Xénophon, Ilellén. V
3. Xénophon, Ilellén, V, 1, 5 S(| : /.iOtov -zî àoitù tiTjv xïXs'jcttwv àvTt cstovr,;
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4. L'enlètenient de ceux qui persistent à croire l'alnileux que les trières perses aient pu glisser inaperçues, dans lobscurilé, à une distance de 1500 mètres des Grecs est au moins curieux. Traversant, il y a quelques années, par une nuit
LA YEILLEn DES ARMES 301
L'entrée de la tlotle perse dans le détroit pendant la nuit, et la formation des lignes de bataille telle qu'Hérodote l'établit, n'est pas contredite par Eschyle, mais elle n'est pas confirmée non plus. C'est tout le contraire avec Plutarqne qui représente le camp grec cerné de près, la mer environnante et la mer plus éloignée', occupées par des navires ennemis. Cette double mer, dont Aristide parle aux généraux, ce sont sans doute les eaux qui entourent la ville de Salamine ellemême, où très probablement se tenait le conseil des chefs confédérés, et la haute mer, la /.xtôtî'.v, la mer hors des passes.
Avec Eschyle, on croirait plutôt que Xerxès se contenta de fermer les issues et d'attendre pour repousser la tentative d'évasion des trières grecques. Hérodote corrige bien cette acception. Les Perses commencent dès minuit à esquisser leur mouvement offensif, mais à l'aube ils sont surpris par les Grecs sans avoir encore tout à fait formé leur front d'attaque. C'est plus rationnel tout d'abord. Xerxès avait hâte de séparer le contingent de Salamine, gros de presque cent mille combattants,— 80.000 é(juipageset quelques milliers de soldats athéniens sur l'île, — de l'armée de Cléombrole ; d'empêcher par tous les moyens la jonction des deux armées. Aussi, cernei- et prendre les forces alliées à Salamine, était de toute urgence pour lui. Son armée allait s'engager, sous peu, dans la ditïicile voie qui mène de Mégaride à l'Isthme; il ne pouvait plus différer d'un seul jour l'attaque des forces imposantes qui menaçaient les lianes de ses troupes sortant de l'Attique et s'acheminant vers les portes Skironides.
Le récit de Diodore renverse complètement l'ordre de combat donné par Hérodote. Non seulement il fait appuyer les lignes ennemies d'un côté sur le rivage de Salamine, de l'autre sur un
obscure, le Saroniqiie, notre bateau faillit couler <leux paranzae napolitaines, naviguant les feux éteints. Seuls, les cris stridents des lazzaroni en détresse révélèrent au commandant l'existence de deux bateaux ;i vingt pas de son bord. .\ la vérité, il serait absurde de la part des auteurs de nous parler de nuit, si cette nuit et ce xvssa; avaient toutes les vertus du jour.
1. Plutarque, Aristide, 8 : to yàr, èv xûitXw xaî xaxô-iv f.ôr, T.éXxfo;.
302 LA BATAILLK DÉCISIVE
point de la côte d'Attiqiic, mais il place les Athéniens à l'aile droite. Ce dernier point est également inadmissible. C'est une des nombreuses erreurs de Diodore. Les confédérés se déployaient toujours sur mer comme sur (erre, en un fronl dont l'aile droite, poste d'honneur de l'armée, était occupée par les Lacédémonicns, l'aile gauche parles Athéniens, les alliés étant au centre '. Entre les villes coalisées, les questions de préséance étaient d'une réelle importance. Leur lang dans l'ordre de bataille créait de véritables droits. Hérodote ordinairement concis, nous donne d'amples détails - sur la discussion que Tégéates et Athéniens eurent à Platées pour l'honneur d'occuper l'aile gauche, l'aile droite, occupée déjà comme d'ordinaire par les Lacédémonicns. Les chefs, pièces en mains, défendent chacun les droits de sa cité, jusqu'au moment on le camp lacédémonien d'un seul élan acclame les Athéniens comme ayant des titres de préséance indiscutables. Chacun a sa place; cela constitue un droit, et Hérodote s'en occupe avec attention. Le moindre changement des ailes à Salamine serait pour lui l'occasion d'un rapport minutieux. Pour aucune raison les Athéniens à Salamine n'auraient consenti à occuper une place secondaire, abandonnant leur rang aux Eginètes ou aux jMégariens; comme à Platées, « ils se rangeaient derniers en même temps que premiers, tenant l'aile gauche » ^ M. Goodwin' croit que la petite escadre lacédéraonienne de seize navires, pouvait passer inapei'çue à côlé de cent quatrevingts trières athéniennes. Le nombre de navires n'est pas une raison, puisque déjà le chef lacédémonien est nommé commandant général de toute la tlotle coalisée, de même que dans la bataille de Lépante les neuf galères papales occupent le poste d'honneur et que leur chef, Marc-Antoine Colonna, a le pas sur le Vénitien Sébastien Yeniero, chef pourtant de dix fois