C. N. Hados, [m Dutaille de Salamine. \k
216 LES DÉBUTS TUAGIQLES
loUés par des vagues monstrueuses, leurs coques ébranlées de terribles secousses, clicrchcnt en vain à s'appuyer sur les voiles pour gouverner. Dans celle nuit borrible, sans doute d'héroïques capitaines lenlèrenirimpossible pour sauver leurs équipages, en ramenant leurs navires eu nord, en les mettant à l'abri derrière un cap, ou en entrant dans une crique el en mouillant une ancre. Mais les éléments déchaînés sont sans pitié, et le remous atteignait déjà les bastingages. Ainsi périt cette grande escadre qui portait quarante mille hommes d'équipages, rameurs, nauloniers et fantassins. De pareilles infortunes sont faites pour abattre les courages les mieux trempés. La supériorité numérique de la tlotle perse diminuait sensiblement.*; la flotte grecque n'était pas fournée et même recevait un renfort de cinquante-trois navires athéniens -. L'arrivée de ce renfort et la nouvelle du désastre du détachement barbare la pousse à un nouveau coup de main qui finit par l'enlèvement et la destruction d'une division cilicienne. Hérodote ne rapporte pas le nombre de navires pris ou coulés. Les vents, à vrai dire, avaient merveilleusement servi la Grèce, en détruisant les vaisseaux ennemis, et en inspirant aux Grecs une confiance invincible dans la protection de leurs dieux \ Delphes avait déjà pressenti que « les Vents devaient être pour la Grèce de grands alliés » *. Toutes les légendes qui ont trait à ces faits, ainsi que le culle des Vents établi par les Dclphiens à Thyia prouvent combien fut grand et propice le secours apporté par la fureur des éléments déchaînés. La base des opérations de la flotte hellénique, avait un avantage notoire sur celle des Barbares. F]n effet, Artémi-
1. (( C'étaient les dieux qui l'ont voulu ainsi». De cel avis d'Hérodote ne paraît jias ditïérer roi)inion de Diodore XI, 13 : "va xoO T:).r,9ou; twv '^OLpÇzpiyLÛi'j v£wv TaTr£'.vtij6£VT0< ivTÎ-aXo; t, tûv 'EXX/.vwv ô'jvaaiç yévr^-zxi. Cette expression superstitieuse rend les modernes incrédules à l'égard de ce naufrage. Mais pourquoi admettre le naufrage de Sépias, el rejeter celui de Kuila? Hérodote les relate tous deux avec la même assurance.