llérixlntr, VIII, 0:i
1. Diodore, XIII, 98 : -/xi xi; y.ïÀo'juiva; "Apy.vojTa; v/,aou; Tj\i.-zy:D.7.(!>-<. t/, tï;ï:.
3. À rencontre de ce qu'il ariivail à l'époque des vaisseaux à voile, il n'y a • presque pas de batailles de marine à rames où le vaincu prenne vcritablenienl le large; une plage pour hisser et sauver ses trières est presque toujours à sa portée ; c'est une élémenfairc prévoyance.
encore entre les combats de Salamine et de Kynos-Séma au moment de la lutte dans le détroit. Si l'IIellespont ne suffit pas à nous donner une idée exacte des aptitudes de la marine des anciens à combattre sur des champs de bataille de modestes dimensions, les combats livrés dans le port de Syracuse pendant l'expédition des Athéniens en Sicile pourraient nous otîrir amplement l'image de ces sortes de tournois. Ce champ clos peu spacieux créait un désavantage aux navires agiles, et ce fut le cas des Perses à Salamine, disposant de navires plus rapides et plus maniables, au grand avantage des Grecs, dont les bâtiments étaient plus lourds. La tlotte plus légère de l'adversaire se tiouve ainsi privée de sa faculté d'attaquer impétueusement de tlanc, manœuvre dont toujours les trières les plus agiles faisaient grand usage, comme celles des Athéniens, plus tard, dans la guerre du Péloponèse ne se portant pas contre l'adversaire, étrave contre étrave, mais évoluant pour le frapper de côté '. C'est là l'essence de la tactique des trières.
Elles n'ont rien d'insolite, dans l'antiquité, nous l'avons démontré dans notre chapitre sur la tactique, ces longues files de navires luttant entre deux terres sur un bras de mer resserré, où l'avantage de l'agilité, de vitesse, des vertus de giration se perd à cause du manque d'espace, et où la victoire reste à la cohésion relative de la ligne, à la vigueur des coups, et à la valeur des équipages. C'est à cela que visait Thémistocle préconisant la bataille dans le détroit ^ C'est la même théorie, développée plus tard à Naupacte par Phorniion, mais dans vm sens contraire, les x\théniens possédant alors les trières les plus agiles.
Ce n'est donc pas au seuil de la porte queThémisfocle a voulu aller, afin d'empêcher l'ennemi d'entrer dans le détroit, mais c'est dans le détroit lui-même, qu'il a réussi à l'entraîner pour lui infliger des pertes irréparables.
\. Thuc3'dide, VII, .'{6 : ii. TTcpi-îiXou Taï? jaSoXar; /pf,<j9ai.
2. Hérodote, VIII, 60 : èv ffT£V(ô vjuaayÉciv itpô; f.uie'wv ÈJXi, èv sOpu/upÎTi Se ttoo; Èxsivojv et : Ttpô; jJ.èv tiô 'Ia9|ji(ô jujjlSïXXwv èv TrsXiygV àv2iîeT:xaiJ.s'v(() vay|JiayT',(i£iî, iî TÔ T.xtaTa f,arv a'j;xaopôv ssTt véa; ë/o'jat ^apuxÉpaî xai àpiBiAov eXijjova;.
318 LA BATAILLE Dl^CISIVE
Cependant, M. Goodwin demande si les Perses, après avoir pénétré dans le détroit, n'auraient pas manqué l'occasion d'attaquer les Grecs avant que leur ligne de bataille pût ôlrc formée. 11 ne faut pas oublier que les Grecs avaient beaucoup moins de difficultés à encourir pour former leur ligne de bataille, que les Perses. Ces derniers venaient du dehors; ils s'étaient alignés sur une longue file, et ils se trouvaient justement dans la même situation que Persano à Lissa, un moment avant l'engagement. C'est-à-dire qu'ils avaient nécessairement dans leur ligne, des vides qui devaient devenir fatalement plus grands après le signal de mettre le cap contre l'ennemi, inopinément survenu. Occupés alors de toute leur énergie à serrer leurs rangs, ils n'avaient aucun moyen de tomber sur les Grecs pour « anticiper la tactique de Lysandrc à Aegos-Potamoi » comme le craint M. Goothvin. Les tirées par contre n'avaient qu'à démarrer, et leurs lignes se trouvaient formées d'ellesmêmes. S'ils eussent été moins vigilants, s'ils n'avaient pas été avertis par Aristide et les Téniens, une fois le soleil levé, les Perses auraient attaqué. Ce ne fut pas comme à Aegos-Potamoi, où les équipages étaient dispersés pour chercher des vivres dans l'intérieur du pays, et où les trompettes sonnaient en vain la générale. Il y eut des navires qui n'avaient qu'un seul rang de rameurs et d'autres tout à fait vides '. A Salamine, dès l'aube, tout le monde était à son poste, et les troupes avaient pris les armes pour occuper le rivage. Les Perses ne pouvaient pas entreprendre l'attaque avant de fermer leur front et avant le jour. L'attaque par petits paquets, et dans l'obscurité [louvait tourner contre l'assaillant.
Nous ne voyons donc pas pourquoi Usslar, Stenzel, Busolt, tant d'autres encore, qui admettent l'entrée des Perses dans lo détroit, n'étendent pas l'aile droite perse au-delà de Pérama actuel, la gauche grecque, au-delà de l'ancienne ville de Salamine ou de l'île de Saint-Georges. Il n'y a pas de raisons contre cette disposition, ni du côté de la tactique navale des navires à rames, ni du c(Mé de la tradition relative à la