‹ La bataille de SalamineChapitre 252 sur 325 · Hérodote, VIII, "fi. Eschyle, Perses · texte numérisé non relu

Hérodote, VIII, "fi. Eschyle, Perses

2. Ici on pourrait peut-iHre objecter que les résultais enregistrés de main si sûre de la part d'Hérodote devaient avoir été précédés de l'action qui les a produits et cette action est l'entrée à temps de la flotte perse dans le détroit.

avec la lettre ni avec le ?ens, ;iinsi (jue Ta démontré d'une manière convaincante M. lîam r. C'est la façon dont Busolt comprend le mouvement tournant autour de Salamine, décrit par Hérodote et Eschyle, qui le détermine à adopter cette manière de voir. 11 ne se représente pas ce mouvement comme étant elTectué autour de l'île, mais plutôt à l'inlérieur du détroit. Mais le mouvement perdrait ainsi toute ressemblance avec un cercle, et les Phéniciens par (jui il le fait exécuter ne pouvaient à ce moment se trouver à l'aile ouest. Ceci place le lieu de bataille à l'intérieur du détroit, et de plus nous explique l'intention de Busolt d'assigner à la colonne d'enveloppement [Cmgelningskolonnf), « dont Texislence ne peut être contestée », un rôle aussi secondaire qu'inellicace. Si, par le fait de la progression de l'aile gauche, on avait déjà obtenu le barrage de la baie de Salamine, toute la colonne qui devait effectuer le mouvement tournant, mais au fond aussi la fermeture des issues du sud, était suporllue. La fusion ' des chapitres 76 et 85 influe d'une manière encore plus désavantageuse sur la disposition des Perses au point de vue tactique. D'après Busolt, la ligne perse s'étendait d'Aegaléos par Kynosourfi, en s'yppuynnt sur Psyttalie, jusqu'à Kéos. Ce dernier point est placé par Wecklein et d'autres auteurs en Attique. De cette façon, exactement la moitié des forces perses se trouvaient en dehors du détroit, elles n'avaient donc pas d'adversaires en face d'elles et elles étaiont dans l'impossibilité de preudre part active au combat ».

<( Stenzel lui-même, qui se range du côté de Busolt dans les questions essentielles et il n'en diflère qu'en déplaçant un peu le gros de la bataille, doit en convenir. Aussi ne veut-il empêcher, avec les navires disposés à l'est et à l'ouest de Psyttalie, qu'une fuite éventuelle des navires grecs. Il ajoute textuellement. « A part cela, ils n'avaient certainement pas eu l'occasion de prendre part au combat ».

1. 11 veut dire la fusion des passages suivants : VllI. 16, àvf,Y07 |aèv t6 i-" éa-ÉpT,; xépai; xuxXoùijLevoi Trpàî Ti,v Sa>.a[xrvï. VIII. 85, Kaxà [xàv St. 'AOTivatouî £TîTayxTO <l>o(vixs;, O'jtoi vàp i^-yo' '6 -06; 'EXe'jsïvo; te xai la-JcT,; xépa;.

Borckenliagcn résume : la niajoiito des historiens, et les otïiciers de marine ' (jui se nnii;oiit de leur côté, arrivent, par rinterprélalion d'Hérodote (dans celle question ils ne peuvent pas se servir d'Eschyle), au résullat suivant : La deuxième opération des Perses aurait consisté à introduire après minuit le gros de leuis forces dans le détroit, et à former en face du camp maritime des Grecs leur ligne de bataille. Ils déplacent ainsi le lieu de la bataille à l'intérieur et le long- du détroit. Il en résulte une situation moyenne entre une position de blocus et nne ligne de combat. Toutes les forces placées au sud de Kynosoura auraient été, au moins pour la première phase du combat, inactives. Une minorité d'auteurs -, et nous nous rangeons à leur avis, sauf quelques détails, présument que pendant la nuit les Perses ne prirent que des mesures visant le blocus des passes, mais qu'ils ne formèrent que plus tard leur ligne de combat, et que le matin les deux flottes commencèrent l'action à l'issue du détroit »,

« Nous croyons utile et nécessaire de séparer en principe et d'une façon stricte les mouvements décrits par Hérodote, VIII, 76, qui menèrent à la fermeture des détroits, de la description

1. De cette majorité sont : Grote, Curtius, Duncker, Wecklein, Bauer, Stein, les marins Jurien de la Graviére, Gavolti,Usslar, Stenzel. On peut ajouter à leur suite tous les historiens modernes qui se sont occupés des temps classiques, entic autres les historiens hellènes Papparigopoulos et Lambros qui ont eu maintes occasions d'étudier sur place cette question. C'est l'opinion généralement admise, basée sur le récit d'Hérodote. Hauvette également conclut que la bataille fut livrée dans le détroit, la flotte grecque adossée au rivage de l'île, la flotte perse développée depuis la pointe de Kynosoura jusqu'au cap Ainphialé. Cependant Hauvette s'imagine un quadrilatère dans le bassin formé des eaux qui se trouvent entre la baie de Kératsini et la baie d'Ambelaki. De ce quadrilatère les lignes nord-est et même une partie de celle du sud, seraient occupées par les Perses, le reste, sud et ouest, par les Grecs, qu'il suppose déployés, un peu avant l'engagement, en avant de la baie de Salamine, suivant une ligne qui ne peut guère mesurer plus de 3.500 mètres. H se laisse ainsi aller à des considérations qu'on ne saurait appuyer sur les textes.

