Voir dans Dlodore, IV, 72,1, la légende
4. En effet salarn en phénicien signifie paix, abri, et s'appliquait fort bien à une station de commerce. V. Bcsnicr, Lexique de Géo(/vaj>liie ancienne, art. Salamine.
5. Voir Lolling, Die Meerenqe von Salamin (llistor. u. Pliil. Aufsiitz. Ernst Curtius, zu seinem siebenzigsten Geburstage gowidmet, p. 3, f. Berlin, 1884), el Loschke, neue Jahrbucher 1887, Ephorus-Studien. I, Die Schlachl bei Salamis.
permettre d'exercer à son aise l'action navale la plus étendue. Ni les murs longs, ni les ports militaires du Pirée n'existaient alors '. Salamine était tionc le seul refuge au cas d'une invasion en Attique, tant que les Athéniens pouvaient se défendre par leurs moyens maritimes. Plus d'une fois, dans le cours de l'histoire de la Grèce, on verra la liberté hellénique se réfugier dans les îles à proximité do la terre ferme, pour y reprendre pied, une fois le danger conjuré; telles les Kchinades, Egine, Ilydra, Spetzae dans les guerres de la Grèce moderne. Salamine elle-même, aux jours où les dplhis féroces de Reschid, pacha de Kiulaya, chassaient devant eux la population éperdue de l'Atlique. Mais c'est de là encore que partaient Karaïskakis - et Fabvier '\ pour aller se battre contre le pacha et lui disputer Athènes. Les armatoles et les tacticos, repoussés, retrou varient à Salamine un abri sûr sous la protection des « murailles de bois » '* .
Salamine, assurée aux Athéniens, sera le boulevard de leur liberté. Ils sont allés là pour se défendre comme d'une place forte et en faire leur base d'opérations maritimes tant que le barbare détenait la Grèce continentale. C'est de là encore que les hoplites d'Aristide sept mois après la bataille navale, se transportèrent en Mégaride pour se joindre à l'armée de Pausanias et aller, par le col de Cithéron, en liéotie, forcer Mardonius par cette belle et audacieuse marche à évacuer rAtti(|ue, pour la seconde fois envahie. C'est donc ce réduit maritime d'Athènes que Xerxès médite de cerner et prendre
1. Thucydide, f, 9.}, 1-8. 11 est vrai que les fortiflcations du Pirée furent commencées sous l'archontat de Théuiistocle (493/2), au nord tout d'abord. Les travaux interrompus par la guerre, ne furent repris qu'après la seconde guerre médique, vers 476 (v. E. Cavaignac. Elude sur Vhisloire financière d'Athènes au F« siècle. Le trésor d'.\.théncs de 480 à 404. \k -21, sqq).
2. Voy. Jurien de la Gravière, La station du Levant. Vol. 11.
3. Voy. Debidour, Le ;/énéral Faboier, sa vie militaire et politique. Paris, 1904, p. 308, 309, 312.
4. Vers la fin du .wm»^ siècle le corsaire Mitromaras faisait de Salamine son repaire, et bloquait le voïvode dans AUièncs. ;Voy. Sathas, La Grèce sous la domination turque, Atlièucs. 18G!). pp. 492, .'JOO, ;)20\.
avec la ilotfe et les hoplites qui y sont campés, prcis à repousser vigoureusement les assaillants '.
Salamine n'est pas haute, ses sommets ne dépassent pas quatre cents mètres il'altitude. La courbure très prononcée de son échine vers l'est, crée, vers l'ouest et le golfe Saroniquc, une baie assez vaste au fond de laquelle resplendit, toute blanche, la grosse bourgade qui est le cbef-lieu du district actuel. Cette large baie s'ouvre ainsi entre deux presqu'îles, l'une au nord, l'autre an sud, tandis que le dos recourbé de l'ile est tourné vers l'Attique, dont la sépare un détroit, long de quelques kilomètres. L'extrémité nord-ouest de l'île touche presque la cote de Mégaride, dont elle est séparée par un faible filet d'eau. Ces deux détroits sont les issues de la baie intérieure d'Eleusis; celle de l'ouest était gardée au temps de la guerre du Pélopénèse par une forteresse sise sur la pointe la plus septentrionale de cette double extrémité, et une station navale athénienne, citée chez les auteurs sous le nom de Boudoron ". Les habitants de la côte appellent la passe nord-ouest Trupika, qui n'est pas loin de signifier « Trouée ». Le détroit qui se trouve du côté du Pirée est tourné vers le sud et constitue l'entrée principale de la baie d'Eleusis. On l'appelle communément aujourd'hui le détroit de Salamine, 70 o-Tsvov T/,; la).a[jLwo;, et mcMiie népapia, par extension du nom du bac qui sert à passer les voyageurs du rivage attique au rivage salaminien. C'est le <( Sa/ami.sstrait » de la carte de l'amirauté britannique. On pourrait dire de cette entrée méridionale du golfe d'Eleusis qu'elle est lormée d'abord d'un double vestibule composé des eaux baignant Psyttalie et encadré à l'est par la côte d'Attique, à l'ouest par celle de Salamine; — ensuite de deux couloirs, dont l'un commence au nord de Psyttalie entre Kynosoura, extrême pointe orientale de Salamine, et un point sur la côte d'Attique, auquel la carte de l'auîirauté donne le nom de Keramos, situé aussitôt après la petite crique de Drapetsona très probablement le port