‹ La bataille de SalamineChapitre 260 sur 325 · Xenophon. Hellen., I, 1, l · texte numérisé non relu

Xenophon. Hellen., I, 1, l

ligne grecque, engagée dans une action générale contre les lignes perses du sud. La llolle barbare dont les rangs comprenaienl une bonne partie de la marine de la mer Kgée, n'aurait pas manqué de pilotes, et la marine des anciens était très exercée au cabotage qui était sa seule ressource. Le navire, subtil et léger, d'un très faible tirant d'eau, d'une vitesse bien réelle, formant des flottilles très maniables, quelques heures lui suffisaient pour parcourir ces distances très courtes, auxquelles le souffle des rameurs aurait suffi '. Il ne faut pas oublier que les trières ont souvent accompli des exploits l)eaucoup plus difficiles que ceux-là dans les estuaires de fleuves et dans rilellespont, dont le courant est si fort, et que leur tirant d'eau était inférieur à celui des drakar et des holker normands qui, au x' siècle, infestèrent les bords des rivières peu profondes.

En réalité, si les deux cents navires de Diodore avaient jamais été à Boudoron, ils n'auraient pas eu le moyen de prendre les navires grecs à revers, parce que la ligne de ceux-ci appuyée de son aile gauche sur le promontoire d'Arapis, de son aile droite sur Kynosoura, l'ensemble étant adossé à la cote de Salamine, n'avait pas à craindre d'être enveloppée par un mouvement débordant de l'ennemi. C'est ce que veut faire voir l'amiral Jurien de la Gravière " dans sa belle toile de la bataille de Salamine quant il peint : « Les dénis serrées d'airain s'ouvrent, il est vrai, comme unb mâchoire béante devant les Perses, le rivage se garnit d'ime longue rangée de lances et de javelines ; des monceaux de galets vont voler en l'air si l'ennemi fait mine de vouloir forcer ce double rempart. La

1. Le plus grand espace parcouru par une galère enlie deux palades (voj*. le Lexique), correspondait à la portion de la longueur de navire occupée par sept bancs; en d'autres termes, à 9 m. 74, et on est généralement davis quune galère bien armée devait donner vingt-six palades par minute, quand elle voguait modérément. La vogue à loucher le banc aurait pour résultat de faire franchir à la galère un espace de 2.J0 mètres par minute, de lii kilomètres ou huit milles marins environ à l'heure, allure que nous ne pouvons qu'accorder à la trière, plus subtile, plus légère et dont la vogue était mieux organisée. Nous avons exposé notre manière de voir sur cette question, p. 82.

2. Jurien de la Gravière, La Marine des Anciens, V, 1, p. 44.

position est forte. » Selon le témoigncige formel dllérodote, la côte de Salamine sur le Ijord du dclroit était garnie par Tinfanlerie athénienne des hoplites, rangés en bataille '. On ne peut pas s'imaginer que les stratèges auraient commis l'imprudence de se laisser couper de l'armée du rivage; c'eût été enfreindre les règles les plus communes de la tactique d'alors, qui font penser aux généraux péloponésiens qu'en livrant la bataille devant l'Isthme, ils auraient l'avantage de s'appuyer sur la terre ferme, d'où Taccès de leurs villes serait possible, tandis que acculés à Salamine, ils seraient assiégés et coupés du Péloponcse. Droite ou courbe, la ligne qui vad'Arapis à Kynosoura peut oflrir une place suffisante pour ranger convenablement 380 trièi'es. Mais comment déployer en bataille ces navires sur les 1,700 mètres de Kynosoura à Aegaléos (néraclionj? Ilauvettc \ et beaucoup d'autres avec lui, supposent que chaque vaisseau, faisant partie d'un front de bataille, la proue tournée vers l'ennemi, devait occuper dix mètres de large. Il ajoute : « La principale mynœuvre des Grecs consistait, comme on l'a déjà vu pour Arlémision, à se jeter sur la ligne ennemie pour la briser, et pour broyer les rames des vaisseaux en passnnt rapidement entre eux. « Et il conclut : « Il est certain d'après cela que l'usage était de rapprocher le plus possible les vaisseaux et la distance que nous supposons (9-10 mètres), pour chaque trière ne nous paraît pas trop petite ».

Mais même si l'on admet qu'usage d'une pareille manœuvre a été fait à Arlémision, on ne voit pas l'avantage de serrer une palamanle contre l'autre et, pour parer l'attaque des rames par l'ennemi, de créer une catastrophe par l'enchevêtrement de trières. Mais Duncker ^, (|ui, lui, admet la flotte grecque adossée sur la cote salaminienne, de Kynosoura à l'extrémité nord-est de l'île, calcule pour chaque trière un espace de cinquante mètres, ce qui exige pour 380 vaisseaux, un espace de près de vingt mille mètres. Seulement, je ne vois pas où

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