‹ La bataille de SalamineChapitre 237 sur 325 · Eschyle, l'erses · texte numérisé non relu

Eschyle, l'erses

LA VEILLKE DES ARMES ï>81

bloqiKM- !;i passe onlrc Salaiiiineot Mogare »; bien que ceci soit déjà, (l'inie cerlaiiu' manière, indiqué par le niol i'/.-Aoj;. C'est pour loules les issues qu'il s'exprime ainsi, et c'est la seule interprétation naturelle d' r/.-y.oj^ et -ôooi»^ '. Le Al'avTo; -sp».; a une signilicalion assez claiie. L'île fut bloquéede tous les cotés. Hérodote, par contre, comme première partie de Tojx'ration, admet seulement roccupalion de l*syttalie aux premières heures de la nuit, et il parle d'un appareillante général plus lard, à minuit, dans le but d'envelopper les (Irecs ; c'est à partir de minuit seulement que les divisions s'ébranlent pour approcher de leur camp maritime. A cet eflel, les Perses font appareiller leur aile de l'ouest; ils font appareiller également les navires rangés entre Keos et Ivynosoura -. Avant l'occupation de Psytlalie, Hérodote ne rapporte aucun mouvement général de la flotte. Où donc se trouve-t-elle après l'attaque remise au lendemain, et pendant le débarquement à Psyttalie? Le fait est déconcertant. Quelle était sa disposition au moment où elle déploie son aile de l'ouest? Il me semble cependant, — si je suis parvenu à me familiariser avec la manière d'Hérodote — que, si la Hotte perse ne se trouvait plus à Phalère, si elle était toute entière déployée en bataille au moment où une de ses divisions procédait au débarquement à Psyttalie, l'historien n'aurait pas manqué de nous le signaler, malgré sa concision. Il est donc à supposer qu'un important détachement de la flotte se chargea de couvrir cette délicate opération de débarquement en un point si proche de l'ennemi, pour parer à toute éventualité, après quoi elle se rangea devant la côte septentrionale de Psyttalie, vers Kynosoura, et attendit. C'est seulement vers minuit que le reste do la flotte appareilla de Phalère où il se trouvait depuis le moment où, faute de temps, la nuit survenue, il n'avait pu réaliser son projet d'attaque, qu'il ajournait au lendemain. Il élait très naturel que la flotte retournât à Phalère, d'abord pour manger, ensuite parce que c'eût été mal préparer les éejuipages au combat du lendemain que de les

1. Eschyle, /V/-.s'e.s-. 3fi7 : îx-aouj ■^■j't.iz-:!:-/ xal zùoo'j; iA'.ppô'io'j;.

2. [lérodute, .\ill, IG : ir.i-.Z'r, v;\'n;-rj ixiix: vOvctc;, àvfvov lièv...

tenir cloués sur les bancs toute la nuit, et occupés à ne pas laisser les navires aller à la dérive. C'était les exténuer, les ankyloser inutilement. Donc, la Hotte regagna Phalère ; mais les Perses une fois trompés par Sikinos, se préparèrent à appareiller de nouveau, tout en envoyant immédiatement occuper Psyttalie. D'ailleurs, àvàveo-Oat, appareiller, terme dont Hérodote se sert pour signaler le commencement de la nouvelle opération^ est toujours employé dans le sens de quitter le port ou la côte. Si l'on est en panne au milieu de la mer, on se remet en route, on n'appareille pas.

Ainsi, minuit trouve les forces perses une partie disposée autour de Psyttalie, et entre Kynosoura et Kéos, point situé très probablement en face, sur la cote d'Attique ', l'autre partie, la force principale, à Phalère. Cest à ce moment que le signal de lappareillage est lancé, et que les navires s'ébranlent.- Voici d'ailleurs le texte même d'Hérodote sur cet événement : « Èttsio-Àj sylvovTO a$Ta'. vjxtîç, àvVj'O''' [J'-^v 16 à?:' £<77t£p7|ç xspa; xuxAO'jp-SVOt, Tzpoç tyj v SaÀaa^va, h.Y7^Y^y oï ol k^o\ Tf,v Ksov Ts xal TYjV Kuv6<T0upav Texaypisvo!., xaTsIyov T£ ^^%^^ Mouvi>'^'/r,ç TcàvTa Tov TîopBuov ir^'y\ vT,"ja-'l : cest-à-dire : « Comme minuit était venu, les Perses font appareiller, d'abord leur aile de l'ouest, faisant une conversion vers Salamine, ensuite ceux qui étaient rangés entre Kéos et Kynosoura, et ils occupent de leurs colonnes tout l'espace entre Salamine et Munychie ».

Je dis faisant une conversion vers Salamine parce que le verbe xuxaoûusvo», me semble ici plutôt intransitif. C'est elle, l'aile droite, l'aile de l'ouest de la tlotte perse qui xuxXo'jTa-,, qui tourne sur elle-môme prenant comme pivot Munychie, exécutant une conversion, c'est-à-dire un mouvement par lequel son front change de direction, et au lieu de voir le sud, comme au moment où elle reprenait ses amarres^ elle se porte à présent vers Salamine, mettant par cette évolution le cap vers le nord ^ Un coup d'œil sur la carte ci -contre rend la chose tout

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