Plutarquc. Antoine, fi
5. Const. Porfyrogen. De Adm. Imperio (éd. Bon.), p. 130, 11. Cf. Cedren. t. Il, p. 227, 29. Zonaras, XV. 21. Phrandzès (éd. Bon.), p. 96, 4 cl s.
lOi LES DÉBUTS TRAGIQUES
cément du xv^ siècle, les Vénitiens l'ais.iienl passer une division entière de galères de l'Adige au lac de Garde. Enfin, Mahomed II, assié|^eant Gonstantinople, faisait passer, sur des glissoires, toute une flotte de soixante-douze galères de Beschik-tas au tarsana — arsenal — actuel du Bosphore à la Corne d'Or, et ses navires étaient plus lourds ([uc les trières, et, effilés de carènes, trébuchaient menaçants sur leur quille '.
Les opérations, étroitement combinées, de l'armée et de la Hotte, devaient porter les coups nécessaires à ouvrir la voie de l'Europe et amener auco'ur de la Grèce les intrépides guerriers de l'Iran, sortis de leurs foyers d'Ekbatane et de Suse pour aller si loin atî'ermirde leurs exploits la domination perse sur le monde. Ce plan hardi du quartier général perse était digne des conquérants de la vallée de l'Indus et de l'Egypte, et prouve à quel point leurs généraux possédaient ce qu'on appelle la mémoire géographique ; combien le théâtre des opérations stratégiques s'était bien imprimé dans leur cerveau. D'ailleurs les élats-majors des deux partis opposés avaient, pour tout ce qui concerne la conduite de la campagne, un œil géographique parfait, comme pour la direction du combat ils possédaient un œil topographique étonnant. En vérité, ils avaient ainsi la qualité éminenle du stratégiste et du tacticien, puisqu'en somme la stratégie n'est que l'art de déterminer les points décisifs du théâtre de la guerre et les lignes ou routes générales suivant lesquelles les armées doivent se mouvoir pour y arriver; alors que la tactique est l'art d'employer de la manière la plus utile, sur un champ de bataille donné, les forces dont on dispose .
Les Hellènes, après la retraite de Tempe, élaborèrent un nouveau plan de défense. Ils ont toujours leur pivot à Corinthe et préparent un champ de bataille décisive sur l'Isthme, la flotte devant aussi livrer le combat final à Ivenchrées, le dos appuyé à l'Isthme et l'armée, mais ils se décident à utiliser en
1. Voir les détails de cet étoiiirint voyage dans Critobule [Frarpnenla. Ilislor. Graecor., \o\. V, Paris, 1870), et dans N. Barbaro, Giornale de VAssédio di Conslaiilinopoli. Edit. E. Corncf. Vienne, I8.'J6.
LES l'LOTTES Al'I'AHEILLICNT 1 9o
môme temps les déronsos naliircllcs dont la Grèce c<mtiiienlale est dotée, des contreforts de TOcta aux monts Géraniens. Eux aussi, ils combinent étroitement Taclion de l'armée et celle de la IloKe ; ils envoient une avant-garde aux Thermopyles, et tout ce qu'ils avaient de navires prêts au nord de TEubée. Derrière ce rempart, ils complètent fiévreusement leurs préparatifs, la marine ayant comme point de ralliement le port de Pogon de Trezène ' et l'armée ayant ses quartiers à l'Isthme sous le second roi de Sparte. La défense grecque, passive, sur terre, active sur mer, devait se mouvoir dans le parallélogramme qui se déploie de TOeta et de la pointe septentrionale de l'Eubée à Athènes et à lissuc méridionale du golfe de Négropont, disposant de deux routes stratégiques, l'une par mer, l'autre par terre, à la tète desquelles Léonidas et Eurybiade se tlaltaient d'arrêter, du moins pour quelque temps, le flot envahissant des forces barbares combinées. Les deux stratèges devant agir de conceit, deux avisos, la Iriacontère athénienne d'Abronychos stationnée dans la lagune de Sperchios, près du camp Spartiate, le navire de Polyas d'Antikyra, les rames parées, xar/;pri.;, à Artémision, se tiennent prêts à avertir réciproquement le camp et la tlotte des phases et de l'issue de la lutte -. En cas de débâcle, la tlotte devait gagner le fond du golfe Saronique. Le réduit qu'on y préparait devait servir de boulevard à la Grèce ; c'était là la volonté nette des Péloponésiens imposée à la confédération, à laquelle les Athéniens étaient obligés d'adhérer, dans l'espoir qu'un dernier effort en Béotie aurait sauvé leur ville. En somme, on ne saurait taxer d'ingénuité ce projet, du moment que les Péloponésiens ne voulaient pas se transporter en masse aux confins de la Grèce continentale pour en disputer l'accès aux Perses. On ne sait en réalité, si l'armée barbare, aflaiblie de détachements qu'elle laissait en route pour garder son immense ligne de retraite, é{)rouvée par tant de maux pendant sa marche de trois mois