‹ La bataille de Navarin (1827) d'après les documents inédits des archives impériales RussesChapitre 9 sur 75 · Memoir of the life of admiral sir E. Codrington · texte numérisé non relu

Memoir of the life of admiral sir E. Codrington

quait, à n'en pas douter, que l'Angleterre était prête à faire toutes sortes de concessions au caractère résolu du jeune empereur. Du reste le brusque revirement de la politique anglaise à l'égard de la Russie fournit bientôt la preuve de ces dispositions conciliantes. Canning savait ce qu'il voulait et ce qu'il était décidé à éviter.

Sentant que l'Empereur de toutes les Russies avait la ferme intention de protéger efficacement les Hellènes contre le retour de leurs calamités, et d’un autre côté ne jugeant pas utile pour l'Angleterre de s’opposer par la force des armes aux projets russes, il eut recours à un moyen héroïque pour empêcher la Russie de prendre en main les destinées de l'Orient et d’évincer des affaires orientales l'influence anglaise. « Quand enfin, continue l’amiral Codrington, Canning eut adopté l’audacieuse politique qui consistait pour les autres puissances & donner la main à la Russie et à

la suivre pour ne pas la laisser aller seule, il ne resta plus qu’à briser la résistance parla rapidité des opérations. Un des plus brillants diplomates de ce temps disait, que le meilleur moyen d’enfermer la Russie dans les limites de la convention, c'était de maintenir l'entente cordiale entre elle et l'Angleterre. (1) »

Ce sont là les paroles d'un politique profond. Mais on y voit éclater à chaque mot avec évidence l’astucieuse et fourbe politique dont l'Angleterre a fait sa ligne de conduite ordinaire.

On ne saurait dire pourtant si Canning, politicien à courte vue, a prévu ce qui devait sortir de son habile projet. Les événements qui suivirent donnent lieu d’en douter. En tout cas, le duc de Wellington ne songeail pas encore à l'éventualité d’un conflit militaire entre l'Angleterre et la Turquie. La convention conclue à Péters-

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