‹ La bataille de SalamineChapitre 147 sur 325 · Hérodote, VII · texte numérisé non relu

Hérodote, VII

3. Sa fuite en Asie n'est pas de nature à le rendre sympathique: l'empereur le fut moins quand, au lendemain du passage de la BôrOsina, il quittait son armée et rentrait prccipitanimcnl à Paris. Mais les chefs des dynasties et des gouvernements ne raisonnent pas toujours en soldats.

LES r.RANDS CHEFS J /.)

On pourrait conclure que n'étant pas né grand capitaino, il fui bon général et bon politique, et prépara patiemment et savamment le coup formidable qu'il destinait à la Grèce. Si co coup a été paré, le mérite en est aux Grecs, qui malgré la faiblesse des moyens en général, le nombre relativement petit des combattants sur terre et le matériel restreint sur mer, surent, par leur capacité, leur abnégation et leur bravoure, conjurer un tel danger.

L'âme de cette héroïque résistance fut ïhémistocle. Tant qu'il existera une civilisation telle que nous la concevons et l'aimons encore, on ne cessera de parler avec émotion du héros qui l'a sauvée à Salamine, de ce grand homme d'état et de guerre, à la courte mais si glorieuse carrière, à la fin si tragique. Au moment où toute la Grèce, hors du Péloponèse surtout, allait, épouvantée, se prosterner devant le grand roi et où l'oracle de Delphes préconisait la soumission, Thémistocle, secondé par le patriotisme athénien, sut ranimer les courages, et étouffant tout orgueil, sacriliant de légitimes revendications, subissait, avec une vue supérieure, l'hégémonie Spartiate, pour créer une ligue forte et en état de résister à l'invasion. Puis quand le moment de l'action fut venu, il fit comprendre aux Grecs que c'était dans la maîtrise de la mer que se trouvait le salut \ cette maîtrise qu'il avait de longue main préparée, posant du même coup les fondements de la suprématie de sa ville sur la Grèce. Il présida lui-même à la lutte armée et malgré l'absence de l'investiture officielle, ce fut lui l'âme dirigeante des forces grecques.

On ne saurait blâmer Hérodote de sortir de sa réserve coutumière pour le louer au nom de l'histoire, d'avoir, par luimême, et par la marine qu'il avait créée, assuré le salut de la Grèce ". Avec beaucoup de raison, Hérodote loue l'abnégation des Athéniens en ce qui concerne le commandement de la Hotte. Athènes disposait de plus de la moitié du total des forces navales et, vis-à-vis de chacun des alliés, elle a une

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