Hérodote, VII
4. E. Cavaignac, Hialoire de l'AnUyuHé, 11, i». 3 : « Xerxès est déjà un type de décadence. Hérodote a pris un malin plaisir à nous raconter les aventures galantes qui l'absorbent au lendemain des journées de Salamine et de Platées » (Hérod., IX, lOS-113}. 11 nous semble qu'Hérodote raconte tout simplement, sans
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dans les « Perses )>, drame des sublimes émotions patriotiques, aussi un peu satire et pamphlet dans ses scènes finales, égayant le public du théâtre de Hacchus au spectacle du grand ennemi vaincu, bafoué de la sorte. On ne prendra pas, sans doute, à la lettre Eschyle représentant Xerxès déchirant sa pourpre, débitant des complaintes, se frappant la poitrine comme une vieille pleureuse. Déjà son physique excluait l'idée de la décadence. Parmi cette innombrable armée, on ne pouvait pas voir, au témoignage des Grecs, un homme plus beau et plus grand que lui, et nous savons si les Grecs en pareille matière étaient bons juges. 11 était taillé dans un roc pareil à celui dont fut plus tard le maréchal de Saxe, et la vue de sa mâle beauté transportait les troupes d'enthousiasme '. Il était dans foute la vigueur de son âge. Quatrième fils de Darius qui, avant de monter sur le trône, en avait eu trois déjà de la fille de Gobrye, lui ^ Xerxès, était né d'Atossa, fille de Cyrus, après l'avènement de son père ^. Or, comme celui-ci régna trente-six ans \ et que Xerxès était né dans les premiers temps de son règne % il devait approcher de sa trente-cinquième année quand il devint roi, et être âgé de quarante à quarante-deux ans au moment de la bataille de Salamine; car sept ans s'étaient écoulés entre son avènement et la seconde guerre médiquo \ Eschyle fait dire à Darius : « Xerxès, mon fils, étant jeune, pense en jeune homme » '. Quant à ses facultés mentales, il paraît très équilibré, il estime les bons conseillers, et il apprécie leur franchise. Il a beaucoup des qualités des grands manieurs de
aucune arrière-pensée, les aventures, non seulement galantes, mais tragiques, clans lesquelles a sombré le bonheur de la famille de Xerxès aussitôt aiirès la débâcle de sa politique et de ses armées.
1. Hérodote, Vil, 187 : « De tant de myriades iriionimes, aucun par sa beauté et la hauteur de sa faille ne méritait mieux que Xerxès de posséder cette puissance ».