‹ La bataille de SalamineChapitre 182 sur 325 · Hérodote, VII, HS · texte numérisé non relu

Hérodote, VII, HS

PREMIÎ;iŒS HKiNCONTRES liT HETRAITb; 217

sion a un rivage sablonneux ', assez étendu, sur lequel on pouvait aisément tirer les Irières et faire camper les équipages', à rencontre d'Aphèles, où les navires passaient la nuit sur mer, le tarros traînant dans l'eau *, les rameurs cloués à leur poste. Ainsi, leurs vaisseaux en sécurité sur la grève, les Grecs ont assisté, en simples spectateurs aux deux grandes tempêtes qui ont inlligé tant de pertes à Tennemi. D'ailleurs, de ces deux tempêtes, la première, œuvre de IJorée, dévastait toute la côte de Magnésie, du pied de l'Ossa à Sépias ; la seconde, déchaînée par le vent du sud-est, le redoutable y/rocto, balayait la rade foraine d'Aphètes, exposée à ce vent qui alterne parfois avec le capricieux étésien. Ces deux vents toutefois, abordant de biais la plage d'Artémision, ont peu de prise sur elle.

Le coup d'audace contre la division cilicienne exaspéra les amiraux perses et les porta malgré le désarroi de leurs forces à une attaque à fond contre les Grecs pour leur infliger un châtiment exemplaire et se justifier aux yeux de Xerxès qui, conduisant en personne les opéi-ations sur terre, ne recevait chaque jour que de fâcheuses nouvelles de son armée navale. Tout faisait prévoir que ce ne serait pas la voie de l'Euripc, mais celle des Thermopyles qui serait ouverte la première. Les amiraux se portent donc contre la Hotte grecque dans l'espoir d'améliorer leur situation en appareillant d'Aphètes; ils ne sont pas loin de l'état d'esprit qui déterminait, en 180."), Villeneuve à sortir de Cadix pour finir àTrafalgar. Cette fois les Grecs ayant senti que l'ennemi médite un coup décisif ne se détachent pas d'Artémision et attendent l'attaque sans broncher. Les Barbares se forment alors en ordre concave et cherchent à les déborder et à les envelopper. A ce moment les Grecs avancent à leur tour et attaquent vigoureu-

1. Plularque, T/téininl., 8. On y lit quArtcniision est tout simplement une plage : "Eit: 5à rr,; ECëoia; tû 'ApTeai^iOv û-âp Tlr,v 'Esxiaiav a'-yi aX o ; s;; ôoseiv àvxTTô-xaac'vo;. (Hérodote l'orit '\i-:'.x:%, à l'ionienne au lieu du coniuiun 'E7x[aia).

2. Hérodotf \'lil, '.l : a-JTOJ ;j.3ivavTÎ; t: xai aÛA'.Tflsvia;.

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