LA LUTTE SLU MEH
le grand roi ne paraît pas se trouver devant un problème trop ditïérent de celui qui se présenta à Alexandre, un siècle et demi plus lard, lorsqu'il découvrait, du rivage de Phénicie, Tyr surgissant du milieu des flots, à Denys l'Ancien arrivant en face de Motyé, sur la côte occidentale de Sicile, ou au grand cardinal lorsqu'il vint, un Quintc-Gurce à la main, au bord de l'Océan méditer la prise de la Rochelle. Prendre Salamine était pour Xerxès une inéluctable nécessité ; sans cela il n'aurait pas eu ses coudées franches pour attaquer les lignes de risthme et s'enfoncer dans le Péloponèse. Le camp naval de Salamine, avec quatre-vingt mille matelots, vingt mille fantassins, quatre cents trières, eût été une épine au liane de son armée marchant vers le sud. On ne sait si l'on doit croire à la vérité de ce que Ctésias avance, à savoir que le grand roi, dès qu'il fut venu aux bords de l'Attique, voulut combler le détroit, au nord de la ville de Salamine, pour y faire passer son armée et prendre l'île, mais le combat naval survenu déjoua ses plans ; ce qui est certain, c'est qu'il fit semblant de le tenter après la bataille, et que cette idée hantait son esprit pendant tout le temps de son séjour en x\ttique. Ceci était très naturel ; c'est Salamine qu'il voulait cerner et prendre avec ses vaisseaux et ses hoplites, avant de s'engager à fond avec l'armée de Gléombrote. C'est également devant le rivage oriental de l'île que les Grecs, de leur côté, se déployèrent, tandis que sur la plage se rangeait en bataille l'infanterie athénienne \ Ils ne se concentrèrent pas devant l'issue méridionale du détroit, comme pour s'opposer à un passage de vive force, manœuvre susceptible de les exposer en même temps à être pris à revers par l'ennemi qui pourrait pénétrer par la passe de Mégare ; ils ne se divisèrent pas davantage en deux fronts pour fermer simultanément les deux issues du golfe d'Eleusis. On verra dans la suite de cet ouvrage que c'est à ce point de vue qu'il faut se placer pour se rendre compte de la manière dont se sont passés les événements militaires sur la côte orien-