LA LLTTE ?UR MER
navale du haut d'un monticule battu par les flots. De ce tertre peu élevé sur la pointe cxtrôme S.-O. du mont Aegaléos, il apercevait à gauche et hors de l'ontrée méridionale du détroit l'aride Psyltalie, coupant en deux le goulet qui mène à la passe célèbre; à droile et vers le nord-ouest, au fond du golfe d'Eleusis, le détroit de Mégare, perdu dans le lointain et comme hors de cause. C'est de là que l'infortuné monarque suivit plein de préoccupation d'abord, dans les afl'res de l'angoisse ensuite, les péripéties de la journée terrible qui s'acheva par la défaite de sa flotte, et décida du sort de son armée elle-même. Il se vit alors obligé de lâcher prise, et plein de noirs pressentiments reprit le chemin de l'Asie.
On verra, plus d'une fois, au cours des siècles, le vautour de la conquête planer sur la Grèce, et la tenir môme sous sa serre; mais plus d'une fois aussi on verra la gracieuse et puissante Amphitrite surgir des ondes, et écarter à coups de trident le sinistre oiseau de proie. L'un après l'autre, les conquérants de la Grèce partiront, et tout, jusqu'à leur ombre, s'évanouira dans les gazes transparentes dont se couvrent au lever du soleil les hauts plateaux dOrient. Jamais cependant le dicton : « Qui commande sur mer, commande sur terre », ne reçut plus éclatante confirmation que dans cet effondrement de la puissance maritime du grand roi. « L'armée navale détruite, a perdu l'armée de terre » ', dit Eschyle, et dans des vers admirables il fait glorifier, par la bouche même d'un Perse, le salut et la victoire de rîlellénie : « Fantassins et matelots, hélas! de bleus vaisseaux ailés les ont emmenés ! Des vaisseaux les ont perdus. Des vaisseaux les ont trahis à l'abordage! ^ ». Ces
1. Eschyle, Perses, '28 :vajt'.xci; j-rpaxo; xaxuôt'.; t.î^ow wXîîî j-coaxùv,