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7. Eschyle. Pers., v. 78:2 : léo-r,; o"iij.o; -ttï;; wv vio; -ioovsî vja.
masses. Prévoyant et bon stratégiste, il a entrepris cette longue et double marche sur terre et sur mer, qui est digne d'être comparée aux plus grands projets stratégiques connus dans l'histoire. Il a fait preuve d'un sang froid admirable après la défaite inattendue de Salamine. Il sait dissimuler cl couvrir sa retraite.
Son entreprise ne fut pas folle; l'histoire en compte de beaucoup plus téméraires, qu'un plein succès ne laissa pas de couronner. Et peu s'en fallut qu'il ne réussît. S'il en eût été ainsi, on l'aurait porté aux nues. De môme Antoine, soldat merveilleux, s'il eût eu pour lui la journée d'Actium, aurait, lui aussi, passé pour grand homme. Il n'obtint pas le succès, et on lui jette encore la pierre parce qu'il a aimé Cléopâtre. Les intrigues amoureuses de Xerxès n'étaient pas différentes de celles où ont sombré des hommes d'une supériorité incontestable, Philippe, répudiant sans vergogne Olympiade pour une séduisante jouvencelle, Turenne, mis hors de lui par sa passion pour la duchesse de Longueville, et combattant son propre roi, Nelson se faisant un triste héros de scandale, d'une lamentable histoire conjugale, affichant ses amours adultères avec lady Hamilton, compliquées du meurtre du malheureux prince Caracciolo, en face de la puritaine Angleterre. Malgré cela, quand le coup de canon est tiré, on n'hésiterait pas à souhaiter de pareils dégénérés, à la tôle des flottes et des, armées.
Il n'est pas non plus fou d'avoir fustigé l'onde amère et de lui avoir passé des chaînes, TréSa? <T(D'jpr,XàToy;. Il ne pouvait pas maintenir dans la discipline ses peuples innombrables, disparates, d'une civilisation rudimenlaire, s'il ne se posait pas en dieu. Alexandre lui-môme a fini par là, et ne craignit pas d'irriter les dieux en proclamant sa propre divinité, à laquelle il était le premier à ne pas croire. C'était un moyen puissant qui réussissait aux yeux des peuples barbares, et assurait la domination d'un conquérant. Il faut se conformer à l'esprit de son temps. Les généraux grecs eux-mêmes ne donnent pas le signal de la bataille avant les présages favorables des sacrifices, car ils ont à compter avec les sentiments de leurs soldats. Mais la
défaite ne tarda guère à présenter sa victime expiatoire : c'est le roi qui, par sa démence, perdit la Perse. Darius, qui eut, lui aussi, à son passif le désastre du Danube, et qui avait passé le Bosphore sur un pont, est regardé comme un sage et Eschyle nous le représente blâmant les actes téméraires de son malheureux fils; Darius, en modèle de prudence qu'il est ', recommande à Xerxès de ne rien entreprendre désormais contre la Grèce, lui qui, pendant trois ans, fit retentir TAsie de ses armements en vue de cette guerre -, dont, en mourant, il léguait la tâche à son successeur.
A tout prendre, môme, Xerxès fut plus prudent que Darius, car tandis que celui-ci, dans sa terrible colère, prépare deux guerres à la fois, et projette par deux campagnes simultanées, de soumettre l'Egypte et la Grèce ^ Xerxès ne désire en aucune façon s'engager dans deux guerres \ et se borne tout d'abord à réduire la révolte de l'Egypte, province perse depuis Gambyse.
Xerxès n'a pas le tempérament d'un conquérant. Il aurait préféré la paix, et il hésite à entreprendre la guerre. Il s'efforce d'amener les Grecs à composition, de les soumettre par une habile diplomatie, par l'intrigue des princes et politiques grecs émigrés. Si les Athéniens lui avaient envoyé l'eau et le feu, il n'aurait peut-être pas bougé de Suse. Il tient des conseils interminables. Il hésite longuement entre les opinions du fougueux Mardonius et celles du sage Artabane. Cependant il ne pouvait pas résister longtemps à la pression du parti militaire, à l'opinion et à l'ardeur de tous les Perses. Tout le monde le pousse à la guerre, qu'il désirait éviter. On en trouve l'écho dans les paroles d'Atossa ^ D'ailleurs, c'était son devoir monar-
1. Eschyle, Perses, 790. C'est le chœur qui demande, couiment les Perses seront plus heureux à l'avenir, et Darius de répondre : « en ne portant jamais la guerre chez les Grecs ».
2. Hérodote, VII, l : -r, 'Atît, sSovéêXo è~l zpix stôx, xaxa>,svo[jL£vtjjv twv ioîcjTwv wî èirl TT,v ''EX>»iSa <TTpax£'j50[iévwv xai — apa7X£uaî^0(jL£vwv.