‹ La bataille de SalamineChapitre 273 sur 325 · C. N. Rados, f,a Dataitle de Snlnmine · texte numérisé non relu

C. N. Rados, f,a Dataitle de Snlnmine

à-o6àOpa, par laquelle va monler à hord le lourd hoplite. Les chci's convoquent les épi bâtes sur la plage '. Les cuirasses se bouclent alors sur les lorses vigoureux; lance, casque et bouclier arrachés des mains des serviteurs, on se précipite pour chercher son poste dans les rangs qui se forment déjà autour des généraux, tandis que la divine aurore se répand sur les flancs escarpés d'Aegaléos et souriante descend vers les rives du détroit. Les généraux alors haranguent cette troupe composée de la Heur de la cité, et Thémistocle, plein de i'oi, les surpasse tous en éloquence -. Tous les yeux se tournent vers lui, et toute Tarmée est suspendue à ses lèvres. Le moment est venu où les navires vont sauver la Grèce et venger les dieux dont les autels lurent brisés et les temples incendiés; Athéna veille sur sa ville et déjà a arraché la victoire à Zeus son père. On n'a qu'à se montrer digne de la déesse dans cette Salamine oi^! Toraclc prédit l'avantage par les murailles de bois; du reste on n'a qu'à choisir : mourir libre ou vivre esclave. Après la harangue Thémistocle ordonne de s'embarquer et de prendre le poste de combat; on est l'espoir d'Athènes et de la Grèce; avant la chute du jour, on en sera la gloire et le salut M

Au moment où hoplites et archers gagnent leurs places sur

1. Hérodote VIII, 83 : xal o'. aÛAXoyov twv sTiiGaTswv r,oir,ai\i.vjo'..

2. Ibiil., T.por-'-ooziit eZ è'/ovca tilv va Tiàv-iov 0£[ii7xox)v£r,;, xà Zï 'i-zu r.y Trz'vxa xpÉujw X0Ï71 î'affOfft àvx'.xt6é[j.cva : toutes ses paroles opposaient les choses meilleures (le courage, la vertu, la liberté), aux clioscs inférieures (la lâcheté, la servitude, la lionle). Les traducteurs anglais donnent à peu prés le même sens : « Thémistocle contrasted what was base » (Rawlinsou, IHslory of llerodol, s. d. 4 V.). Ou rend ordinairement le sens du court passage dans lequel Hérodote condensa la harangue du stratège Athénien par ce qui suit : « son discours entier roula sur l'opposition entre le bien et le mal, en exhortant (les épibates) en tout ce qui dépend de la nature et de la condition humaine, à choisir le bien ». En réalité le passage est intraduisible, et démontre que les dilticultés de traduire Hérodote ne sont pas seulement celles que M. Villemain [Éludes de litléralure : Hérodote el de la manière de le traduire, Paris, 1846) entrevoyait.

3. Hérodote VIII, 83 : xal xaxa- AÉ^aî xf|V çyr^aiw, jaêaîvsiv i^é'kztji s<; xà; véxç. Plutarque [Thémist., 13) s'écarte ici d'Hérodote et à la place de cette belle scène militaire, raconte la fort invraisemblable histoire (voy. plus haut p. 22, note) empruntée à Phanias de Lesbos, d'un sacrifice humain, offert au cruel et sanguinaire Bacchus, Atovjjto 'iiaT,TX?,, à l'instigation du devin Eupliranlidés et sous la poupe même de la trière amirale d'Athènes.

les -ap£;£'.o£7ia<., la trière qui fut ;i Kj^ine chercher les Eaiî apparaît, ej,ja présence supposée des héros, redouhle l'enthousiasme^ Le signal de lappareillage, le i)ouclier d'argent ', csl levé sur le vaisseau amiral ; les trompettes éclatent, /os chiourmes d'un élan vigoureux détachent la tlolte du rivage. Une clameur immense retentit de la plage de Salamine ; des milliers de bras sont tendus vers les navires, les femmes, les enfants, Tarmée d'Athènes, accompagnent la Hotte de leurs vœux et de leurs exhortations.

Les kéleustes et les To'.ripajAs'.; marquent la cadence, les rames labourent le dos de la nier frémissante, la proue fend l'onde et fait rejaillir l'écume jusqu'au plat bord. Bienionej)éan s'élève, entonné par des milliers de bouches -, redit jiar l'écho des pochers de l'île : « Allons, enfants des Grecs, délivrons la patrie, slîuvons nos enfants, nos femmes, les temples de nos dieux et les tombeaux des ancêtres ; c'est la lutte suprême I ^ »

Les chefs barbares ne j)euvent en croire leurs yeux; on leur avait annoncé de tous les cotés, que l'ennemi, complètement démoralisé, ne chercherait qu'à s'enfuir, ou se rendre, et ils le voient courir sus à leurs vaisseau^. I[s comprennent qu'il n'y a pas un seul instant à perdre, ils ordonnent cap vers l'ouest ci^enAmeLDiJLe^i^oJLiiiiXattax]^ s'efforçant de serrer

leurs distances^ ijs s'élancent, contre la ligïîè^enneinTe. Alors

aux chants guerriers des Grecs, ripostent les hourrahs formidables des Barbares. Nouj t^on^'HéiMPcjote *, rapportanLiiDe tradition athénienne, qu'à ce moment les chiourmes grecques commencent soudain à scier, en imprimant un mouvement de recul, dont nous avons déjà parlé, aux escadres confédérées. Le

l.Ou un bouclier dort'-. Vuy. Diodore. XX,ol : roz tô j'jyxîÎjjlcvov -p6; [t.iyr,y

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