Id. Vil, 89, et VIII
(le larchilectuie navale en Egyple, à travers les âges antiques. Tahoul-mès III l'ut le premier des sonverains égyptiens qui se créa une flotte considérable dans la Méditerranée, sur laquelle il acquérait en peu d'années une supériorité absolue. Cette flotte était sans doute montée par des marins phéniciens, tandis que les guerriers étaient égyptiens. En même temps, Tahout-mès entretenait sur la mer Rouge une flotte dont la station était Adulis. Après lui, la marine fut négligée jusqu'à Hà-mes-sou III. Celui-ci rebâtit la flotte, qui, création toujours artificielle en Egypte, était prompte à dépérir, dès qu'une volonté ferme et persistante cessait de pourvoir à ses besoins. Il dut combattre une confédération des « Pélcstes du milieu de la mer », c'est-à-dire des Pélasges de la mer Egée. Le combat naval eut lieu aux embouchures du Nil et il est représenté sur le bas-relief gigantesque de Médinet-Abou. Les navires égyptiens manœuvrent à la voile et à l'aviron '. Il paraît que l'architecture navale avait accompli des progrès considérables depuis quelques siècles, très probablement sous l'impulsion des Phéniciens. Les lignes générales de la coque demeuraient identiques, mais les façons de l'avant et de l'arrière étaient plus fines. Une bonne moitié de l'équipage, el c'est un fait à retenir, consistait en prisonniera Libyens, marqués au fer rouge ainsi que des bestiaux, afin dempèclier la désertion ^ et le reste venait peut-être de la côte syrienne ou asiatique, aussi bien que de l'Egypte. liien des siècles après, nous trouvons encore l'Egypte forte en navires de guerre. C'était en 57 i et 573, un siècle environ avant la bataille de Salamine ; Apriès, pharaon, parvint à former avec les nombreux mercenaires,. Ioniens et Cariens, à son service, une flotte telle que l'Egypte
1. Description de l'Egypte, vol. II, pi. 10. Th'ebes, conihat naval sculpté sur la face extérieure du palais, exposée au nord. Chaïupoliion, Monuments de l'Egypte et de la Nubie, pi. CC.X.XII. Nosellini, Monumenli Slonci, pi. C.XXV-CXXXI. p. 469. La bataille entre la flotte égyptienne et les navires des « peuples de la mer ». Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique. II, p. 4")3 et s.
2. Le grand Papyrus Marris, pi, 77, I, 5-6. Cf. Chsbas, Recherches pour servir â r histoire de la AV.Y" dynastie, p. 52-36. Pour la marque au fer rouge, Bragsch, Abu, dans la Zeitschrift, 1876. p. 35-38.
n'en avait jamais possédé depuis Talioul-mès III. La flotlc des villes phéniciennes jointe à celle des pelils royaumes de l'île de Chypre, alliés de Nabuchodonosor II, vint au-devant de la tlûlte d'A pries. Une grande bataille fut livrée dans les eaux de Chypre, et la victoire y resta aux vaisseaux ioniens et cariens du roi d'Egypte'.
De celte époque, il n'y a pas de doute que la marine de gueire égyptienne est formée à l'instar des marines phéniciennes et grecques, elle recrute des matelots un peu partout, et des rameurs chez elle et en Libye, en embarquant comme épibales une élite de ses soldats. Hérodote nous renseigne sur ces épibates de la flotte d'Egypte, qui portaient des casques tressés, des pavois bombés et à grande bordure, des javelots de combat naval et des haclies. Pour la plupart cuirassés, ils portaient de grands couteaux -, sorte de kris malais ou de coutelas des régiments indiens de Gourkas ; c'était une arme nationale. Ces u.aya'.GO'^ôpo». une fois la flotte égyptienne en rade de Phalère, Xerxès les fit débarquer et les adjoignit à son armée de terre, ce qui affaiblit singulièrement les équipages égyptiens, car ces soldats, au dire d'Hérodote, étaient, parmi le contingent égyptien, les seuls qui eussent de la valeur guerrière \ Ainsi, les navires égyptiens restent sans épibates indigènes, ils n'auront plus que des garnisons perses.
Phéniciens et Egyptiens constituaient le gros de l'armée navale, mais il y avait d'autres contingents encore qui prirent part à la campagne, et dont nous avons signalé plus haut " le nombre de navires. Hérodote supposant toujours son lecteur très au courant des choses grecques, se contente, chaque fois
1. Les fouilles récontes île M. i.mlwig BorcharcJl dans la pyramide de Sahouri nous donnent une idée assez complète de ce qu'était la puissance maritime des Egj'ptiens cinq siècles avant l'ère chrétienne. Les bas-reliefs découverts représentent toute une expédition sur mer avec des détails intéressants.