‹ La bataille de SalamineChapitre 241 sur 325 · Hérodote, VIII · texte numérisé non relu

Hérodote, VIII

étendue pour que celte rangée de trières puisse se déployer à Taise. Il leur fallait des distances raisonnables entre elles, et sur mer, et sur terre. L'amiral liorckenhagen avec Stcnzel et la majorité des auteurs admet que les Athéniens avaient hisse ou amarré leurs navires sur la côte qui borde le nord du détroit, et les autres confédérés sur la côte qui borde la partie méridionale du même détroit.

C'est un fait admis, même par ceux qui suivent Diodore pour les positions respectives des deux Hottes pendant l'action; ils ne nient pas que les Athéniens, s'étant attardés à Phalère jusqu'à l'évacuation d'Athènes, et arrivés les derniers à Salamine, n'aient eu qu'à prolonger la ligne des alliés vers le nord, et à occuper le rivage même au-delà de la petite île de Saint- Georges. Le reste des confédérés occupait déjà la petite baie entre Kynosoura et la ville de Salamine, ne laissant plus de place aux Athéniens qu'au nord. D'ailleurs, la droite revenait aux Spartiates et à l'amiralissime de plein droit. Ainsi, par une suite nécessaire des faits, l'aile droite ou de l'ouest de la flotte perse, — les Phéniciens, doublant déjà Aegaléos dans la direction d'Eleusis a fait face aux x\théniens qui formaient l'aile gauche de l'armée hellène. L'aile gauche ou de l'est de la flotte barbare, ayant déjà en partie doublé le Pirée, et entrée dans le détroit se rangea vis-à-vis des Lacédémouiens ou aile droite de l'armée grecque. J'ai dit en partie. Hérodote qui, jusqu'à présent parle toujours des Ioniens et des Cariens, comme d'une même armée conduite par le môme amiral Ariabigne, porte les Ioniens seuls contre l'aile droite grecque, et laisse comprendre que les Cariens, formant la queue, l'arrière-garde de l'armée, n'eurent pas le temps d'entrer dans le détroit. Faisant force de rames pour y pénétrer à leur tour, une fois la bataille engagée, ils n'auraient pas peu contribué à la confusion eflVoyable qui brisa Teffort perse, et à l'obstruction de l'issue du détroit. Hérodote précise : Ka^à [j.£v o/j 'AO/iVa-lou; hî-T/y-o <I>o'lv!.x£; (o'jtoi yàp slyov to îîpo; 'EAs'JtwÔ; T£ xal i<7~ip-r\q xspa;), xaxà oè AaxeSat.jj-ovlouç "kovsç • O'JTO'. 0£ slyov to ttoÔ; Tr,v r,w t£ xal tov Os'.paua '.

1 Il.-roclote, VIII, 80.

Dans les descriplions des grandes batailles, Iléiodole ne manque pas de signaler la position et la composition des ailes. Mais si pour la bataille de Ladé ' il se contente d'indiquer vaguement que les Milésiens avaient l'aile du levant, et les Samiens celle du couchant, dans la bataille de Salamine, il sent le besoin de préciser mieux, d'expliquer tout à fait la disposition des armées dans le détroit, et il ajoute deux points d'orientation sûrs, Eleusis et le Pirée. On ne pouvait être plus clair. On voit pourtant qu'Ilérodole ne dit rien des deux centres, des deux corps de bataille des armées opposées; c'est le comble de la concision, mais il n'est pas difficile de trouver que le centre grec était composé des escadres des petites villes de la Grèce extérieure (Iransislhmionne), s^to 'EAÀâooç, et d'une partie de la flotte athénienne ; que le centre perse était constitué par l'armée d'Achémenès, c'est-à-dire par le contingent égyptien. Phéniciens, Egyptiens, Ioniens, c'est l'ordre constant des escadres barbares chez Hérodote. Lorsque Mardonius parle ^ de la défaite de Salamine et de la conduite piteuse des alliés, il les

1. Dans la bataille de Ladé, VI, 8, il signale tout simplement : 16 aèv -pô; XT,v r,Ô3 3Ï/0V xspa; aÙTol Mi).f,7io'.... TeXsuTaiOi 5' ixâjsovxo à'/ovTj; t6 ~pô; éaKÉpav Xc'pa; Sâiiiot... ASalaniine, il sent, et pour cause, la nécessité de préciser, de souligner par les expressions; xal tov ns'.pa'.éa... xô -po; 'EAôocrvo;. L'expression que les Phéniciens occupaient l'ouest vers Eleusis, et les Ioniens, l'est vers le Pirée, est certainement inexacte en ce que les premiers avaient une direction nord-ouest, les seconds sud-ouest. Un regard sur la carte montre qu'une ligne tirée de l'ouest vers l'est et continuée vers Eleusis et le Pirée, c'est quelque chose de géographiquement impossible. Mais cette manière de dire est jusIiQée parce que le détroit, aussitôt après le goulet d'entrée, tourne vers le nord-ouest et le golfe d'Eleusis. D'ailleurs Hérodote montre souvent ce manque d'exactitude en ce qui concerne les points cardinaux, comme ipiand il représente les Thermopyles dirigées du nord au sud (VIII, HG), ou ([uand il décrit rilellesponl comme situé à l'ouest de la mer Egée iVl, 86). De mèiac pour larméc de Xerxès traversant la Chersonèse dans la direction orientale au lieu de sud-ouest nord-est (VII, "JS), et les mines de Panghéon placées à l'ouest de la rivière Anguités et au nord de Strymon, tandis que, en fait, l'Auguitès coule au nord-ouest et le Slrymon au sud-ouest de ce point. Leeschke (p. .îl) a voulu lire Trpô^ SaXaixïvoî, au lieu de Tcpôî 'Elzoal^oi pour concilier les passages 76 et 85 d'Hérodote, mais cette correction, comme lui-même le fait observer (p. 32) place les Phéniciens dans l'aile gauche, en opposition avec ce que rapporte Diodore lui-même (XI, 17).

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