‹ La bataille de SalamineChapitre 173 sur 325 · Diodore, XIII · texte numérisé non relu

Diodore, XIII

en 255, lors des guerres puniques, une grande flotte romaine, trois cent cinquante navires, pentères cette fois, périssait à peu près tout entière. C'est le plus grand désastre maritime connu. Commandée par Marc Emile et Servius Fulvius, la flotte victorieuse rentrait, lorsqu'elle fut surprise, le dernier jour de mai, par la tempête à quarante milles ouest du cap Passaro, — flàyjvo;, — à Camarine, où les consuls se dirigèrent contre l'avis des pilotes qui craignaient la saison et les récifs de la côte sicilienne. Le châtiment fut terrible, le rivage fut couvert d'épaves et de cadavres de sinistrés '. Un an après, cent cinquante autres pentères romaines, assez téméraires pour vouloir cingler directement de Palerme vers l'embouchure du Tibre, s'élancèrent en haute mer et furent englouties par rintidèle et capricieuse Méditerranée '. Le môme dédain des avis des pilotes amenait à un désastre complet, dix-huit siècles plus tard, l'importante flotte des galères du grand commandeur de Caslille don Liiiz de Requesens se rendant du golfe du Lion à Barcelone ^ En 718 de notre ère, l'arabe Molesma, battu devant Constantinople par l'empereur Léon, et battant en retraite, fut pris dans une telle tempête que presque toute sa flotte fut détruite et coulée.

L'avènement de la marine à voiles a sauvé les marines militaires de malheurs d'une pareille étendue. Hérodote n'a pas inventé les grands naufrages des guerres médiques.

1. Polybe, I, 3G •■ « TauTT,; Se fisCÇo) irepi-iTstav sv ivt ■/.a;p(o, dit-il, -/aTi ôxAajjav oùS' ÎTTopf.TÔai a'j[x6s6T,xev ». En effet, les quatre cents navires engloutis ou brisés à Sépias ne représentaient qu'un déplacement inférieur à 20.000 tonneaux ; la ilotte des consuls romains offrait au moins le triple de ce tonnage.

2. Pùiybe, 1, 39. Pour le terrible naufrage de la flotte romaine, revenant à Misènc de Formes, v. Chapot, La flolle de Misène, Paris, 1896, p. 64.

3. Le Memorie di un uomo da remo (1565-1.576). Manuscrit de la Bibliothèque de Venise, publié par A. Vecchi. Rome 1884.

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