‹ La bataille de SalamineChapitre 251 sur 325 · Hérodote, VllI · texte numérisé non relu

Hérodote, VllI

3. Le silence de Diodore sur l'occupation de Psyltalie est logique; en effet, cette opération n'aurait de sens, en ce qui concerne les naufragés grecs, que si les Grecs étaient poussés de l'intérieur ilu détroit vers l'extérieur, ce qui, avec Tordre de Diotlore était impossible.

« sauver les Perses et de massacrer les Grecs qui pourraient être poussés sur son rivage » '. Mais de quelle manière ceux-ci seraient-ils poussés sur ce rivage s'ils combattaient dans le détroit, au-delà et au nord de Kynosoura, sépaiés complètement de Psyttalie, qui ainsi devait se trouver derrière les lignes perses, lesquelles s'efforçaient de poncirer dans le détroit, refoulant devant elles les Grecs, dont les navires avariés n'auraient rien à faire avec Psyttalie, puisque leur ligne de retraite se trouvait vers le nord? Donc, l'idée de l'occupation de Psyttalie en vue de nuire aux Grecs, qui s'y seraient réfugies, est incompatible avec une disposition des forces perses telle que, celles-ci déployées, et même sur plusieurs lignes, entre Kynosoura et Kcramos, ou entre Kynosoura et Aegaléos, auraient rendu impossible tout accès de Psyttalie aux Grecs. Il n'en serait pas de môme si les tlottes ennemies étaient déployées, comme elles le furent, le long des rives opposées du détroit, l'aile droite des Ilellènos s'étendant presque jusqu'aux eaux de Psyttalie, de laquelle aucune ligne perse ne la coupait, la flotte barbare étant rangée en face et adossée à l'Attique.

L'amiral JJorckenhagen - tout en critiquant l'opinion de M. Busolt qui admet l'entrée de la flotte perse dans le détroit à la faveur d'une nuit obscure, marque une tendance vers l'opinion qu'après une nuit utilisée toute entière à des mesures de blocus, un combat s'engagea au malin sur les issues qui se prolongea ensuite dans le détroit.

Ce qui l'amène à ce raisonnement c'est qu'il croit qu'Hérodote ne mentionne pas de mouvement portant à minuit les forces perses dans le détroit, — il ne parle que des mesures concernant le blocus à cetle heure. — Mais toutefois, Hérodote décrivant la bataille représente les deux flottes engagées dans le détroit, les lignes ennemies étant rangées dans la direction du Pirée à Eleusis. Nous allons suivre l'amiral dans son exposé et tâcher de démontrer son erreur. Nous convenons avec lui que

i. Goodwin, Pap. ofllie Am. Sch. of Cl. S/, al Al/iens. Vol. I. 2. Admirai Rorckenhagcn, op. cil., p. 28.

la disposition du gros des forces perses pendant la nuit, est le nœud de toute la question, et que la réponse à celle question est étroilement liée à cette autre, à savoir où et quand la bataille a été livrée. D'après Busolt, la tlolle barbare, « ta la faveur de la nuit profonde ', effectua le mouvement par lequel la flotte hellénique fut cernée. Probablement l'aile droite de la flotte perse, destinée à la cerner, entra dans le détroit de Salamine, en serrant de près la côte d'Attique, et poussa jusqu'à l'extrême saillie de l'Aegaléos où elle prit position en face de la baie de Salamine. Ce fut l'aile nord-ouest disposée dans la direction d'Eleusis.... L'aile gauche perse s'avança également dans le détroit au-delà de Psyttalie et prit position autour de Kéos et de Kynosoura. Hérodote la désigne comme l'aile disposée dans la direction de l'est et du Pirée ». A ceci l'amiral Borckenhagen objecte que cette description ne trouve d'appui ni dans Hérodote ni dans Eschyle. « Tous les deux ne nous donnent pas autre chose que l'occupation de Psyttalie et les mouvements en vue de bloquer les détroits pendant la nuit. En ce qui concerne l'entrée en ordre de bataille qu'on ne peut, d'après p]schyle, se figurer avoir été effectuée que le lendemain matin (quoique lui non plus ne nous donne pas de détails), nous n'apprenons par Hérodote que les résultats; savoir, la disposition des principaux contingents après le déploiement en ordre de la bataille, du Pirée à Eleusis -. D'autre part, il est inadmissible de fondre les chap. 76 et 85 d'Hérodote, ainsi que le font Busolt et d'autres, et l'on n'arrive pas parce subterfuge à combler l'espace de temps écoulé entre le mouvement destiné à bloquer les détroits et le déploiement de la ligne de bataille. Car, comment l'aile droite est-elle arrivée vers l'ouest (nordouest), dans la direction d'Eleusis, — l'aile gauche vers Test et le IMrée, cela reste inexpliqué. L'on se trouve ici en face d'une interprétation du texte d'Hérodote qui n'est d'accord ni

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