Vitnive, X, 15, 6. Athénée, Médian, G
2. Voy. Polybe, I, 38 : t-)^v ffuvtsXe'.av £v tp'.ijLT.vto ÀaêovTwv. Deux cent vingt coques construites en trois mois!
3. Eschyle, Perses. 418, il9 : C-tioÔTo 5à 5/.âif, vs(Lv, GiXasia 5' ojxî'ti r,v îSsrv, va^ayioiv -/.ï,8o'j7a...
SOUS le poids des objets d'art encombrants (ju'elle transportait, n'a pas laissé d'autres traces qne sa cargaison, et quelques débris, une véritable poussière, de ses bordages, où Ton peut heureusement distinguer encore son très original et curieux clouage. A Mahdia aussi, les restes du navire furent insignifiants, tandis qu'on retrouvait toute la cargaison en marbre ou métal '. Les bois retirés du fond bourbeux de Mahdia tombent en poussière au moindre contact; ils proviennent de larbre résineux épicéa. Il est vrai qu'à Gokstad, en Norvège, on a retrouvé, à côté d'un liord, dans un mausolée, dans un tumulus colossal d'un roi de mer -, un navire des vikings, datant du x' siècle de notre ère; dans une plaine irlandaise, une barque enfouie dans les terres depuis des siècles; enlin à Glastonbury, une coque préhistorique, quasi pétrifiée. Tous ces objets ont conservé leur forme à peu près intacte, grâce à la terre glaise qui les a protégés. Ce n'est pas sur le fond d'une mer qu'ils gisaient, exposés à l'action de l'eau, des courants, du taret, de plusieurs autres intluences destructives. Il est vrai également qu'on a retrouvé des traces des habitations lacustres et préhistoriques, mais c'étaient des restes de pilotis bien enfouis dans la vase, et à Venise les pilotis se trouvent mipartie dans la vase, mi-partie dans le mortier.
Il est incontestable que les milliers de torrents qui se forment à chaque pluie pour précipiter vers le fond du détroit les fines couches de terre qui couvrent les hauteurs environnantes, élèvent le fond par un lent travail poursuivi à travers les siècles. Si donc ces sortes d'alluvions ont eu le temps de couvrir certaines des épaves dues à cette bataille, avant leur dispersion ou leur destruction, alors on aurait chance de se trouver devant une quille ou une étravc qui seraient de précieuses acquisitions, giàce à la vertu que possède la vase de bien conserver les objets en bois (jui lui sont confiés. En dehors de ces grandes couches de sable accumulées lentement et qui donnent
1. Académie des Inscriptions et Helles-Lettres, Comptes rendus, l'JOil, p. 650. (Fouilles sous-nun-inos de M.ilidia. Exposé du directeur des luniiies M. A. Merlin).
2. Les vikinr/s inhumaient leurs chefs avec leurs navires et leurs chevaux.
394 LES FOUILLES SOI S-iMAfiL\ES
au fond du délroil hi rornic dune goultière, loulcs socles d'ohslacles, pierres ou récifs, ont permis au sahie de former des collines, espèces de hiniuli (|ui oui di'jà, |»ai'nii les j)êcheiii's et les plongeurs, leur légende, la légende des vaisseaux de Xerxès.
Voici maintenant à peu près, l'action de la mer sur les matériaux de construction navale '. Les bois entièrement enfouis dans le sable ou la vase se conservent bien. Sous ce rapport la nature du fond du détroit de Salamine n'est point mauvaise, le rocher se rencontrant exclusivement dans la région des basfonds, c'est-à-dire près des côtes. Constamment immergés dans la mer, les bois sont atlaciués par les vers marins. La pelouze, limnoria terebrans, et le tarel leredo navalis, sont les xylopliages habituels de nos mers. L'activité du taret est d'autant plus grande que le climat est plus chaud. Ses progrès sont parfois très rapides. Les bois des régions tempérées sont tous attaqués parle taret et la pelouze, mais le chêne l'est moins que le sapin. Entièrement sous l'eau, mais l'eau douce, les bois se conservent bien. En 1858, sont retrouvés dans le Danube près des Portes de Eer, les supports du pont de Trajan, construit il y a 1,800 ans. Dans la Méditerranée, les seuls animaux xylophages sont le taret et le petit ver. La destruction par le tarel est très prompte. En une seule année, sont détruits des débarcadères entiers de bois. Cependant le taret ne vil pas dans la vase et n'attaque pas les bois couverts de boue. 11 ne vil pas également dans l'eau douce.
La coque était généralement bâtit; de sapin pour les vaisseaux de guerre, ([uelqnefois aussi de pin, de cyprès ou de cèdre ■. La quille, épine dorsale du bâtiment, était faite de chêne, puisqu'on avait coutume de le hàler souvent à tcric ''. Le hêtre était souvent employé pour les fausses quilles ''. Les mâts, rames et vergues, de sapin et de pin •'. Il est bien impro-
1. Quinctte de Rochemont, Travaur inaritimes, Paris, 1901I. ïouie h^ p. 118.