Le fils aîné de Cordindgton, Wilhem
me fut-il demandé ensüite. Cette question m'apprit à qui appartenait la main quiavait si cordialement serré la: mienne et celle de Will. Mais espérant que mon erreur n'avait pas été remarquée, je ne me troublai point et me mis immédiatement à dire : « Votre Majesté », je pris seulement une attitude plus respectueuse.
L'Empereur causa d’une manière très aimable avec nous pendant vingt minutes.
Puis il nous dit : « Attendez un moment, je désire vous présenter ma vieillefemme. » Et il sortit de la chambre. L'impératrice se montra immédiatement, déjà habillée pour le dîner.
Elle avait une belle parure de grosses aigues-
marineset demagnifiques diamants. Son abord fut très affable, mais la timidité s’y faisait sentir. |
Quant aux amabilités dont elle me comBla.
je ne me résous pas à les répéter. Je vous dirai
seulement : représentez-vous tout ce que vous
m'auriez dit vous-même si vous aviez été à sa place. Ensuite ils sortirent. Quelqu'un vint nous chercher et nous conduisit dans une vaste rotonde où je fus présenté aux grands-ducs,
aux grandes-duchesses, et ainsi de suite. De .
LA “BALAILLE DE NAVARIN 329 nouveau on m'’accabla d’amabilités: « Ils sont enchantés de vous voir. » « Ils espèrent que vous resterez. » « Quel plaisir votre venue a causé à l’empereur et à l’impératrice! etc. » — il y avait de quoi être fier.
Bientôt leurs Majestés entrèrent dans le salon et, en causant fort gentiment avec nous, se dirigèrent vers la salle à manger où elles prirent place à côté l’une de l’autre. Leurs parents s’aséirent près d'elles. Moi, on me fit asseoir en face, entre deux personnes qui avaient de grandes perruques.
Will se trouva un peu plus loin, à droite, près du majestueux cicérone qui était avec nous sur le steamer, le général Frédéricks. A table, Leurs Majestés m'adressèrent très souvent la parole. C’est probablement pour cela qu'elles m'avaient fait asseoir en fâce d'elles. Elles étaient si aimables et si bonnes que je me sentais comme chez moi. L'Empereur parle un peu l'anglais, l’Impératrice aussi. Mais je crois qu’elle comprend mieux cette langue qu'elle ne la parle. Je suivais le système de Heyden. J'employais dans la conversation tantôt un mot anglais, tantôt un mot français, quand
celui-ci me paraissait plus commode et, sans trop de difficulté, comme dit Ponsonby, je les mettais à la raison l'un et l’autre.
Quant au dîner, il fut ce que sont ordinairement les diners de ce genre : service somptueux, mets exquis, musique bruyante.
Nous n’étions pas moins de soixante-dix ou quatre-vingts convives. On ne resta pas longtemps à table, ensuite on passa au salon où la soc lété se fractionna en petits groupes. Nous fûmes prévenus qu’à huit heures commenceraient les danses. Je fus fort heureux de me débarrasser de mon harnais et en particulier de ma lourde épée. Avant le diner nous nous étions un peu promenés avec le prince de Liéven. Après le dîner nous fimes une longue promenade en bourgeoïs avec notre ami Frédéricks. Avant de nous habiller pour le bal, * nous primes le thé dans nos chambres. Leurs Majestésétaient très simples dans leurs façons et s’efforcaient évidemment de mettre tout le monde à l’aise. L'Impératrice dansa, je crois, toutes les danses ; elle semble aimer beaucoup ce plaisir. Elle me parla souvent. L'Empereur s’adressa aussi à moi fréquemment de la ma-