llévodole, VII
48 LA SECONDE (.LERliK MEDIOUE
(Je préparor des chefs et des défenseurs à la ville. Le triérarqiie qui les guidait était un citoyen connu; il portait un nom, il s'appelait Glinias, fils d'Alcibiade, Phaylos de Crotone ou Polykritos, fils de Crios. Le niveau moral élait à coup sûr fort élevé; tout le prouve. Si donc il est vrai que ce soient les âmes bien plus que les armes qui gagnent les balailles, la véritable force de la marine grecque était dans son personnel tout d'élite, et dans ce cas le nombre n'était plus lo seul facteur de la victoire. Sur mer plus encore que sur terre, tant vaut le personnel, tant vaut le matériel; maintes batailles ont prouvé que les bons marins valent mieux que les bons navires, et les meilleurs équipages l'ont presque toujours emporté sur les meilleures coques.
Après avoir occupé l'ennemi quelques jours par une avantgarde de l'armée et par la Hotte, devant Artémision et le défilé des Thermopyles, les confédérés se flattaient de parvenir à lui résister plus sérieusement dans leurs retranchements de risthme et môme de le défaire. La flotte, entre temps, aurait accepté la bataille à Kenchrées, près de l'Isthme, appuyée sur l'armée, vers laquelle elle se sauverait en cas de défaite, après avoir retiré sur la grève ses vaisseaux ou les avoir brûlés, grossissant de la sorte le nombre des défenseurs des retranchements. C'était le plan des Péloponésiens ; on abandonnait Mégare, Egine, Athènes. Déjouant ce plan, les Athéniens obligèrent leurs alliés à se battre dans les eaux athéniennes, à Salamine. Cette bataille décida du sort de la guerre. Toute la gloire fut pour la marine. La grande année de llsthme resta inactive, et le roi Cléombrote rentra à Sparte un peu déconcerté.
Lorsque les armées perses, ayant débouché en Béolie, marchaient sur Athènes, et que le roi Cléombrote, généralissime de la coalition, se retranchait fiévreusement dans l'Isthme, se gardant prudemment de prendre l'offensive, Athènes presque entière, troupe et population, s'évacuait sur Salamine, désormais seul réduit maritime de la ville, où toute la flotte grecque est venue s'amarrer jusqu'à nouvel ordre.
Arrivé sur le bord du détroit qui sépare cette île de l'Atlique,