j'ai vu une lettre privée dont l’auteur annonce comme une chose absolument sûre que, devancçant votre désir, cher Comte, l'Empereur vous ‘charge de ramener en personne votre belle escadre et de remettre à l’amiral Ricord le commandemant de celle qui restera ici. Je vous préviens de cette décision pour que vous puissiez prendre les mesures qu'elle comporte.

Le feld-maréchal m'a déclaré qu'il serait bon que le brick et la frégate mouillés ici altendissent les ordres de l'Empereur. En conséquence, je les retiens jusqu’à l’arrivée de ces ordres. °

Boutenieff n’a pas consenti à se démettre du commandement de son brick. Il dit que, comme la frégate restera ici, il n'aura pas sur quoi s’en aller. Je ne m’immisce pas là dedans, parce que ce n'est pas mon affaire. Dans le cas où vous quitteriez la Grèce en conséquence de la décision que je viens de communiquer à

Votre Altesse, je vous prierais d'inviter l’ami-

ral Ricord à conserver, pour les voyages du

brick, l’ordre convenu entre nous.

Recevez, etc.

DU VICE-AMIRAL DE RIGNY

Smyrne, + mars.

Cher Amiral,

J'apprends à l'instant une nouvelle bien affligeante pour moi : on m'écrit de Constantinople que votre cour vous a envoyé par l’intermédiaire de M. de Ribeaupierre l'ordre de revenir en Russie, et que Ricord restera ici. Je sais que vous-même désiriez cela. Mais je ne puis m'empêcher de regretter que ce désir ait été si vite satisfait! J'aurais beaucoup mieux aimé que nous finissions ensemble ce que nous avons commencé ensemble. J'espère pourtant que la nouvelle est fausse.

Rien de nouveauici. Reis-Effendi est changé, mais cela n'a pas une importance particulière. Gordon a recu une semonce de sa cour pour l'affaire de la Blondine (ce mot est souligné). Je ne sais rien de plus.

DU VICE-AMIRAL DE RIGNY

À bord du Conquérant, 31 juin 1830.

Cher Amiral,

Je n'aurais pas laissé le Président (1) s'en aller seul, si une saignée ne m'avait pas été ordonnée pour aujourd'hui.

Avant de me séparer de vous officiellement, permettez-moi de vous renouveler l'expression de mes regrets. Il aurait été très précieux pour moi que vous fussiez resté mon collègue jusqu’à l'achèvement de notre commune tâche.

Mais puisqu'il plaît à votre souverain d’en décider autrement, retournez dans votre patrie adoptive. J'espère que vous y trouverez l’accueil correspondant à vos services. Mes souhaits vous yaccompagneront, cher æmiral, et je me flatte de l'espoir que vous conserverez aussi là-bas quelque souvenir de votre sincèrement dévoué, etc.

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