Hérodote, VI H, 'JO
2. Ce sont là des noms établis par Hans Raase, mais une enquête sur place nous a permis de constater qu'ordinairement l'île de mille mètres, sise au milieu du détroit s'appelle MixpovT|ffoi;, celle en dehors du goulet Pî^iôoùja, nom qu'on trouve d'ailleurs sur toutes les cartes, et les deux îlots avoisinant la côte mégarienne, Msyapôvvr.aoi avec les dénominations spéciales Mixpo vT^ai et MsyâXo vt,j{. La baie de Trupika porte réellement le nom de Saint-Georges porté également par la cinquième île, la Mmot. (et non Miviôa) de Thucydide, changée actuellement en cette presqu'île (|ui s'.ivance vers l'île de Trupika.
raient pas envoyé une partie de leurs forces défendre ces passes du noid, si faciles à fermer et se prêtant merveilleusement à un embouleillage. Mais les textes ne font pas la moindre allu- U«nvoi d'un détachement de la (lotte grecque vers cette direction^ c'est ce qui nous donne à penser que les Grecs ne méditaient pas de s'opposer à une irruption de l'ennemi par les entrées des deux détroits, mais de livrer une bataille dans le grand détroit méiidional en deçà de Kéramos et de Kynosoura.
La petite presqu'île septentrionale de Boudoron, n'est, elle aussi, séparée de la côte mégarienne que par un chenal de 100 mètres environ. Des deux bras de mer qui séparent Salamine du continent, le détroit formé avec l'Attique est sans doute, le plus important et celui qui intéresse la reconstitution de la bataille.
La distance de Psyttalie au Pirée est de trois kilomètres environ, et de Munychie, six. La distance de la passe orientale à la passe occidentale est par la grande mer de quatre milles; celle de Trupika ou Macronesos à l'ancienne ville de Salamine, par la baie d'Eleusis, deux milles et demi. Quant aux îlots (jui se trouvent devant Salamine comme des sentinelles avancées, on ne peut avec certitude identifier que celui de Psyttalie, malgré ce que dit Beloch qui reconnaît Psyttalie dans l'îlot de Saint- Georges'. L'aride Psyttalie, la Lipsocoutala - des nautoniers modernes du Saronique, est très basse, ne dépassant pas vingtcinq mètres, disposée du sud-ouest au nord-est. Elle est mentionnée par Hérodote et par Eschyle, lequel, toutefois, ne la nomme pas. Quant auxKyi'aJcs actuelles, situées à droite du débouché du déli-oilvers la baie d'Eleusis, il est possible qu'elles soient les Xo'.pâoî; des anciens '.Leake cependant croit ''<]ue ces îlots, sur
1. Bcloch, Die Schlacld bei Salamis. (Ivlio, Bd. VIII, p. 479).
2. Coiiiine Salamine, la petite île doit sa dénomination moderne à sa configuration. On lui suppose, en y mettant sans doute une forte dose d'imagination, la forme d'une grande louche abîmée et tronquée : Asi'j/oxo'JTiXa de ëXenj/a, )>£'.'|o; incomplet. Depuis quelque temps une nouvelle orthographe a surgi ('Es. 'Ap/. 1909), A'j'|oxo'jTi>>a, d'une étymologie insuffisamment claire et à rejeter.
3. Voir Milchhofer, Erlaul. texl-karl. von Atliha. Heft. Vll-Villï p. 31, et S. Lambros, Alhen. Milt., Xlli, p. iOS. Reu. fleslia, vol. Il, art. Xo'.pâÔ£;-Kupiôî!;.
4. Leake, T/ie Topor/rophy of Alhens and Uie Demi, Cambridge, 1841.
QUESTIONS TOI'OGRAPUIQUES 241
le plus grand desquels ou montrait la tombe de Gircé ', ne sont que les IMiarinakoussae, mais rien n'est moins sûr, et puisque Slrabon parle des îles Pharmakoussae ^ sans préciser leur emplacement, on a été jusqu'à croire que les îlots de Saint-Georges et le récif voisin, supposé par certains « émergé » dans l'antiquité, portaient ce nom. Le l)"" LoUing reconnaît dans le récif (Klippe ou Riff) qui se trouve près de l'extrémité sud-ouest d'Aegaléos, la petite Pliarmakoussa, et dans l'îlot voisin de Saint-Georges la grande \ G'est facile à dire, moins facile à démontrer.
Pour le reste des îlots entourant Salaminc, à savoir : Léros, qui paraît pourtant avoir conservé son nom, — Saint-Georges, Atalante (Talandonisi) au sud de Kynosoura, Arpedoni, Revithusa, du côté du détroit de Mégare, ainsi que pour les rochers Schrophae, Pélises, Paranisi, sur la cote méridionale, Peristeria, et Tîtot anonyme se trouvant devant l'extrémité occidentale de l'île, l'autre, encore, de forme oblongue, Macronesos qui coupe en deux le détroit de Mégare, il n'y a que des conjectures. Mais lequel de tous ces îlots, grands ou petits, qui forment à l'île historique une sorte de diadème, est cette Kéos d'Hérodote d'où une partie de la flotte perse appareilla à minuit pour investir, avec le reste de Parmée, le camp naval des Grecs?
Est-ce bien une île, d'ailleurs, ou un point de la côte sur la terre ferme? Nous n'en avons pas la moindre notion. En tout cas, il semble que ce soit un point peu éloigné des passes méridionales du détroit. On veut que cette Kéos '* soit une petite île, la troisième citée par Strabon ', actuellement érosée et submergée. (]c serait une manière commode de résoudre la question ; mais on n'est pas sûr de cette donnée. Nous reparlerons de ces phénomènes géologiques qui se seraient produits dans le détroit. Lolling reconnaît Kéos dans l'île de Léros ^ Loeschke