‹ La bataille de SalamineChapitre 275 sur 325 · HauveUe, Hérodote historien des guerres médiques, p · texte numérisé non relu

HauveUe, Hérodote historien des guerres médiques, p

2. Avec Eschyle, 386 ù 420, on est en face d"iine attaque à fond menée sans hésitation par les Grecs, et les Perses sont réduits à un rôle défensif. Le pEÛjAa dont il parle perd toute signification d'otîensive à la s\iitc du mot àvxeîxov, ce qui veut dire : résistaient. Ainsi ce courant n'avait rien d'impétueux et Eschyle na en vue ici que le grand nombre des trières barbares.

3. Cf. Thucydide. VII, 69 : },yz tov Tre;ôv -r.po; -r'r.v OiXassav y.al zapiTx;:-/...

4. Adm. liorckonhagen, op. cil., p. 4S-4'J. Cf. Stenzel, op. cit., p. 138.

impérieuse et toute puissante, c'est le capitaine, le triérarquc, dont l'action est fort différente de celle du capitaine d'une compagnie de fantassins ou d'un escadron de cavaliers. L'spsT-.xôv dans les trières, môme aphractes, ne voit pas l'ennemi, il est en bas, le dos tourné à la pi'oiie; il reçoit les ordres par le kéleuste. 11 n'est pas possil)le qu'à Salamine la chiourme se soit mise à scier de son propre mouvement. Les rameurs ont exécuté un ordre reçu ; or, ce sont les triérarques et les pilotes qui firent reculer les trières; mais eux aussi, il n'est pas admissible qu'épouvantés, ils se soient laissé aller à un tel mouvement, sans un ordre supérieur. Donc ce recul ne fut pas le résultat de la première surprise des rameurs, ni des triérarques; ce fut plutôt une mano'uvre, et l'opinion de l'amiral français qui voit dans ce mouvement entre autres, un procédé pour détacher de la côte la Hotte barbare, n'est pas à dédaigner '. Comme le mouvement de recul de la flotte grecque était un peu trop prononcé, la légende veut qu'une apparition de femme, — Atbéna — lui ait crié - : « Jusqu'à quand allez-vous encore scier », « jusqu'où ferez-vous reculer vos poupes ». Ce que la déesse trouvait blâmable, c'est que les Grecs exagéraient, qu'ils sciaient plus qu'il ne fallait. Elle ne blâme pas la manœuvre elle-même, puisque la manœuvre n'avait rien d'insolite ou d'humiliant. C'était un procédé pour prendre sa distance, afin de donner ensuite avec tout l'élan désirable un vigoureux coup d'éperon, mais il no fallait pas se laisser acculer à la côte. Fincati ^ cite, d'après Appien, l'exemple probant, d'après lequel Caïus Caluisius Sabinus, attaqué par Ménécrate fut acculé à la côte, sur laquelle les poupes furent solidement arquées. Goodwin suppose, mais à tort, qu'à Salamine il s'agit d'une panique '*. Quoi qu'il en soit les trières grecques reculent et talonnent déjà sur un rivage ami. Une supposition contraire les aurait adossées à la côte attique. Prises entre les Perses de

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