‹ La bataille de SalamineChapitre 146 sur 325 · Macchiaveli, Il Principe, XYII · texte numérisé non relu

Macchiaveli, Il Principe, XYII

4. Plan de Démérate d'un mouvement excentrique rers l'île de Cythère, lan-

17 i LA SECONDE GUERRE MEDIQUE

aux rigueurs que le pays ennemi eut à encourir de lui, il ne faut pas se dissimuler qu'il était de son époque qui est encore assez loin de Grotius '. Mais il n'avait pas cette sauvagerie systématique dans laquelle se sont distingués depuis tant d'autres chefs asiatiques, qui ne savaient cimenter les assises du pouvoir qu'avec du sang humain. Il est vrai qu'il livra Athènes aux tiammes et au pillage ; mais abandonné par la victoire, du moins ne se montra-t-il pas cruel et méchant dans la détresse, et il ne fit pas à la Grèce les adieux terribles qu'Annibal fît à l'Italie. Admettons qu'il était meilleur politique que lui qui jetait les peuples de la Péninsule dans les bras des Romains. Ses alliances en Grèce persisteront encore un an après sa défaite à Salamine.

Pendant sa marche à l'ennemi, il use d'une extrême prudence, et prend toutes les précautions. Les bases de ravitaillement, les étapes, sont partout organisées ; il n'engage jamais ses troupes sur un terrain suspect sans être parfaitement informé. Il envoie devant lui des éclaireurs, sur mer et sur terre, il organise le service de sûreté de son armée; malgré sa supériorité navale, il se ménage à toute éventualité une base solide et un refuge, en faisant occuper par l'infanterie le rivage de Phalère. A la garde des ponts aussi, il laisse une forle division -, et c'est elle, il n'en faut pas douter, qui avait effectué le passage des débris de l'armée avec lesquels le roi regagna l'Asie. Dans un autre sens aussi rien n'a été négligé pour la sécurité de son entreprise ; il a recherché des alliances, des appuis, même des neutralités; il s'est assuré l'alliance du roi de Macédoine, des Thessaliens, des Thébains ^

gage de la reine ArUnnise et propos injustifiés contre les Egyptiens, d'une conduite si valeureuse aux combats d'Artéiiiision.

1. Elle n'est plus, malheureuseuient, assez loin de nous après Louvain et Aerschot.

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