OBJET DE CE THAVAIL
après la victoire (rAugustc, de longues années de paix se succédant, les superbes stations navales de Misène et de Ravennc arrivent peu à peu à n'abritei' que de misérables escadrilles de police '. Plutarque et Diodore n'ont jamais vu une escadre de trières. Les lexicographes, auxquels nous sommes obligés de recourir à chaque pas, sont dans le même cas, et puisent bien souvent leurs connaissances dans la marine de leur époque. Or, celle-ci diffère essentiellement de la marine dont les exploits nous sont racontés par Hérodote ou célébrés par Eschyle, ou encore de celle dont les faits sont, avec tant d'art, relatés par Thucydide et ^Xénophon, et à laquelle les allusions sont si fréquentes chez les orateurs ou les tragiques, mais surtout chez' Aristophane. Le grand comique aime à amuser ou châtier ses concitoyens dans le langage imagé de la tourbe maritime, qui lui rappelle pourtant les plus grands jours de gloire d\\thènes. Les scolies et les gloses des plus illustres des commentateurs d'Alexandrie, de même que les travaux inappréciables des philologues modernes, ne sauraient combler sulOsamment cette lacune. iMalgré l'immense labeur de création de l'appareil critique, de collation et de recension des textes, qui les a mis à la portée de tout le monde, on se sent encore plus d'une fois déconcerté devant des passages d'auteurs anciens exposant les hauts faits de la marine des trières. Quant au sujet qui va nous occuper particulièrement, il est nécessaire de déterminer, avant toute autre besogne, la physionomie du navire de combat à bord duquel se sont mesurés à Salamine Grecs et Barbares. Il faut tâcher de voir de près la forme de ce navire, préciser les chiffres de son déplacement, son tirant d'eau, sa force offensive et défensive, ses facultés nautiques, sa manière d'évoluer et de combattre, ses habi-