LA WATAILLE DE NAVARIN
qui est de moi, je n’ai pas beaucoupd'influence, mais je puis vous offrir mon dévoûüment très sincère.
Je suppose pourtant que vous ne vous éloignerez pas avant d'avoir achevé la tâche que la conférence vous a imposée et dans l’accomplissement de laquelle vous trouverez l'occasion de justifier la faveur de Sa Majesté Im-
périale. .
Si vous me permettez de vous donner un conseil, — en vous concertant avec vos col-
lègues, ne prenez pas sur vous d'aller seul à Candie ou sur la côte d’Acarnanie. Il vaut mieux vous charger de Samos. Ricord pourra aller en Acarnanie avec Malcolm. En tout cas, il faut insister pour que chaque flottille soit composée de vaisseaux des trois nations. Indépendamment de l’Acarnanie, de la Crète et de Samos, il faudra probablement un détachement pour Péopélo et Skiato. En dehors de la condition qui yient d’être indiquée, la prudence exige que vous laissiez sous ce rapport l'initiative à vos collègues. | Votre ordre à Épantchine m'a étonné, Comte, et attristé. J'étais présent quand vous avez assuré au président qu'il pouvait utiliser
pour les travaux publics l'équipage del'Alexandre Newsky. La cessation de ces travaux produirait à présent une impression très mauvaise. Pourtant je ne pense pas qu’on puisse ensuite employer les hommes à faire la route d’'Argos. À mon avis, Votre Excellence doit autoriser les premiers travaux et interdire les suivants, en proposant toutefois aux capitaines d'aider dans l'avenir à tout ce qui peut être entrepris à Nauplie même. |
Recevez, etc.
(£'rtrail.)
Égine, 29 août-10 septembre 1830.
Comte, . . .. . . . . . .
Depuis votre départ, le gouvernement a changé en France, et qui peut prévoir main- ‘ tenant quelle tournure prendront les événements de Paris vis-à-vis de la la Grèce? Je vois et j'entends d'ici, comment vous avez accueilli ces nouvelles. Personnellement peut-être ne me sera-t-il pas donné de voir le dénouement, parce qu'it faut du temps pour effacer les
. traces d’une pareille tempête. La terre ferme commence à s’agiter comme votre élément. Il faut dans de tels ouragans des pilotes expérimentés et il ne s’agit pas de bdiller au quart. Mais la France heureusement aime la Grèce.
…. De Rigny est souvent venu me voir, mais il est fort préoccupé : il nourrit de la jalousie à l'endroit de Duperré et attend avec anxiété les nouvelles deson pays. Pour comble, il est devenu passionnément amoureux de la princesse Karadja et il a passé des journées entières chez elle, en faisant précéder sa visite d’un envoi de perdreaux et de champagne.
Vous pouvez vous imaginer le bruit que cela a fait! On a attribué à cet amour un caractère politique et toutes sortes de cancans ont été mis en circulation. X (nom illisible) qui faisait la cour à K.... peu auparavarit, a mis le gouvernail à gauche : néanmoins on l'a remplacé. (illisible), et il est allé avec l’Armide chercher des consolations chez les beautés de Smyrne. Pour que le gâchis soit complet, Trézel a vu sa femme lui tomber du ciel.
Il la force à prendre des leçons d'équitation. Ricord se tient à l’écart de toutes ces folies.
Tchistiakoff est bête comme à l'ordinaire,
sa frégate ne lui fait pas honneur. Girard a discipliné et exercé deux cents palikares qu'il a revêtus d’un bél uniforme ; lui-même s’est costumé en comédien. Maison, l’a Fo orné de superbes cornes. :
Le président est bien portant et gai, mais, naturellement, les conséquences des événements de Paris l’inquiètént fort.
Adieu, Comte, tout le monde vous regrette, etc.