2. Ce sont Heloch, Loeschke, Breitung, Goodwin, .Milchhiïfer, Haase, et Du Sein {Histoire de la Marine de loits les Peuples, avant tous les autres, séduit à ce qu'il paraît, parie récit de Diodore. Le récit d'Hérodote il est vrai sera toujours plus difficile à comprendre, si l'on n'a pas, par préparation spéciale, une notion juste de la marine de guerre à rames.

de la ligne de bataille qui suit plus loin, VIII, 85. Les historiens sus-menlionnds combinent les deux. Gela constitue la différence fondamentale dont toutes les autres découlent. Comme quelques-uns d'enlie eux le disent explicitement, ils y sont déterminés par l'expression « aile ouest » qui se trouve dans les deux chapitres en question ; une fois dans le VIII, 76 tout court, une autre fois, VIII, 86, en ajoutant : « dirigée vers Eleusis ». Ceux-ci font avancer cette aile gauche bien loin dans le détroit de Salamine ; mais pour atteindre son point de départ elle devait effectuer une manœuvre longue et com'pliquée, évolution ou virement dont il n'est question nulle pari. Nous laissons par contre se mouvoir cette aile selon Hérodote', VIII, 76 etEschyle368,circulairement autour de Salamine. On doit donc examiner si « l'aile gauche » du chap. VIII, 76, est identique à celle désignée de la même façon au chap. VIII, 85. A cet effet, il est utile de nous remémorer la situation à la veille de la bataille. Après le conseil des généraux perses, ceux-ci avaient mis à Ilot leurs navires hissés sur la plage de Phalère et ils avaient pris la mer dans la direction de Salamine. Ils ont dû quitter la rade, le cap vers l'ouest, — direction de sortie, — et ils auraient viré, plus tard, vers le nord; car c'est de là seulement que les (Irecs pouvaient venir ».

(( Les Grecs, continue l'amiral Borckenhagen, ne faisant pas mine de sortir et d'accepter le* combat, ils durent y renoncer pour ce jour et le remettre au lendemain. Sur le lard, Xerxès reçoit le message de Thémistocle lui dénonçant le projet de fuite des Grecs, et il donne les ordres que nous savons par Hérodote et Eschyle. Il faut se demander ici : « Où stationnait à ce moment la ffotte perse et de quelle façon devaient, en conséquence, être exécutés ces ordres? » D'après les renseignemenis que nous avons, <» elle ne pouvait être postée qu'à une distance plus ou moins grande au sud des issues du détroit. » Car celles-ci, de même que Psyttalie, ne

1. L'auteur suppose que le x-jxaojjjlsvo'. -pôî Tr,v ilïAaaïva il'UtTodote si.u'nifie que l'île de Salamine fut entourée par l'aile gauche des Perses.

furent occupées qu'après. Dans quelle formation la tlotlc so trouvait, cela n'a pas d'importance et peut rester en dehors de nos considérations. Peu importe si elle était formée en pelotons, colonne de marche, ou si elle avait déjà formé son front de bataille. Dans tous les cas, son front et ses proues étaient dirigés vers le nord et vers les issues d'oii l'ennemi devait apparaître. Même si nous sui)posons avec Busolt, à l'enconlre d'Hérodote et d'Eschyle, que l'occupation des détroits et de Psyttalie eut lieu pendant le jour, les navires perses n'en étaient pas moins dirigés vers le nord. Ceci étant donné, l'aile gauche perse était dirigée vers la cote sud de Salamine, tandis que l'aile droite devait pointer sur le mont Aegaléos en partant de l'Akté. Dans ces circonstances, l'ordre de Xerxès, qui prescrivait précisément à l'aile gauche d'exécuter le mouvement tournant autour de Salamine dans le but de bloquer le passage nord-ouest de l'île '.devient de plus en plus compréhensible ; elle était la mieux placée pour cette mancuvre, et son détachement ne comportait aucune désorganisation pour le reste de l'escadre. On peut conclure avec certitude que 1" « aile ouest » mentionnée dans le chapitre VIII, 76, et celle du 83 ne peuvent pas être la même. Car celle dont il est question dans le 76 ne pouvait pas être dirigée vers Eleusis pendant la phase de blocus, mais devait plutôt être maintenue jusqu'au soir dans sa position à pioxiniilé de la cote sud-est de Salamine, c'est-àdire au sud de Sélinies, Klle ne pouvait pas encore avoir dépassé les issues et être entrée dans le canal, parce que nous savons que les passes ne seront occupées que dans le courant de la nuit. Ainsi pendant le jour où l'ordre de bataille des Perses, s'étendait de l'ouest à l'est, son front étant dirigé vers le nord, l'aile ouest des Perses était Vailr (jauche. Si elle devait être dirigée vers Eleusis, elle aurait dû, après avoir franchi l'issue du détroit, elîectuer une conversion importante à gauche, environ 120°. C'est seulement à ce moment que l'ordre de bataille des Perses se trouve au point où Hérodote le décrit ;iu

1. Il tant noter toiijuiirs i|iie ce n'est i>;is Héruiloto i|ni avance pareille allirmation.

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