‹ La bataille de Navarin (1827) d'après les documents inédits des archives impériales RussesChapitre 72 sur 75 · NT · texte numérisé non relu

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montrer avec des explicalions très aimables tous les travaux, la ville, « mes vieux amis », comme il les appelait: l’Azof l'Ézéchiel, l'Alexandre Newsky, le Gangout, etc. Après cela nous revinmes au yacht et nous fimesun excellent dîner. L'Empereur descendit le premier et nous appela bientôt; je le trouvai à table — encore à gauche, et il me fit asseoir à la place d'honneur, à droite ; deux regards furent échangés entre nous : le mien refusait, le sien exigeait. Bref, je dus m'exécuter. A la fin du diner, nous arrivionsà Péterhoff. Après m’avoirtendu la mainet avoir salué les auires, l'Empereur quitta le yacht et prit le chemin de Tzarskoé-Selo, accompagné de son aide-decamp, le jeune prince Souvaroff. Nous retournâmes chez nous. Liéven et moi dormîmes pendant toute la route. Vous pouvez juger de l'accueil que m'a fait l'Empereur. Il n’est pas étonnant que je rencontre le même danstoutes les classes de la société.

CODRINGTON À SA FEMME

18 octobre 1830.

J'ai été hier à Tzarskoé pour prendre congé de l’Impératrice ; demain matin j'irai à Cronstadt d'où nous partirons pour Lubeck dans la nuit ou le 44 àla première heure. L'Empereur voulait nous donner une fête à Tzarskoé, mais ayant reçu de mauvaises nouvelles de Moscou où le choléra s’est déclaré, il s'est immédiate- . ment rendu dans cette ville afin de rassurer les habitants. Il ne se ménage pas, mais pour sa famille il subira avant son retour une quarantaine de vingt et un jours. C’estune grande action! L'Empereur est heureux dans sa fa-.

mille, et se séparer d'elle est pour lui une grande privation. S'il existe-sur la terre un ‘ mortel digne d'exercer. un” pouvoir sans limites, c’est l'empereur Nicolas... Et Dieu le seconde dans sa vie vertueuse, L’Impératrice souffre visiblement de cette séparation ! elle est inquiète. | |

Elle m'a reçu dans sa chambre, entourée de ses enfants ; avec elle se trouvait aussi une charmante demoiselle d'honneur, la jeune

princesse Ourousoff. Sa Majesté a aussitôt.

attiré mon attention sur mon portrait pendu au mur de sa chambre et elle a exprimé ses regrets de mon départ.

Hambourg, 1e novembre 1830.

Nous avons quitté Pétersbourg le jour même de l'anniversaire de la bataille de Navarin. Je craignais de ne pas voir notre ami Heyden. Par

bonheur le sorten a décidé autrement. Heyden

est arrivé à Cronstadt dans la soirée du 18 et

le prince Mentchikoff, qui occupe une situation

analogue à celle du premierlord de l’amirauté chez nous, est allé à sa rencontre le 19. Le 20 il a obtenu l'autorisation de se rendre à Pétersbourg et Mentchikoff & mis à sa disposition le yacht impérial. Je lui ai fait savoir où je me trouvais. Il a envoyé une chaloupe pour me prendre à bord du vapeur pétersbourgeois et m'amener à son vaisseau amiral. N’est-il pas étrange en vérité que je quitte Pétersbourg et qu’Heyden y arrive — le jour anniversaire de Navarin ?.. Heyden m'a offert un diner, je me suis retrouvé avec tous les officiers de Navarin.. Nous avons bu à la santé de l’Empe-

reur, à la santé destroisamiraux de Navarin… Chaque toast était accompagné d'un salut.

Sans coups de canon, nous avons porté « votre santé et celle de toute votre famille ».

Quand “je quittai le Wladimir pour passer sur le sloop amiral de Heyden, je fus salué de -45 coups de canon. Ensuite je partis à bord de mon steamer et lui alla à Pétersbourg retrouver sa comtesse qu'il n'avait pas vue depuis trois ans et quatre mois. Notre entrevue a été fort amicale, mais très courte; tous deux nous étions pressés; mais tous deux nous sentions. que jamais de la vie nous ne nous oublierions. l’un l’autre. Heyden a beaucoup travaillé, il a passé beaucoup de journées pénibles ; malgré cela, il a l’air très gaillard. Il saura par ses amis Greigh et Kruzenstiern que j'ai dit à l'Empereur tout le bien que je pense de lui. Je serai heureux qu’on l’accueille et qu'on l’apprécie selon son mérite.

