Iléroiiotc, VIII, 84 : ... /a: m/.z'/'m-, xi; via
la disposition de la floUo grecque tournée vers le sud, appuyée sur Kéramos et Kynosoura, il faut nécessairement que celte reculade ait eu lieu sur la cote Attique, en bordure du mont Aegaléos. D'abord c'est une reculade de 1.800 mètres, et c'est inadmissible; ensuite, la côte est occupée parles Perses. Peuton penser un seul moment que des trières grecques allaient s'offrir ainsi aux Perses? et peut-on s'imaginer de pareilles dispositions qui auraient dû placer la ligne grecque entre les positions perses de la côte et de la Hotte ennemie?
11 y a un point encore à élucider. La trière de Ténos qui a déserté les Perses pour porter aux Grecs la nouvelle de leur investissement parla Hotte ennemie; la trière éginète portant les Eacides, sont-elles ou ne sont-elles pas entrées dans le détroit? Si oui, toutes ces formations qui représentent les issues fermées par plusieurs lignes de vaisseaux perses sont inadmissibles, et la triple ligne d'Eschyle n'est ici encore qu'une expression poétique ', Au moment môme où la Hotte perse serrait ses rangs pour attaquer ou recevoir l'attaque, comment la trière éginète aurait-elle pu pénétrer dans le détroit à travers les trois lignes ennemies? A la vérité, il faut s'efforcer de discerner entre les récits de nos historiens et prendre celui qui est le plus conforme à la vérité et à la logique des faits. Goodvvin remarque très judicieusement que ev -rp-.o-l o--vyot.ç ne peut pas être l'ordre dans lequel les Perses engagèrent la bataille, pour la simple raison que la passe de Psyttalie n'ayant que 4.000 pieds de large, il serait tout à fait absurde de supposer qu'une flotte d'environ mille navires fut formée entre ces côtes rocheuses, sur trois lignes. C'est au moins sur huit lignes de profondeur qu'il admet la formation, chaque trière occupant de front, d'après lui, quarante pieds dans la ligne. Il ajoute que la très caractéristique expression d'Eschyle « le courant » démontre que l'on est entré formé plutôt en une seule colonne. L'amiral
l. Lorsque Eschyle dit : -eoïiôoî y)>(.Jîrf,; po6o; 6-T,vx{aî;ev, il use encore d'une licence poétique. Combien de Perses, à la vérité, se trouvaient à bord des navires portant des milliers d'hommes déquipage, phéniciens, grecs, égyptiens, etc. ?
Jiiricn de la Grovièro voit ' « formée sur quatre rangs, la masse noire de la (loi le perse, se dégager lentement de l'ombre de Psy Italie », et « les quatre escadres rangées Tune derrière l'autre essayer en vain de combinerlours mouvements ». Il n'en est pas moins vrai cependant que nos textes ne parlent pas de pareilles formations des Perses.
Quant aux Grecs, rationnellement ceux-ci n'auraient pas eu à s'étendre d'une côte à l'autre, et à fermer le passage, puisque leur objectif n'était pas la défense du golfe d'Eleusis, mais de l'île de Salamine. Mais même s'ils cherchaient à interdire aux Perses le passage du détroit, ils ne l'auraient pas fermé par une ligne de navires disposée de rivage à rivage en ligne droite ou courbe. C'est en vain qu'on cherchera dans l'histoire des passages de vive force, si longue et si variée, l'exemple d'une disposition fermant brutalement en largeur un détroit, atin d'empêcher Icnnemi d'entrer. Une pareille ligne demhossage serait fatalement exposée à être rompue et détruite. Si ce n'est pas l'embouteillage volontaire comme celui du golfe de Sébastopol en 1854, ou l'obstruction d'un goulet par des navires solidement liés entre eux et formant estacade, comme à la Nouvelle-Orléans en 1864, ce n'est pas le plus intelligent des procédés, que d'aller se balancer au milieu du détroit pour recevoir le coup d'étrave de l'ennemi en plein corps. Dans le détroit de Mobile, les navires confédérés, au lieu d'aller se balancer au milieu du chenal, prolongent la ligne des forts sudistes et les aident de leurs feux. Mais il ne faut pas confondre la balaille de Salamine avec ce qu'on appelle passage de vive force en tactique navale, et dont les exemples les plus célèbres sont l'entrée de l'amiral Roussin dans le Tage en 4831, et les exploits de Farragut à la Nouvelle-Orléans^ Viksburg et Mobile, ainsi que du Brésilien Baroso à Humaïta sur le Paraguay. L'histoire ancienne n'otTre presque pas de faits analogues. L'objectif de ce genre d'opérations dilTère complètement de l'objectif perse à Salamine. Le but de Farragut, de Baroso, de Roussin fut d'ouvrir un passage, une voie