‹ La bataille de SalamineChapitre 198 sur 325 · Thucydide, II · texte numérisé non relu

Thucydide, II

QUESTIONS TOPOGHAt'UIQUES 237

antique de l*horon. Ce « corredor » se dirige vers le nordouesl et arrive à la hauteur de Tilot de Saint-Georges, se trouvant à mi-chemin du passage. Le second couloir va franchement vers le nord et le golfe d'Eleusis, de l'îlot de Saint- Georges et rexlrémité la plus occidentale du mont Aegaléos, aux petites îles de Léios et de Kyradcs, situées au nord de la baie de Scaramanga. Ces petites îles, ainsi que l'îlot dArpedoni, flanquent des deux côtés l'entrée, de laquelle ou voit déjà surgir, au fond du golfe, le bourg actuel dEleusis près des vénérables ruines du sanctuaire de Déméter et de Coré.

Au chenal qui se trouve entre l'îlot de Saint-Georges et la jointe d'Aegaléos, et auquel la carte de l'amirauté donne plus particulièrement le nom de « Georgio-Cliannel », le détroit se resserre au point de laisser un passage de 1130 mètres, et même de 796, à la^Hàutëùr de la pointe extrême d'Aegaléos, à cause d'un récif d'une certaine étendue qui obstrue le passage.

La distance, du phare de Psy Italie à la pointe de Keramos, ^c'est-à-dire au bord atlique du canal le plus à proximité, s'élève, comme il est facile de le mesurer sur la carte, à peine à mille deux cents mètres. De la presqu'île de Kynosoura, — "queue de chien, — dont la configuration justifie à merveille le nom, et dont la pointe porte actuellement le nom de cap Barbare ', jusqu'au Kéramos de la côte opposée, la distance ne dépasse pas 2400 mètres. Le^détroit se rétrécit beaucoup plus vcî's Pérama. De Kynosoura à l'îlot de Saint-Georges, en ligne dTrècle, il n'y a pas plus de 2500 mètres. Mais de la pointe extrômÊ-^eJlvynosoura à la côté d\\ttique, située tout à fait au nmndj^ c'est-à-dire au pied d^Aegaléos^J^a distancé est seulement de loOO mètres. Retenons bien ces chi lires en dehors

1. Très curieuse cette dénomination moderne de xâ6o-^a'p6apo. Provient-elle du voisinage de la petite abbaye de Sainte-Barbe, 'Ayia BapSâpa, située à Palukia, derrière l'ilot de Saint-Georjjes? A la vérité l'église est très loin de Kynosoura, d'où elle n'est pas visible, la vue étant interceptée par la langue de terre qui porte les ruines de r.mciennc ville de Salaniine cl ferme au nord la baie d'Ambelaki. Lcake rapporte ((ue di-s son temps la iioiale portnit aussi le nom de Sainte-Varvara.

i!;}8 LA BATAILLE DLCISIVK

desquels on ne saurail se faire une idée exacle des lignes de déploiement des deux années navales qui vont se rencontrer. De môme pour la profondeur des eaux. De Psyltalie à l'îlot de Saint-Georges, sur une ligne allant vers le N.-O., la profondeur atteint en moyenne dix-sept brasses, mais à mesure qu'on approche du chenal tie Saint-Georges, la profondeur faiblit à 12, à 8, à G. Entre la pointe de Keramos, la Psyltalie et le port de IMioron elle s'élève toutefois à 20 et môme 22 brasses. De lile de Salaminc, des îlots voisins, du détroit, de la terre ferme située à proximité, plus d'un point se trouve mentionné dans les récits qui nous ont conservé celte page d'histoire. Mais de ces points il en est dont nous ignorons complètement la position. Les points reconnus avec quelque certitude sont : sur le continent, Eleusis, le mont Aegaléos, le Pirée, Munychie, Phalère, le cap Kolias, et Zoster; sur Salamine, ce sont la pointe de Kynosoura ; et en face, au nord, sur une proéminence de la côte, l'emplacement de l'ancienne ville, dont nous avons parlé, et que plusieurs vestiges indiquent. Plus au nord encore, derrière les bâtiments de l'arsenal actuel, on peut, sur les hauteurs rocheuses, placer le point où s'élevait le sanctuaire d'Athéna Skiras ', qui se rattache à la légende rapportée par Uérodote sur la prétendue fuite de la tlotte corinthienne. L'échancrure entre Kynosoura et l'emplacement de l'ancienne Salamine formait le poit de cette ville, ce qu'on nomme actuellement la baie d'Ambelaki dontja longueur ne dépasse pas le kilomètre sur une largeur de 400 mètres avec le petit bourg d'Ambelaki à l'ouest et à une heure de distance au nord-ouest le bourg actuel de Salamis. Lne route part de l'extrémité nord de l'île où se trouvait lioudoron, distant de 4 kilomètres de ce dernier bourg. C'est ici le point où touche le bac destiné au service des voyageurs venant en coche de Mégare situé sur le rivage opposé. Cette route traverse la nouvelle Salamis, et va, par une série de petits ravins, oi!i l'enivrante odeur de thym écrasé tlotte autour de vous, parfumant l'air, aboutir au nord des ruines de

1. Lolling, op. cit. .MilchhiM'er, Erlaiinlenuler Te.tl zi/ llefl. VII-VIII fier von Ciirlius uncl Kaupert, /lerausfjef/ebenen Karlen oon ALtika.

la cité antique, d'où un aulre bac vous dépose au pied dWegaléos, à Pérama ; de là, vous conlinucz, en contournant la baie de Keratzini, située en face de Kynosoura, voire cbcmin sur le Pirée et Athènes. C'est ici, comme nous l'avons déjà observé, au pied d'Aegaléos, aux environs de Peiama actuel, sur un point d'où l'on peut apercevoir tout le détroit, qu'il faut placer le centre des forces perses de terre qui sont venues se déployer sur la côte, et le point d'où le grand roi suivit l'action navale. Hérodote là-dessus est assez formel '. Mais à quel point précis de la côte deSalamine, à coup sûr situé entre l'ancienne ville ot l'agglomération moderne d'Ambélaki, faul-il placer le quartier général des confédérés, où se tenaient les séances tumultueuses des stratèges ?

A l'ouest du bourg de Koulouri s'étend une grande langue de terre, la presqu'île du nord déjà citée, d"une largeur de 2, .500 mètres environ et d'une longueur de 6 kilomètres, qui divisée en deux proéminences forme la baie deTrupika, portant le môme nom que l'Ile, d'une longueur d'un kilomètre, située entre la leri-e ferme et l'île de Salamine. La dislance de Trupika à la proéminence méridionale est de 400 mètres. La côte de Mégare avance vers l'île de Trupika par une presqu'île longue et aigûe qui s'arrête à ^JOO mètres de celle-ci -. Cette petite île est séparée aussi par un goulet de 400 mètres de la côte "salaminienne. Là est donc la porte la plus étroite du golfe d'Eleusis. "

Si vraiment les Grecs avaient l'intention de fermer les issues de ce golfe, s'ils voulaient intercepter l'entrée de l'ennemi dans les détroits, on ne voit guère la raison pour laquelle ils n'au-

Page 1