‹ La bataille de SalamineChapitre 161 sur 325 · Hérodote, VII · texte numérisé non relu

Hérodote, VII

LES FLOTTES APPAREILLENT l^M

mémoire et de montrer sa puissance. Faire passer ses navires par-dessus le petit isthme, — douze stades de plaine basse, parsemée de petites collines, — eût été la chose la moins difficile du monde. M. Hauvette * trouve que le transport des bateaux par terre, tel qu'il se pratiquait à Corinthe au v' siècle, nélait pas applicable aux gros bâtiments qui composaient la tlottc perse. Kt il ajoute : « Si Xcrxès voulait à tout prix éviter la pointe de l'Athos, il n'avait pas d'autre moyen que de percer l'isthme». Or, celte appréciation est complètement erronée. D'abord, les trières qui constituent la Hotte du roi, coques de 35 à 40 tonneaux de déplacement tout au plus, ne peuvent pas être qualifiées de gros bâtiments; au contraire, c'étaient des navires effilés, bas et légers, se prêtant admirablement à cette manœuvre que les anciens appelaient 'j-zoï'rhu.itz'.' ou 'j-spvîwAxÉc'.v et devant laquelle ils n'hésitaient pas. Les trières qui passaient par-dessus l'isthme de Corinthe - sur le û'lo).xô; et celles qui traversaient l'isthme qui existait alors entre Leucade et Acarnanie et dont parle Thucydide ^ étaient plus pesantes que les trières des guerres médiques, parce qu'elles étaient pontées et cataphractes. Néron a voulu sans doute percer l'isthme de Corinthe, mais il se préoccupait plutôt des lourdes olcades de commerce, auxquelles il voulait épargner le danger d'un voyage par les caps Malée et Ténare. D'ailleurs, les navires de guerre de son temps n'étaient plus les légers bâtiments du v® siècle. Cependant Cléopâtre avait réussi, un siècle auparavant, à transporter sa flotte égyptienne par dessus l'isthme de Suez '\ Nikilas Ooryphas, amiral byzantin, fit traîner en 880, de Kenchrées à Corinthe, ses dromons, moins maniables que les trières, pour surprendre les Sarrasins qui infestaient Patras ^ Au commen-

1. A. Uauvetle, Hérodote, historien des Guerres Médiques, i>. i'.)'!.

2. Thucydide, VllI, 8. Les Lacédêmoniens trainent vinf;t et un vaisseaux à tiavcrs l'isthme de Corinthe.

Page 1