‹ La bataille de Navarin (1827) d'après les documents inédits des archives impériales RussesChapitre 63 sur 75 · LA BVTAILLE DE NAVARIN · texte numérisé non relu

LA BVTAILLE DE NAVARIN

son bord quarante mille thalers et les a remis là à une goelette de guerre autrichienne qui les a portés à Ibrahim. Vous voyez que messieurs les Autrichiens continuent à faire des” leurs. — Je vais écrire à Dandolo. Heyden m'a dit qu’il s’opposerait par la force à l'entrée des vaisseaux de guerre autrichiens à Modon. Je n'ai pas d'instructions à cet égard. Par conséquent je n'ai rien pu ordonner aux capitaines du Zrident et de l’Iphigénie. Il me semble que la présence des Russes a empêché lés Albanais de Coron d'accomplir leur dessein primitf, ce qui est assez naturel. C’est ‘ainsi que parfois peuvent surgir des malentendus qui éveillent une certaine défiarice.

EXTRAIT D’UNE LETTRE DICTÉE PAR L. CODRINGTON A SA FILLE, EN OCTOBRE 1838, AU SUJET DÉS ÉVÉNEMENTS QUI ONT PRÉCÉDÉ LA JOURNÉE DE NAVARIN |

Lorsque j’eus quitté Zante, après l'affaire dé Patras, la flotte russe fit sa jonction avec moi. Le comte Heyden vint aussitôt me voir à bord de l’Asia. amenant avec lui le diplomate russe

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Katakazi. Je reconnus immédiatement dans le comte un homme droit et ouvert; cette circonstance me poussa à lui communiquer franchement la tâche que nous allions avoir à remplir. Il parle très bien l’anglais, en recourant à la langue française, lorsqu'il y trouve un mot qui rend plus exactement sa pensée. Je lui demandai si je pouvais témoigner à son compagnon (Katakazi) la confiance que j'étais disposé à lui manifester à lui-même. Sur la réponse affirmative qu’il me fit, l'entretien suivit son cours. J’insiste sur ce détail par ce que dans la suite, lorsque je fus plus lié avec le comte, je lui exprimai mon étonnement de ce que lui, marin, il s'était fait accompagner d'un diplomate pour venir çonférer avec un collègue, marin comme lui. Il répondit que son compagnon, envoyé officiellement avec lui pour adresser un rapport à l'empereur, ne se sentait pas lui-même dans son assiette au milieu des marins et avait dit auparavant au comte : « Que peut-on faire avec ces marins anglais ? » ” A quoi lecomte, avait répondu que, dans ga convietion il trouverait en moi un homme franc et ouvert. Et, pour prouver à M. Katakazi la justesse de cette opinion, il avait saisi la pre-

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