‹ La bataille de SalamineChapitre 159 sur 325 · Xénophon, Mém., III · texte numérisé non relu

Xénophon, Mém., III

locle, nous est démontrée égaloment par une monnaie de Magnésie, du temps dAntonin le Pieux, représentant sur son revers le sacrifice auquel le héros présida, et sa fin '.

1. Cette petite gravure (v. ci-contre) insuflisante pour nous donner une idée de la physionomie de Ttiéiuislocle, est pourtant la seule sûre représentation parvenue jusqu'à nous ; car ni la tt'tc do marbre de Visconti [lc<morirafia f/raeca, pi. 4, 3,4\ ni celle de Munich, ne sont admissibles comme OguranI Théniistocle^(\VoUel, A/oulages en plâtre du Musée de lierliti, p. 114 et s.) ni les monnaies de cuivre atliques des temps impériaux qui représentent très probablement Thémistocle, ni le buste de l'ancien cabinet Pastoret (moulage au Louvre), ou le sceau publié par Visconti [Iconor/rafia Greca, I. pi. 14, 1) ne sont de fidèles représentations (Imhoof-Blumer et P. Gardner, -f niimismatic commentary of Pausanias, pi. E. E. 21, 22). La monnaie de Magnésie conûrmc la tradition sur le suicide de Thémistocle, ne voulant pas marcher contre son propre pays, et l'assertion de Cornélius Nepos, que le monument de Thémistocle était une « statua in foro Magnesiae ». VU. Them., 10, 3. Lire là-dessus : Ath. Houssopoulos, Monument de Tliémislocle à Magnésie, (trad. gr. S. Valvis, Athènes, 1898). Thucydide, I, 138, comme on sait, est le seul à rapporter que la maladie a enlevé la vie à Thémistocle. Il ne conteste pas néanmoins l'autre Irailition, déjà rapportée par Aristophane, Chevaliers, 83. Cf. Roscher, Jahrbiicher fiir Philologie, 1883, p. 158. Sur la mort et les monuments de Thémistocle voir la très complète étude de M. Jacques Dragatsis : To 0E[x'.jTQx>>eiov, Athènes, 1910.

MONNAIE DE MAGNÉSIE REPRÉSENTANT LE SACRIFICE ET LA MORT I>E THÉMISTOCLE

(La tête est très endommagée. Malgré tout on peut y distinguer les vestiges dune couronne, dont les rubans pendent sur la nuque ; le reste du corps est entièrement nu, et ce qui apparaît sous Tépée n'est que l'extrémité du baudrier. L'homme est tourné vers l'autel, au-dessus duquel il tient un récipient de libations. Sa main gauche empoigne vivement la fusée de son épée entre le pommeau et la garde: k ses pieds git la victime sacrifiée, un zébu, le taureau dont il a bu le sang pour mourir. La monnaie porte en exergue l'inscription : EniAlOCKOYPIAOY rPATOYMHTPMATNHT., et dans l'espace vide à gauche du personnage le mot 0EM ICTOKAHC. Tout cela se trouve sur le revers. La monnaie est ;ï l'effigie de l'empereur Antonin le Pieux (138 à 161 ap. J.-C), entourée .les mots KAICAP ANTflNEINOC Nous ne savons rien sur ce Dioscoridc mentionné sur le revers. La grandeur réelle de la monnaie est exactement, - échelle Mionnet, — 9 3/4 ou 34 millimètres. La monnaie fut pour la première fois publiée par M. Roussopoulos [v. op. cit. dans la note |irèçédente).

Après avoir donné les cliiiïres des armées opposées, après avoir esquissé la physionomie des contingents dont elles se composaient, cl des figures des grands chefs qui les commandaient, il est opportun avant de retracer le combat, de reconstituer l'ordre de balaille, c'est-à-dire le tableau des divisions des deux armées sous leurs commandants respectifs. Ainsi pourra revivre aux yeux du lecteur l'image des Hottes dont nous raconterons les hauts faits. Malheureusement, les matériaux font défaut. Nous ne l'etrouvons dans les te-xtes ni les noms des navires, ni les noms de tous les chefs, ni môme la dénomination et le classement tactiques de chaque groupe d'unités. Les historiens de l'antiquité ne ressemblent pas beaucoup aux chroniqueurs vénitiens qui nous initient jusqu'au dernier délail, qui mentionnent jusqu'aux sopracomites des flottes de la Sérénissime République et même de celles de ses adversaires. Hérodote n'attachant de l'importance qu'aux officiers perses, a tracé pour l'aiinée de terre, où l'on voit partout des chefs perses et mèdes, un ordre de bataille assez complet, mais un tableau fort incomplet pour la marine. Moins encore ([ue les noms des chefs barbares nous sont connus les noms des commandants des divisions de la Hotte grecque. Malgré tout, avec ce que l'on reirouve dans les traditions recueillies par Hérodote, '- — Eschyle n'ajoute que très peu et rien de sur, — on peut essayer la reconstitution d'un tracé susceptible de donner une idée de la majesté des armées navales qui se sont disputé l'empire de la mer en 480 avant notre ère. iNousnous elforcerons de le faire malgré les lacunes considérables des auteurs. Bien qu'incomplet, cet ordre de bataille aura le mérite d'ofîrir une image d'ensemble des cadres supérieurs et de ces immenses arnienients.

Page 1