Hérodote, VU
anlique, ne pouvaient manquer d'avoir le plomb et le touret de sonde, un loch analogue à ce loch mécanique d'Héron d'Alexandrie ' et qui servait à mesurer leurs pas vers Thoulé ou les poys de l'étain, ou des lames de cuivre portant gravée la rose des vents, le rôle de combat ou le cahier de signaux, une carte encore, pareille à cette table d'airain que vingt ans avant la batnille de Salamine le tyran de Milet ■ apporta à Sparte, et que les Grecs d'Ionie devaient très probablement aux élèves de Marin de Tyr.
De métal également était construit le «dauphin », mais nul indice qu'il existtàt sur les trières de Salamine. Cependant, la plus importante, la plus précieuse des découvertes serait celle de l'éperon. Jusqu'à présent nous ne connaissons l'éperon que par des monuments figurés, des monnaies, des vases, des basreliefs, et le piédestal de la Victoire de Samothrace, représentant une proue, cruellement mutilé. Une seule proue d'airain retrouvée serait, en od'et, une large compensation aux sacrifices qu aurait imposés l'exploration difficile que nous proposons.
En somme, on le voit, le délicat et très artistique matériel des Hottes antiques, ne présentait pas la solidité, les qualités de résistance des monuments élevés sur la terre ferme. 11 est bon d'ajouter iiuiinlenant rinlluence de l'élément liquide sur ces débris, moins desti'uctive que la barbarie humaine, mais à la longue, aussi funeste, pour ne pas se laisser aller à des illusions exagérées et se préparer des déceptions. Le mouvement des eaux, la rouille, l'action de la faune sous-marine ont eu tout le temps qu'il leur fallait, pour exercer leurs ravages sur le piètre matériel que la mer engloutit il y a vingt-quatre siècles. Sur plusieurs points cependant, si nous en jugeons par ce que nous savons en pareille matière, une couche protectrice de gravier et de glaise n'aura pas manqué de couvrir et conserver jalousement des débris qui sont de véritables trésors.
Minoa n'est pas loin pour faire comprendre l'immense tra-
2. A. J. H. Vincent, E.rtraits des »ianuscrils relatifs à la géomélrie pratique des Grecs, Paris, 1844. Voir la rcatitulion de ce dromomélre ilans nos Pages d'nrc/iéolof/ie navale, \i. '.i'.i.