‹ La bataille de SalamineChapitre 169 sur 325 · I(J. ibid · texte numérisé non relu

I(J. ibid

LE DÉSASTHb: DK SÉPIAS 203

s'étaient retirées sans tenter le moindre etrorl. La coalition donc, loin d'avoir une capacité oiïensive, ne parvenait môme pas à présenter une défense digne d'être prise au sérieux ; les prêtres de Delphes n'avaient pas tort d'insinuer à Icmps la soumission. Tandis que pleines d'élan les colonnes perses contournent les contreforts d'Olympe, la flotte magnifique et puissante deXerxès va mouiller sur la côte de Magnésie. L'épouvante et la consternation sont partout sur le littoral. Mais les dieux de la Grèce veillent sur elle, et déjà Borée, sollicité par sa femme, princesse athénienne, Orithye, fille d'Erecthée, fonce sur les barhares '. Cette fois les navires perses ne sont pas tirés sur la grève. Le rivage peu étendu entre la ville de Kasthanée et le cap de Sépias^ n'offrait pas une plage capable de servir à une flotte si nombreuse, ni la côte un mouillage oii les trières pussent braver sur leurs ancres les surprises du vent. Les craintes du prudent Artabane qui voyait, en cas de tempête, l'impossibilité d'abriter cette immense flotte, allaient se réaliser \ A la vérité, la facilité avec laquelle les flottes à rames succombaient à la fureur d'une mer démontée, l'impossibilité de fuir vite et loin pour chercher un refuge, exigeaient à chaque pas l'existence de ports sûrs ou de grèves capables de recevoir les trières. Si les amiraiix de la flotte barbare, arrivés sur le tard à la hauteur du cap Sépias, avaient eu sous leurs ordres un autre genre de navires, ils auraient dfi continuer leur route pour trouver un mouillage moins exposé. Ils auraient donné très probablement dans le golfe Pagasétique. Mais les chiourmes qui ramaient depuis le matin '' étaient épuisées. Un calme, d'ailleurs trompeur, régnait sur la mer. Le signal de mouiller fut envoyé. Les pre-

1. Borée s'est marié à Athènes (Hérodote, VII, 1S9). Pouvait-il en ôtre autrement? Sa salubrité, sa fraîcheur, son climat exquis, Athènes les doit à ces brises du nord qui ne lui font presque jamais défaut. Borée est le grand ami d'Athènes, qui, reconnaissante, lui avait érigé un temple aux bords de l'Ilissus, et fêtait l'anniveisaire de la tempête propice soulevée contre l'ennemi.

2. Voir la carte générale du théâtre de la seconde guerre médique.

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