CHAPITRE I
LES M.OTTES APPAREIU-EXT
Les armées de terre et de mer du fjrand roi se dirigent vers les ponts. — Abydos. — La grande revue delà flotte à Dorisque. — Du canal d'Athos au golfe Thermaïque. — Xerxès reconnaît en personne les bouches du Panée. — Les Hellènes se concentrent au nord de TEubée. — Les éclaireurs ennemis sont lanci-s en avant. — Le premier sang coule.
Les préparatifs terminés, l'armée et la flotte concentrées, Xerxès marche contre la Grèce, au printemps de 480. Hérodote ne précise pas les points de la côte de TAsie Mineure d'où les escadres barbares ont appareillé. Diodore nomme Kymé et Phocée comme points de rendez-vous général des marines devant former l'armée navale perse'. C'est donc des abords du golte actuel de Sandarlik que cet immense armement sortit et cingla lentement vers le nord en suivant la côte asiatique, réglant son allure sur la marche de l'armée qui, elle aussi, après avoir levé son camp de la plaine de Sardes se dirigea vers les ponts, établis au prix d'elVorts inouïs sur l'Hellespont -.
1. Diodore, X[, 2: w; oxjtw -riv-a xà zpô; tt.v sTpaxîiav T,xoi;jLaT-o, -o'.; va-jipyo'.; rapfjveiAjv à9poil^eiv ta; vaO; si; KtJ|Ji"r,v -/.ai 'l>oSxaiav, aO-rà; 5' s; i-aTÔjv •zCi'j aaTpaiTî'.wv T'jvayayiôv xi; zîl^ixi; xal '."Ztxà; 5'jvjijl;'.; ■npof.Yêv è% xôJv iloûstov.
2. Flérodote, VII, 36. Le nombre des navires qui constituèrent ces ponts fut de 360 trières et pentOcoiitères pour le pont nord et vers la Pi-oponlide, et 314 vers le sud et lamerÉj'ée.
L'armée convergeant vers la côte, y fut apparemment attendue par la flotte, et une fois en vue Tune de Taulre, toutes deux se dirigèrent vers le nord pour envahir la Troade. Le jour, les hauteurs voisines de la cote, les contreforts du mont Ida, fourmillent de troupes en marche, et la mer, d'Assos à Tenedos, est couverte de navires ; la nuit, les deux camps découvrent réciproquement leurs feux de hivouac, puisque les trières sorties aussi de l'onde amère se reposent sur leurs lits de sable lin, tandis que les équipages font la cuisine on plein air ou s'endorment derrière la rangée de leurs vaisseaux. Xerxès n'a pas voulu lancer contre Ja (lotte grecque ses navires; il les garde près de lui. Le passage de son armée par lllellespont le préoccupe fortement, et avant de l'effectuer, il ne veut pas se priver d'un seul navire, la flotte devant lui assurer l'exécution ordonnée et calme de cette délicate opération. D'ailleurs il ne veut pas hasarder sa marine à rames loin de la côte, en répétant l'aventureuse traversée de Datis et d'Arlapherne, lorsque, en 490, de Samos leur flotte se dirigeait en ligne droite vers l'Euhée. Il préfère qu'elle poursuive son voyage de cap en cap jusqu'au rivage de la lointaine Atlique, tandis que son armée accomplit la plus audacieuse des randonnées. Pour rassurer ses marins, dans ce périple, il a fait creuser ce canal d'Athos, qui doit dissiper les inquiétudes et les superstitions que le souvenir du terrible naufrage de la Hotte de -Mardonius ferait naître à l'approche de ces parages dangereux. Les anciens se livraient volontiers à de pareilles entreprises. Un exemple frappant de la rapidité avec laquelle ils creusaient des canaux, c'est la dérivation du Nil, entreprise par les généraux d'Artaxerxès, laquelle eut pour résultat de priver des moyens de naviguer les trois cents trières athéniennes qui relâchaient à l'île Prosopite; l'eau des bras du fleuve, qui la formaient, ayant été retirée, il n'y eut plus que la terre ferme *. Hérodote pense " qu'en creusant ce canal, Xerxès agit par orgueil, dans le désir de perpétuer sa
t. Diodore, XI, 77.