LES DEUX ÉCOLES
seulement admet le nouveau dogme, mais pense aussi que Ton peut tout aisément réconcilier Ilérodole avec Eschyle. Evelyn Abbott ' place l'aile droite des barbai-es, c'est-à-dire les Phéniciens, seulement au début de la bataille, en dehors des passages, entre Salamine ot l'Attique. Thirhvall -, n'admet même pas une bataille dans le détroit, et il pense que les Perses n'y sont jamais entrés. « Une ligne, dit-il, s'étendait de Kynosoura au port atlique de Munychie ». Ilolm ne paraît pas éloigné non plus de cette acception, quoiqu'il maintienne encore dans son texte l'opinion courante \ Dans des dissertations sur la même bataille parues, il y a une dizaine d'années, dans une revue littéraire d'Athènes '', la manière de voir de M. Goodwin est chaleureusement appuyée, un peu modifiée toutefois en ce qui conceine le lieu de la bataille. En effet, ces dissertations transportent la ligne perse de l'endroit oi!i la plaçait M. Goodwin entre Kynosoura et Perama, à un autre point, c'est-à-dire sur l'issue même du détroit entre Keramos et Kynosoura devant Psyttalie, opinion vers laquelle M. Goodwin, lui-même, semble avoir glissé dans sa dernière publication '.Il y a là de quoi ruiner entièrement sa théorie, comme nous le verrons dans la suite.
M. Benjamin Idc Wheeler, « président » de l'Université de Californie, a fait une véhémente sortie contre le nouveau dogme \ dans son article sur le récit de la bataille de Salamine par Hérodote, mais avec peu de succès dans son argumentation. M. Goodwin le malmena sans pitié et le renvoya à ses écoliers pour (ju'on lui apprît son Eschyle. Mais il me paraît se laisser ' entraîner très loin, quand il dit qu'il n'a
1. Evelyn Abbott, Hisiory of Greece, London, 1892, Part. Il, p. J84.