‹ La bataille de SalamineChapitre 274 sur 325 · Hérodote, VllI · texte numérisé non relu

Hérodote, VllI

fait est certain. Ilauvette ' remarque, très judicieusement, qu'on ne comprendrait pas comment les Atliénicns eux-mêmes eussent parlé d'un mouvement de recul, si ce mouvement n'avait pas elTectivement eu lieu -. Mais pourquoi les Grecs dessinenl-ils un mouvement rétrograde, commencent-ils une reculade? Sonl-ce les rameurs ici qui, pris de panique nagent d'eux-mêmes à culer, ou bien les kéleustes font-ils scier par ordre supérieur? L'amiral Horckenhagen émet l'avis que ce mouvement devait êlre simultané sur toute la ligne, si Ton ne voulait pas que le plus grand désordre se produisît, ce qui aurait complètement annihilé la faculté de gouverner les trières ; si réellement un recul eut lieu, ce mouvement n'aurait pu se produire que par une manoeuvre simultanée sur l'ordre des chefs. Horckenhagen explique ce mouvement par lintention de donner au centre le temps de se déployer. Stenzel aussi est d'avis que les Athéniens s'elTacent pour un moment pour donner le temps aux marines des petits états confédérés de s'avancer. Hien n'est moins certain, et il vaudrait peut-être mieux se ranger à l'avis de l'amiral Jurien de la Gravière que les Grecs préféraient livrer bataille à proximité de leur côte où ils sentaient derrière eux leur infanterie \ On comprend aisément avec Borckenhagen '* qu'on ne pourrait songer à réaliser pareille manœuvre avec des tlottes à voile ou à vapeur.

Dans ces sortes de mouvements de recul, il ne faut pas perdre de vue que ce ne sont pas les chiourmes, hormis le cas d'une panique désastreuse, qui, impressionnées d'une manière ou d'une autre, nagent d'elles-mêmes en avant ou en arrière. Les navires ont un cerveau, une volonté ((ui les met en mouvement, les fait avancer, reculer ou s'arrêter; ce cerveau et cette volonté

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