‘ CODRINGTON A SA FEMME

(EFxtrait.) .

26 juillet 1898.

Katakazi nous a raconté de l’empereur Niïicolas un trait de caractère qui jusqu’à présent ne s'était rencontré chez aucun souverain russe. Une peuplade cosaque (les VNékrasovtzi), persécutée autrefois pour cause de religion, passa sous la domination turque. Un des cosaques (l’hetman) reçut de la Porte d’abord le titre d’aga et plus tard celui de pacha à deux queues.

Quand l'Empereur s’estapproché du Danube, les Cosaques ont manifesté le désir de redevenir sujets russes. Pour leur montrer sa confiance, l'Empereur a passé le Danube dans un canot appartenant au pacha des Cosaques et conduit par ce dernier en personne.

LETTRES DU COMTE PANINE A HEYDEN | (Extrait.)

Napoli de Romanie, 11 juin 1829.

Comte,

__ Vous verrez par la dépêche du général

Pozzo di Borgo que les explications ultérieures n'ont nullement affaibli l'impression produite par la saisie des vaissseaux égyptiens. A l'avenir, il sera facile d'éviter de nouvelles complications en restant fidèle à la ligne de conduite que vous vous êtes tracée. Du reste, si fâcheuses que soient par elles-mêmes les contestations qui surgissent, elles ne diminuent pas le droit de la flotte impériale et l’obligation qui lui incombe — d'empêcher les forces navales venant d'Alexandrie de pénétrer dans les Dardanelles ou sur tout autre point d'où elles pourraient faire parvenir à Constantinople des troupes ou des provisions. |

Quand vous vous serez dirigé, après votre croisière, vers les Dardanelles, vous y recevrez peut-être, Comte, la confirmation des bonnes

nouvelles répandues ici au sujet d’une double défaite des Turcs, sur terre et sur mer. En tout cas, il est très probable que bientôt nous recevrons de Constantinople -d'importantes communications . . .

- Le président (Capo d’Istria) est sincèrement touché des procédés bienveillants de Votre . Excellence et je m’estime heureux de pouvoir servir d'intermédiaire aux bons offices de l'un et à la cordiale reconnaissance de l'autre.

Recevez, etc.

(E'xtrait.)

Égine, 8-20 octobre 1829.

Comte, je m'empresse de profiter de l’occasion qui se présente pour exprimer à Votre Excellence combien je vous suis reconnaissant de communiquer toutes les nouvelles d’une * façon sisuivie, si ponctuelle et si piquante. J'ai toujoursregretté de n’avoir pu vous témoigner plus tôt ma gratitude, car les renseignements transmis par vous m'ont beaucoup facilité l’'accomplissement de mes devoirs vis-à-vis du président. . . . . . . . . . .

On a reçu l'autorisation de remettre cinq cent mille francs au président. En général le ministère Polignac paraît fort bien disposé : pour lui.

Recevez, etc.

(£'xtrait.)

Napoli de Romanie, 22 février 1830.

Deux mots à la hâte. Nous sommes très contents du retard que subissent les dépêches de Pétersbourg et qui nous procure probablement le bonheur de vous conserver. Je parle ainsi au nom du président, de Rona, de tous les hommes comme il faut de ce pays, des marins des deux escadres, et en mon nom aussi, si vous me permettez de me joindre à eux. . . . | Recevez, etc.

(£'xtrait.)

Napoli de Remanie, 26 février 1830.

Comte, . . . . + Nous avons reçu une volumineuse liasse de | papiers, mais ils expliquent le passé plutôt

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qu’ils ne révèlent l’avenir. Le choix du prince Léopold est probable, mais il n’est pas encore définitivement arrété. + Le président vous remercie de vos soins pour son steamer. En général il est de bonne humeur et attend avec calme les résolutions futures des cours alliées.

Recevez, etc.

(£xtrait.) Nauplie, 4 mai 1830.

Tout est tranquille, nous n’avons encore aucune nouvelle officielle quant au choix du futur monarque de ce pays. . . . .

Recevez, etc.

(Æ'ztrait.) Napoli de Romanie, 21 mars 1833.

Comte, comme il ne vous plaît pas que nous fassions tous nos efforts pour vous conserver ici, le président se bornera à témoigner de vos mérites devant l'Empereur pour appeler sur vous son auguste bienveillance. Pour ce

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